XVIIIeme journée du livre politique
Lors du samedi 4 avril 2009 à l’Assemblée nationale, avait lieu la 18eme journée du livre politique. A cette occasion, 4 débats étaient proposés dont l’un particulièrement intéressant s’intitulant : « Quelle réforme pour l’Etat ? «

Parmi les participants, on comptait les anciens ministres : Charles Pasqua et Pierre Joxe, l’historien Jacques Julliard, la députée de lorraine Aurélie Filippetti, le rédacteur en chef du Nouvel Obs François Bazin et enfin Dominique Reynié, professeur à Sciences-Po pour arbitrer les débats.
Plusieurs problématiques intéressantes introduisaient le sujet. Que souhaitent les citoyens pour leurs territoires ? Comment le conçoivent t-ils ? Comme le vivent-ils ? Quelles sont les institutions les plus adéquates au système français ? Comment définir l’Etat français aujourd’hui et comment envisager ses évolutions ?
Jacques Julliard a brillamment lancé le débat en défendant la réforme des collectivités locales voulue par Edouard Balladur et dont il est l’un des membres de la commission. Charles Pasqua lui a rétorqué qu’il ne faut pas confondre centre économique et centre administratif, il y a deux niveaux et donc deux questions à se poser.
François Bazin a mis l’accent sur l’obsession du risque en France qui nuit à nos capacités de réformes. Selon lui, on a encore trop de mal en France, à « définir les différents niveaux de compétences des régions », « la mondialisation a accru cette confusion entre les différents niveaux cultures, économiques et étatiques ». Selon le rédacteur en chef du Nouvel Obs, il faut « responsabiliser sans nuire à la solidarité nationale », plus facile à dire qu’à mettre en œuvre…
Pasqua reprend la parole et comme il l’a souvent fait par le passé, rappelle son statut de résistant au moment de parler de Gaston Deferre. Selon Pasqua, la décentralisation qu’il a menée fût une « erreur énorme », « il ne fallait pas transférer le pouvoir des préfets aux présidents des conseils généraux ». Même s’il a perdu de sa verve et a souvent tendance au cours du débat à noyer le poisson, Pasqua met en lumière une hypothèse intéressante. Selon lui, « nous sommes toujours prisonniers de notre Histoire et la volonté de Deferre de casser le pouvoir central » serait née des séquelles de la seconde guerre mondiale.
Aurélie Filippetti, député PS en Lorraine a eu une analyse plus globale mais très pertinente. Selon elle, la difficulté vient du fait « que les politiques raisonnent localement. Il faut donc avant tout s’interroger sur le cumul des mandats ». Elle prône une évaluation plus grande de l’action étatique et souhaite que « l’Assemblée nationale se dote de moyens. L’évaluation est la clé du renouveau de l’efficacité publique ».
L’historien Jacques Julliard repris la parole pour dire qu’en France a eu lieu, « une révolution tacite pour décentraliser la France à laquelle ont participé, les partis de Droite et de Gauche. La France a toujours été gouverné comme un pays conquis ». Il répondit aux propos de Charles Pasqua, en affirmant qu’il faut chercher à « concilier les échelons administratifs et économiques » mais qu’il ne faut pas freiner « les nouveautés ». Il termine enfin en disant que la commission des collectivités locales n’a jamais eu l’intention de supprimer les départements. Selon Jacques Julliard, il n’y a pas « trop d’échelons en France, le problème c’est qu’ils sont tous indépendants ».
Pasqua clôtura les débats avec son accent légendaire en affirmant qu’une « ère de développement économique n’a pas forcément comme corolaire une circonscription administrative. On ne peut pas vouloir rapprocher les gens des centres de décision et faire l’inverse ». Ses remarques ne furent pas toujours judicieuses et c’est plus son anti-balladurisme ancestral qui prima dans ses prises de parole.
Charles Pasqua finit malgré tout par obtenir à deux reprises, une salve d’applaudissement lorsqu’il compara les Hauts de Seine et la Seine Saint Denis. Selon lui, « les deux départements avaient au départ les même potentiels et 30 ans après, on voit le résultat socialo-communiste ». La question est difficile à traiter en quelques lignes, il y a sans aucun doute des mairies communistes qui ont été mal géré. Cependant, il ne faudrait pas passer sous silence la ségrégation sociale, voir « la purification ethnique » pour reprendre les propos de Devedjian qui ont eu lieu dans le 9-2 par Balkany et consort…

04 avr 2009 






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