Herold Tribune

A l’initiative de Vogelsong, une petite escouade de bloggeurs étaient invités au sein de Vendredi Hebdo pour interviewer Sabine Hérold, présidente d’Alternative Libérale.  Plus libéral que Madelin, ça existe. La disciple d’Hayek nous présente son parti, ses idées et même son dernier bouquin. Retour sur un phénomène…

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Sabine Hérold a 27 ans. Dans le civil, elle assiste des start-up dans leurs levées de fonds. Les soirs et week-ends, elle se « transforme» en grand chantre du libéralisme. Après avoir durant sa jeunesse cofondée l’association étudiante « Liberté Chérie », elle crée le 1er mars 2006, Alternative Libérale. Le 5 mars 2008, elle succède à Edouard Fillias (devenu son mari), à la tête du Parti.

Alternative Libérale, Parti ou laboratoire d’idées ?

Aujourd’hui Alternative Libérale possède 1500 adhérents. Il y a un bureau exécutif constitué de 8 membres, lui-même soutenu par un comité d’orientation de 35 personnes. Comme Sabine Hérold le reconnaît elle-même, « ça fait un peu armée mexicaine chez nous mais l’avantage, c’est qu’on devient vite responsable ». Ils ont même ajoute t-elle : « un conseil national, un peu le parlement d’Alternative Libéral, élu par liste de tendance ».

Aux Européennes, Alternative Libérale présentera 5 listes aux Européennes, (pour des « raisons logistiques », AL ne sera pas représenté aux DOM-TOM, au Centre et dans le Nord). L’objectif fixé par Sabine Hérold c’est de dépasser « les 3%, stade de remboursement des frais de campagne ». Selon Sabine Hérold, ce mouvement est né du « constat qu’il n’y avait pas de représentation libérale en France ». Quand on lui demande sa vision du libéralisme, elle rétorque : « être libéral, c’est croire en deux valeurs, la liberté et la responsabilité. L’idée c’est que les décisions sont toujours mieux prises quand elles le sont par 60 millions de citoyens plutôt que par un groupe de personnes qui vont prendre des décisions qui vont forcément être général et qui vont indiquer une voie unique… »

En pratique, ça donnerait un Etat qui soit « moins interventionniste et paternaliste, qui serait moins ce que l’on appelle le Nanny State, c’est à dire un Etat qui va nous expliquer au quotidien ce que l’on va faire pour notre bien ».  Et Sabine Hérold de prendre l’exemple des « dernières pubs qui nous expliquent qu’il faut se laver les mains après avoir éternué ». Elle considère qu’on nous infantilise en agissant de la sorte. Jean Bernard Magescas de répondre que ce geste simple a malgré tout permis de réduire de 50% la mortalité infantile et que cette campagne de sensibilisation n’était pas aussi inutile que cela. Sabine Hérold part du constat que tout le monde peut avoir accès à cette information et qu’il faut donc placer la population face à ses responsabilités. Dis de manière abstraite, on se dit pourquoi pas mais quid des populations moins cultivées ou moins intégrées qui auraient donc plus de difficultés à être sensibilisées à ces pratiques.

Aujourd’hui ce n’est pas faire injure à Sabine Herold de dire qu’Alternative Libérale n’a pas un poids politique considérable. L’idée de ce jeune parti, c’est donc de proposer un maximum d’idées afin de se faire connaître. Beaucoup de ces propositions sont évoquées sur le mode de « l’expérimentation ». « On ne va pas faire une révolution du jour au lendemain, donc proposons de sortir du système avec ceux qui le souhaitent une solution et expérimentons » assène t-elle.

Les propositions d’Alternative Libérale :

« Faire jouer jusqu’au dernier euro le principe de responsabilité »

On a très vite embrayé sur l’économie et je lui ai donc posé cette question : en règle générale, le marché constitue le meilleur mode de régulation entre l’offre et la demande. Cependant celui-ci produit des externalités (coût social du licenciement, pollution…). Ne pensez-vous pas que l’Etat est alors dans son rôle lorsqu’il cherche à faire prendre en compte cette externalité dans le calcul économique des acteurs via une taxe ou des règles ?

Elle a répondu que lorsque l’on est libéral, « on croit à la responsabilité donc ce coût doit être pris en compte. On croit à une responsabilité 360, faire jouer jusqu’au dernier Euro, le principe de responsabilité. Ne laisser rentrer dans nos eaux, que les grandes compagnies internationales bien assurées, par exemple. L’assurance assurerait jusqu’au dernier euro ce principe de responsabilité». L’exemple est finement choisi et pour le coup ça marche assez bien mais si l’on prend un exemple plus large comme les émissions de carbone conséquentes aux activités humaines, qui serait en mesure d’en assumer la responsabilité ? Interrogé par Vogelsong sur les dégâts collatéraux engendrés par une société de production, Sabine Hérold a quelque peu botté en touche…

« Les vouchers »

A la question de l’éducation, Sabine Hérold propose le chèque éducation, les fameux « vouchers ». L’idée n’est pas nouvelle, Jacques Marseille l’avait déjà lancé en France, il y a 6 ans. Elle propose que désormais « l’argent suive l’enfant et non pas l’inverse. Aujourd’hui l’enfant suit l’argent… ». Dans le principe, c’est que chaque élève reçoive un chèque éducation qui irait à l’établissement dans lequel, il serait inscrit.

Sabine Herold va même plus loin et propose de transformer les chefs d’établissement en véritable « patrons de PME », en leur laissant notamment la possibilité de « devenir des chefs d’équipe, de recruter les équipes d’enseignement qu’il souhaite et d’accueillir des enfants afin de s’organiser un peu comme ils le veulent. » Le chef d’établissement devrait également gérer le loyer de son école. Vogelsong de répondre à raison qu’un « système qui fonctionne à 80% c’est déjà pas mal. Je cherche un système qui puisse fonctionner à 100%, pour l’instant j’en vois pas…»

Je reste moi aussi très dubitatif sur ce système qui repose beaucoup sur les loyers à payer pour chaque établissement. Pour reprendre le cas concret énoncé par Sabine Hérold, le chef d’établissement d’Henri IV aurait à payer beaucoup plus cher que le chef d’établissement du lycée Jean Moulin à Blanc-Mesnil. Partant de ce constat, il serait obligé d’accueillir beaucoup plus de monde. Que Sabine Hérold, pur produit estampillé HEC et Sciences-Po propose de réduire à néant les filières d’élite en France, ça semble quelque peu paradoxal…

De plus l’Histoire a prouvé que ce système composé d’une variété de cours et de programmes selon les écoles était voué à l’échec. Il n’y a qu’à prendre le cas de Sol Stern pourtant grand partisan des « vouchers » et qui a retourné sa veste il y a peu dans le New York Times.

« L’Etat doit se concentrer sur l’essentiel »

Pour Sabine Hérold, l’Etat doit « se concentrer sur l’essentiel », notamment « la police et la justice ». Elle finira même par rassurer, un brin amusé par nos inquiétudes : « Rassurez-vous ne je suis pas anarchiste ». Pour elle, « l’Etat peut financer des choses mais n’est pas obligé de tout faire lui-même. »

Elle propose notamment de « casser le monopole de la sécu » et qu’en ce qui concerne les franges de population les plus fragiles, bénéficiaires de la CMU,  l’Etat donne de l’argent pour qu’il puisse s’assurer eux-mêmes afin d’avoir accès « à un panier de soin minimal ». A eux ensuite de s’autogérer.

Sauf que les gens les moins aisés, sont les plus exposés aux risques. Dès lors, les assurances privées vont soit les faire payer trop cher, soit leur offrir des services comprenant un bon nombre de clauses. Sabine Hérold oublie de dire que le marché n’a aucune moralité, il alloue efficacement les ressources. Alors que nous sommes dans un un pays où le fossé entre les inégalités n’est pas aussi large qu’on le pense, ces solutions ne feraient que les accentuer pour tendre vers un modèle américain, actuellement à l’agonie.

Hypos finira par lui dire que « pour résoudre un problème de gestion et d’organisation d’une structure, vous proposez de l’éclater avec de nouvelles formes de financement. Mais le problème ce n’est pas d’éclater cette structure, il faut l’observer et la réorganiser ». Et Sabine Hérold de répliquer qu’en Allemagne, en éclatant les caisses de sécurité social par Land, ils ont réussi à faire pression sur l’Hôpital.

Elle ira même plus loin en proposant l’idée du « salaire complet ». Votre employeur vous donne l’intégralité de ce qu’il verse à l’Etat habituellement. Ensuite, à vous de gérer cet argent pour pourvoir à votre dépenses de santé. En gros, elle propose de rompre avec le principe de redistribution française. Quid de la solidarité sociale, vous vous demandez ? (Dagrouik est abondamment revenu dessus dans ce très bon article).

C’est la question que je lui ai posé, en lui disant que depuis des années, les libéraux français ne cessaient de critiquer l’archaïsme de notre modèle social alors que l’on voit aujourd’hui qu’il sert d’amortisseur à la crise. Pour elle, ce modèle « est plus un anesthésiant qu’un amortisseur et elle considère qu’à cause de cela, on sera un des derniers pays à sortir de la crise ». On ne peut pas lui donner tort là dessus mais la question c’est de savoir quel pays va détruire le moins d’emplois ? Qui va limiter le plus ce que l’on appelle communément le coût social ? Je pense que la France n’aura pas à rougir de son bilan.

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Son livre, « Le bouffon du Roi »

Sabine Hérold a écrit un livre intitulé “Le bouffon du Roi” revenant sur les intérêts convergents entre Besancenot et Nicolas Sarkozy. Le livre est sorti le 15 mai aux Editions Michalon.

« Chaque fois que Sarkozy ouvre la bouche, il en sort un milliard… »

Sabine Hérold en veut beaucoup à Sarkozy qui s’est emparé de la doctrine libérale durant la campagne présidentielle pour au final, la rejeter, une fois la crise venue. Pour elle, Sarkozy n’est en aucun cas libéral, « l’Histoire nous a donné raison, il est bonapartiste, interventionniste…C’est vrai qu’à chaque fois que Sarkozy ouvre la bouche, il en sort un milliard donc ce n’est pas très libéral ».

Elle rajoute : « Sarkozy c’est quelqu’un qui est profondément convaincu qu’il doit concentrer tous les pouvoirs pour être plus efficace. Grâce à la crise, il a pu en glaner davantage ».

« Besancenot est un excellent marketeur de la révolution »

J’ai beaucoup apprécié son interprétation des rapports entre Sarkozy et Besancenot. Pour elle, Besancenot et c’est la thèse de son livre, est le « double grotesque du Roi, qui en outrant à l’extrême ses idées, les rend acceptable ». Le leader du NPA « divise la gauche et l’union syndicale (avec son bras armé, en particulier SUD) et rend ainsi service à Sarkozy ». Elle considère que Besancenot, « n’est pas stupide. Mais il n’est plus révolutionnaire, c’est un excellent marketeur de la révolution ».  Pour elle, Besancenot « permet de déplacer le barycentre de la vie politique, vers plus d’Etat. Et Plus l’Etat s’immisce dans l’économie, plus il peut le faire dans nos libertés individuelles. Le danger ce n’est donc pas le bouffon, c’est le roi. »

Pour conclure, je souhaiterais saluer son talent politique. Face à une dizaine de bloggeurs loin d’être des libéraux pur jus (c’est le moins que l’on puisse dire), Sabine Hérold a fait preuve d’un sacré sens de la répartie. On pourra lui reprocher d’avoir proposé des idées teintées d’utopie et pas forcément au point ou bien encore d’avoir traité superficiellement de certains sujets mais l’exercice était ardu et les questions fusaient de part et d’autre. Elle a eu le mérite de proposer des solutions originales même si pour moi, ça aboutirait au renoncement de notre spécificité française.

Sabine Herold ne tient pas assez compte de notre Histoire, du poids de nos traditions. La France n’a pas vocation à tendre vers un modèle anglo-saxon. La vocation de la France c’est de crier sa singularité et de proposer un modèle social différent. Pour moi et même si elle s’en défend, elle représente l’avant-garde libertarienne de l’UMP. Son projet de réforme de l’éducation n’est pas si éloigné que cela, de la réforme de l’Hôpital voulue par Roselyne Bachelot. Un jour, elle franchira sans doute le Rubicon pour rejoindre la Maison bleue…

Lire le programme d’Alternative Libérale

Ecouter l’interview (merci à Dagrouik pour l’enregistrement)

Teaser accompagnant la sortie de son livre :

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26 Commentaires sur “Herold Tribune”

  1. Ah ces libertariens qui, en voulant placer l’individu rationnel et informé au centre de toutes les décisions, négligent totalement les notions de solidarité et de vie en collectivité. Les fondements sont faux dans la mesure où ils refusent de reconnaître la possibilité d’équilibres de marché socialement inacceptables voir même sous-optimaux en cas d’externalités, ou d’informations imparfaites et incomplètes.

    Et oui le marché détermine le prix le plus juste au sens de l’efficacité stricte mais celui-ci ne se préoccupe guère des préférences sociales des populations.

    Bon compte rendu sans complaisance Mancioday!

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  2. Le principe de responsabilité est un très beau concept sur le papier, mais c’est être d’une part très présomptueux de la nature humaine quant à la capacité à faire face à ses dites responsabilités et d’autre part éloigné de la réalité concrète du commun des mortels.

    On le voit bien avec la crise, dans tout les domaines (financier, juridique, politique, …) on cherche à diviser les risques et les responsabilités si bien qu’au bout d’un moment on ne sait plus où sont les risques et qui sont les responsables.

    L’idée du salaire complet est une ineptie sans nom : qui est capable de faire tous les choix optimaux tout au long de sa vie ? Il est humain qu’on pense plus à aujourd’hui qu’à demain, aller dire à un jeune qui touche un modeste salaire de commencer à mettre de coté pour sa retraite. Même si le système des retraites a besoin d’être géré plus efficacement, il n’est pas certain qu’un système « tout privé » soit nécessairement plus efficace : primo un fond de pension peu faire faillite, secondo si une génération se retrouve à avoir sous cotisé la laisse-t-on sur le carreau ? La solution me parait plutôt mixte.

    Mais il n’empêche qu’elle a raison sur le manque de visibilité de la pensée libérale en France où il est plutôt bienvenu d’être pour un Etat fort et centralisateur (de gauche ou de droite dans ce pays on est convaincu que le public est plus efficace que le privé) et son analyse de la dérive Sarkoziste n’est probablement pas si loin que ça de la vérité.

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  3. « Alors que nous sommes dans un un pays où le fossé entre les inégalités n’est pas aussi large qu’on le pense, ces solutions ne feraient que les accentuer pour tendre vers un modèle américain, actuellement à l’agonie. »

    C’est vrai que le « modèle » social français, lui, n’est pas du tout à l’agonie… ;) Je remarque chez les chiraco-villepinistes une étrange conception de l’identité nationale française : au premier lieu se trouve son État-Providence. Toute personne qui veut le démanteler est donc frappée d’antipatriotisme. Il est vrai que les libertariens sont très rarement patriotes. Mais il doit pouvoir exister un compromis entre patriotisme et libéralisme. Car il est tout à fait réducteur de résumer la France à son État-providence castrateur, liberticide et infantilisant.

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  4. @Seb
    « ces libertariens qui, en voulant placer l’individu rationnel et informé au centre de toutes les décisions » : oui, il est mieux de ne pas se préoccuper des individus. Question : si ce n’est pas les individus qui décident, qui décident pour eux? D’autres individus avec les mêmes défauts?

    « ils refusent de reconnaître la possibilité d’équilibres de marché socialement inacceptables ». Si ce n’est pas acceptable pour vous rien ne vous empêche de corriger cela sans y être contraint.

    « celui-ci ne se préoccupe guère des préférences sociales des populations ». Qu’est ce que ça veut dire? Les populations n’ont pas de préférences, seuls les individus en ont.

    Vos remarques, Seb et Nico, me rappelle une phrase de Milton Friedman qui disait que la plupart des critiques envers le marché libre viennent du fait que cela donne aux gens ce qu’ils veulent et non pas ce que certains groupes de personnes pensent qu’ils devraient vouloir.

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  5. Il faut quand même se rappeler que les marchés sont rarement spontanément parfaits, le plus souvent ils sont fragmentés ou excluent des individus : l’assurance santé par exemple, il y a toujours un effet de seuil qui fait qu’en dessous d’un certain revenu une partie de la population ne s’assure pas, pourtant une population mal soignée engendre des coûts sociaux via le risque de contagion et la prise en charge tardive et donc plus coûteuse… Je ne dis pas que le système français prévient tout cela mais il n’est forcément sur la plus mauvaise voie.

    Moi ce qui me chagrine le plus, je le répète, c’est son concept du salaire complet qui suppose que les individus doivent à chaque salaire faire des choix de consommation qui vont bien au-delà de son horizon temporel et de sa capacité à anticiper les risques quisqu’il devra tous les mois penser à cotiser pour sa retraite, son assurance santé et chômage, les dépenses d’éducation des ses enfants… Aussi rationnel qu’ils soient tous chacun dans leurs coins, au niveau agrégé c’est un très gros risque (il n’y a peut être pas de préférence sociale stricto sensus mais les préférences agrégées finissent quand même par dégager des tendances).

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  6. @ Criticus
    Je n’ai pas dit qu’elle était « antipatriotique » mais qu’elle ne tenait pas assez compte de la singularité de notre pays. Il faudrait être aveugle pour ne pas reconnaître que les Français entretiennent un rapport assez inédit avec leur Etat.

    Il est certain que l’attelage français moitié libérale-moitié interventionniste ne nous permettra jamais d’avoir à l’instar de certains pays anglo-saxons, une pleine croissance. Néanmoins en période de crise, on en revient à l’article, ce modèle permet de limiter le coût social et les pertes d’emplois. Il est certain que notre Etat Providence est sans doute à affiner, la France vit sans doute au dessus de ses moyens comme le prouve notre déficit public.

    Mais tu ne trouves pas que tu y vas un peu fort lorsque tu traites notre Etat providence, de « castrateur, liberticide et d’infantilisant ». Il faudrait que tu puisses justifier l’emploi de ce genre d’adjectif, à mon sens, tu fais fausse route.

    Je ne sais pas si tu as lu, l’article de The Economist, paru le mois dernier. Ce magazine on ne peut plus libéral qui durant des années a comme toi critiqué notre modèle français, a quelque peu retourné sa veste. Ces journalistes british ont loué notre qualité de vie et ont fini par conclure que ce modèle français était en train de « renaitre » et qu’il n’était peut être pas aussi en retard qu’on aurait pu le penser.

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  7. Pour ceux que ça intéresse, Sabine Herold sera demain de 19h à 21H au « Pré aux clercs » (30 rue Bonaparte, M° St Germain) pour dédicacer son nouveau livre.

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  8. Un État qui prélève plus de la moitié des ressources économiques d’une nation et un quart de ses ressources humaines est par essence liberticide et déresponsabilisant, puisqu’il ne laisse que peu de liberté -et donc aussi de responsabilité- à l’initiative économique individuelle.

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  9. C’est plus souvent le système libéral lui-même (monopole mis sur le capital, rétention des crédits, destruction des tissus économiques locaux, mode de vie consumériste) qui limite l’initiative économique individuelle, mais bon visiblement on en est plus à une contradiction près…

    Comme tu le dis Mancioday, la France a comme colonne vertébrale son Etat, sans lui elle ne peut justifier d’aucun principe, voire d’aucune raison d’être (excepté peut-être des relents de francisme qui rassemblent notre « société » autour des mêmes cendres mortifères). Il est un Léviathan nécessaire (même si M.Criticus a la fâcheuse manie de vouloir « démanteler » la grosse machine), et on ne peut réclamer à l’Etat des milliards virtuels mal dépensés que le libre marché aurait autrement engloutis dans des intérêts qui n’auraient rien eu à voir avec le peuple (non que ce soit le contraire aujourd’hui cela dit).

    Où l’Etat-Providence se fait Etat-Gendarme, c’est le darwinisme social qui répartit les perspectives d’enrichissement. Les pauvres resteront pauvres, les riches resteront riches et la classe moyenne ne saura toujours pas qui elle est, jusqu’à ce qu’elle disparaisse. Côtoyant les trois ensembles, je suis toujours effaré de voir que ce sont souvent les héritiers les plus incompétents et les sous-fifres les plus malveillants qui défendent le tout-libéral. C’est probablement que la sauvagerie imaginaire du marché libre sied à l’homme qui ne souhaite pas s’avouer son pathétique rapport à l’argent. Après tout, si tout est permis, rien n’est condamnable; si la seule iniquité qu’il nous reste est l’argent, l’argent excuse toutes les iniquités; et si l’argent est le fondement de toute chose, toute les couleuvres s’avalent. C’est donc intellectuellement assez pratique et malhonnête, que les petites lâchetés trahissent si aisément les grands principes.

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  10. Il est certain que l’attelage français moitié libérale-moitié interventionniste ne nous permettra jamais d’avoir à l’instar de certains pays anglo-saxons, une pleine croissance. Néanmoins en période de crise, on en revient à l’article, ce modèle permet de limiter le coût social et les pertes d’emplois. Il est certain que notre Etat Providence est sans doute à affiner, la France vit sans doute au dessus de ses moyens comme le prouve notre déficit public.

    Eh oui les français croient dur comme fer qu’en mélangeant 50% de libéralisme avec 50% de communisme on va obtenir un bon résultat. Un peu comme si, constatant que le cyanure est un poison on décidait de le diluer à 50% pour en faire un médicament.

    Nous en sommes à 52% de communisme et l’on voit déjà clairement que la liberté est gravement menacée.

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  11. @Leonidas

    Je précise ma pensée. Je ne dis pas que l’individu doit être totalement de-responsabilisé, j’exprime le fait dans certains cas i.e. lorsque le marché est imparfait, l’individualisation totale du processus de décision peut être néfaste. L’assurance santé est un excellent exemple. Et l’Etat doit intervenir le plus efficacement possible.

    J’évoque aussi le cas de la redistribution (j’inclus dans ce terme tout ce qui à traits à la mutualisation des risques) et par ricochet la question du salaire complet. Par analogie avec l’analyse de Shelling sur la ségrégation urbaine (voir cette lumineuse présentation de Tim Harford), si un individu souhaite qu’il y’ait peu d’inégalité dans la société, celui-ci peut individuellement préférer ne pas le redistribuer pour diverses raisons. On peut aboutir à une société où personne ne redistribue son salaire « complet » bien que tout le monde souhaiterait qu’on aide les plus vulnérables (c’est pour ça que j’ai parlé de préférences d’une population même si le terme n’est pas forcément approprié je le reconnais). Bref, là encore l’État est indispensable.

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  12. @Seb
    « j’exprime le fait dans certains cas i.e. lorsque le marché est imparfait » : imparfait pour qui ? et si c’est imparfait selon vos critères pourquoi ne pas corriger vous même sans y être contraint ?

    « On peut aboutir à une société où personne ne redistribue son salaire “complet” bien que tout le monde souhaiterait qu’on aide les plus vulnérables ». Si tout le monde le souhaite alors pourquoi personne ne le ferait ? Si personne ne le fait c’est que personne ne le souhaite vraiment, il ne s’agit dans ce cas que de belles paroles pour se donner bonne conscience. Pour prendre l’exemple de la ségrégation urbaine, ceux qui souhaitent la mixité sont des bobos qui n’ont jamais eu à connaitre la mixité et qui la souhaitent, mais seulement pour les autres.

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  13. Bonjour,

    Je suis toujours étonné par les méthodes de la gauche réactionnaire. Même quand elle prétend faire preuve « d’ouverture », c’est en fait pour mieux distiller son venin désinformatif.

    La gauche réactionnaire a réussi à rétablir les privilèges. Insidieusement, elle a construit une société ou la rapine, le lobbying, la loi du plus influent ou du plus malin apportent avantages et sécurité tandis que l’initiative, la création et la réussite individuelle doivent être punis par la « justice sociale ».

    Ces nouveaux privilégiés doivent s’inventer des adversaires pour rester au pouvoir et conserver leurs « acquis » (merveilleuse trouvaille du marketing politique que ce terme « d’acquis » pour désigner les privilèges). Alors que l’Etat dépense 54 % du PIB, que la dette atteint 35 000 euros par français (bébés et vieillards compris), que l’Etat contrôle les médias, les banques, les assurances, l’éducation, que les monopoles sont créés et encouragés par la puissance publique, que le salaire des fonctionnaires ponctionne 50% du budget monstrueux de l’Etat, il faut bien s’inventer un adversaire pour expliquer le chômage, la misère, la corruption et le déclin. Dans le pays le plus socialiste et dirigiste d’Europe la gauche réactionnaire réussit donc (il faut saluer son culot) à faire porter le chapeau au « libéralisme ».

    Car cet adversaire inventé, c’est bien le libéralisme. Vous savez, ce truc qui doit toujours être précédé de « ultra » ou « néo ». Dans ce libéralisme inventé, ils fourrent absolument tout : Sarkozy, Chirac, la loi du plus fort, le renard dans le poulailler, la mondialisation, la finance internationale, Bush, Poutine, les patrons du CAC 40, etc. (voir commentaire édifiant de bleub)

    Mais voilà qu’un vrai parti libéral, héritier de la grande tradition libérale française issue des lumières se forme et fait entendre sa voix.
    Zut, pas de bol, le libéralisme revendiqué n’a rien à voir avec l’imagerie bébête construite par les gaullistes mafieux et la gauche réactionnaire :
    Les libéraux sont de fervents défenseurs des Droits de l’Homme (qu’ils ont rédigés en 1789), ils se battent contre les privilèges et contre les monopoles, ils ne veulent pas du capitalisme de connivence, ils sont pour des syndicats forts,.ils sont contre toutes les aides aux entreprises, ils défendent les class actions, ce sont des adversaires acharnés du psychopathe dirigiste actuellement au pouvoir, ils sont pour la légalisation du cannabis (que cette même gauche n’a jamais promulgué en 18 ans de pouvoir), ils sont pour les logiciels libres, ils sont contre les brevets logiciels et pour la réduction de la durée de toutes les propriétés intellectuelles, ils considèrent Hadopi comme un projet clientéliste et une grave atteinte à la liberté, ils sont contre les discriminations du mariage civil, ils sont résolument pour l’économie de marché (ça ce n’est pas une surprise), et contre le socialisme clientéliste et corruptif, (ça, ça fâche),

    Comment faire pour retomber sur ses pieds ? Facile, il suffit de caricaturer la position de ces vrais libéraux, de leur attribuer des positions irréalistes ou totalement inventées, de galvauder le mot « solidarité », de défendre les monopoles et l’Etat-Nation au nom du « social », de ridiculiser les positions les plus progressistes.

    CQFD

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  14. @ Leonidas

    “j’exprime le fait dans certains cas i.e. lorsque le marché est imparfait” : imparfait pour qui ? et si c’est imparfait selon vos critères pourquoi ne pas corriger vous même sans y être contraint ?

    Les marchés ne sont pas forcément parfaits parce que l’information n’est pas parfaite, elle est incomplète, fragmentée et asymétrique. Les individus ne peuvent pas tout savoir, tous les individus ne savent pas les mêmes informations et souvent ils sont confrontés les uns aux autres (en tant qu’acheteur et vendeur) la simple lecture de l’article d’Akerlof « Market for Lemons » de 1970 amène à cette évidence. C’est un état de fait parfois les mécanismes de marchés conduisent à des impasses. Ce qui ne veut pas dire qu’on doit passer par un système où tout est centralisé pour tout.

    « On peut aboutir à une société où personne ne redistribue son salaire “complet” bien que tout le monde souhaiterait qu’on aide les plus vulnérables”. Si tout le monde le souhaite alors pourquoi personne ne le ferait ? Si personne ne le fait c’est que personne ne le souhaite vraiment.

    L’idée d’aider les plus vulnérables c’est pour apaiser les tensions sociales mais aussi pour minimiser certains coûts sociaux. Par exemple une Sécu qui évite que les gens soient malades ça évite un peu les épidémies, ça permet de se soigner pour pouvoir aller travailler… Il faut lire la tragédie des communs pour voir que parfois des comportements maximisateurs isolés n’amène pas à la meilleure des situations.

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  15. @ Alcodu

    « Un peu comme si, constatant que le cyanure est un poison on décidait de le diluer à 50% pour en faire un médicament. »

    Tout les médicament sont pas essence des poisons, sauf qu’on essaye pas de tuer le patient mais la maladie. Il faut donc cibler son action c’est le message que moi j’essaye de porter et qui me fait passer pour un bolchevik en puissance.

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  16. @ Alcodu,

    Tu me fais un faux procès. Si je résume ta pensée, je feins de m’intéresser à Alternative Libérale pour mieux répandre mon « vénin désinformatif » en caricaturant vos propositions.

    Il faut avant tout que tu saches que cet article est un compte rendu d’une interview et non une analyse de votre programme politique. J’ai conscience que les thèmes abordés lors de cet entretien ne reflète pas l’intégralité de vos positions, c’est bien pour ça qu’en fin de billet, j’ai mis un lien pour que les lecteurs puissent également « lire votre programme » et donc avoir une vue d’ensemble. Certaines personnes m’ont même accusé de complaisance dans ma manière de retranscrire cette conversation…

    Il est évident et je le dis également dans l’article que la rencontre a parfois tourné à la « foire d’empoigne » et que beaucoup de sujets n’ont pas pu être traité en profondeur, ça c’est certain. Néanmoins, toutes les propositions indiquées dans cet article, le sont également dans votre programme. Je te laisse donc le soin, de les qualifier « d’irréalistes ».

    Je n’ai fait que réagir aux propositions de Sabine Hérold, il me semble que je n’ai rien tronqué. J’ai d’ailleurs indiqué dans un souci d’équité à la principale intéressée, le lien vers cet article, en lui proposant un droit de réponse, si elle le souhaitait.

    J’ai revu Sabine Herold ce soir et elle n’a pas crié au scandale loin de là lorsqu’on est revenu dessus. J’ai même échangé mon point de vue avec Louis-Marie Bachelot, votre tête de liste pour la région Ouest et ça s’est admirablement bien passé. J’apprécie les débats et les échanges constructifs. C’est pour ça que toi, Léonidas ou Criticus êtes les bienvenus ici. Contrairement à ce que tu peux penser, je suis loin d’être un adepte de la pensée unique.

    Après ça me fait doucement sourire quand tu me traites, de « gaucho réactionnaire ». Si dès que l’on contredit un libéral, on est assimilé à un bolchevik, on ne va pas aller loin. Je croyais que vous détestiez qu’on vous colle l’ « étiquette » de parti de droite, tu agis pourtant de la même manière.

    Non franchement, je suis assez déçu, surtout lorsque tu cèdes à l’insulte, en associant le gaullisme à la corruption.

    Mais enfin, rassures-toi, tu n’as pas fini d’entendre parler de ton parti entre ses murs puisque je compte bientôt rédiger un billet consacré au dernier livre de votre présidente. Comme quoi, tu as raison, il n’y a pas de doutes, je cherche vraiment à vous nuire…

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  17. Deux autres comptes-rendus à lire sur cette rencontre :

    Chez Hypos

    Chez Vogelsong

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  18. @Nico
    Où avez vous vu que tous les acteurs devaient être parfaitement informés (et d’ailleurs que veut dire être parfaitement informé?) pour qu’un marché fonctionne correctement. Il y a beaucoup de marchés en france et dans le monde qui ne marchent pas trop mal (essentiellement ceux où l’état ne s’ingère pas trop).

    Par ailleurs, vos propos sur la solidarité et la redistribution révèlent bien une caractéristique commune à beaucoup de gauchistes : vous n’êtes pas généreux. Ce n’est pas pour rien que les gauchistes veulent toujours faire payer « les riches ». Ils sont pour la solidarité à condition que ce ne soit pas eux qui payent.

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  19. Excellent Compte rendu.

    A bientôt

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  20. @ Leonidas

    Les agents économiques ont besoin d’informations pour prendre des décisions, c’est assez trivial il me semble. Si information parfaite vous sembles trop extrême, peut-être que transparence de l’information vous aidera plus. Si certain marché marche bien sans l’intervention de l’Etat c’est plus parce que ces marchés respectent plutôt bien les conditions de concurrence pure et parfaite (). L’information me semblait une approche suffisament triviale pour être intelligible par tous, mais on pourrait prendre l’existence d’externalités, de coûts de transaction, de mobilité insuffisante des facteurs… Mais pour cela il faut un minimum de background économique et non plus seulement idéologique.

    Par contre je serais ravi que vous me précisiez les marchés libres auxquels vous pensez, parce que finalement ce qui est problématique ce sont des marchés tels ceux du travail, de la santé et des retraites, de la monnaie, de l’énergie, des industries de réseaux… Ils sont tous spécifiques et génèrent pas mal de problèmes.

    D’autre part je n’ai jamais dit que j’ai généreux et je pense que globalement un sytème d’individus altruiste ne peut pas exister. Néanmoins une certaine solidarité me parait nécessaire pour vivre en société il faut donc un Etat, cela n’empêche pas qu’elle doit être gérée efficacement pour ne pas encourager l’assistanat et ne pas étouffer ceux qui contribuent (même si tous doivent contribuer suivant leur capacité, si les riches sont plus sollicité c’est parce qu’il peuvent donner plus, j’ajouterai un brin cynique que l’on est jamais riche par hasard si on en croit le déterminisme de la reproduction sociale et que via certain mécanisme c’est l’Etat qui met en oeuvre cette reproduction mais c’est un autre problème).

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  21. Gilles LAURENT 25 mai 2009 at 21h 07 min

    Votez en ligne pour les élections européennes sur http://www.al-strasbourg.fr

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  22. [...] les commentaires laissés sur les blogs des petits copains, Intox, piratage(s), hypos et reversus viennent confirmer la grande candeur du projet. Ainsi ce commentaire de Guronze sur le blog de [...]

  23. « c’est son concept du salaire complet qui suppose que les individus doivent à chaque salaire faire des choix de consommation qui vont bien au-delà de son horizon temporel et de sa capacité à anticiper les risques quisqu’il devra tous les mois penser à cotiser pour sa retraite, son assurance santé et chômage, les dépenses d’éducation des ses enfants… »

    Justement ceux qui font des efforts d’épargne, qui pensent donc à leur avenir, n’ont pas à payer pour ceux qui jouent les cigales en attendant la retraite pour que ça tombe tout cuit dans la poche. Je suis capable de remettre à plus tard des consommations et à épargner pour mes vieux jours. Si d’autres n’en sont pas capables, tant pis pour eux, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes et assumer leurs choix. Le problème, c’est que l’Etat providence encourage ces non-choix et à les faire assumer par les autres : les vieux, vous n’avez pas besoin de cotiser par vous-mêmes, on siphonnera les revenus de vos gosses et on fera passer Madoff pour un amateur quand le système pyramidal des retraites s’effondrera ! Ce n’est pas bien grave grave, les enfants n’auront qu’à faire comme vous, et ça dure depuis 60 ans. Quel égoïsme dissimulé en fait derrière ce terme obscène de solidarité entre les générations qui n’est autre que la possibilité pour les groupes les mieux organisés d’accéder aux bienfaits distribués par les hommes de l’Etat en faisant oublier qu’on les a pris à d’autres, très souvent les pauvres. Idem pour les dettes : c’est pas grave, les gosses les épongeront. Et si ce ne sont pas gosses, on fera venir des immigrés pour finir de payer les crédits. C’est beau la solidarité made in France.

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  24. C’est pas une question de cigale et de fourmi.

    Qu’il soit public et unique ou privé et fragmenté, sur une même période l’argent des actifs va dans la poche des retraités (à moins de penser que ceux à qui on confie son argent ne font rien avec). De plus, ce n’est à mon sens pas comme l’assurance puisque pour les retraites il n’y a pas de risque car on fini toujours par vieillir.

    Le gros risque d’un système fragmenté c’est que ceux qui seront victime du défaut de leur fond de pension n’auront plus rien (quand bien même il auraient épargné comme des cigales toute leur vie !!!) alors qu’un système centralisé permet de mutualiser les risques (pour éviter de se retrouver avec des millions de vieux sans sous), et si il est d’état il peut conjoncturellement aider à le financer via la dette publique. Au sujet des dettes vous ne semblez pas avoir compris qu’il existe ce que l’on peut appeler de la « bonne dette »: si je m’endette à hauteur de X, que je l’investit et qu’il me rapporte Y (plus grand que X) alors j’y gagne. Vous croyez trop le proverbe typiquement français du « pour être riche il ne faut pas s’endetter », si vous ne vous endettez pas vous le serez toute votre vie (mais il faut que cela soit bien utilisé c’est évident).

    Sur un problème économique global il faut une vision économique globale, pas seulement une fable de La Fontaine.

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