Max Gallo ou l’art de la contorsion

La publication des listes de l’UMP pour les élections européennes, s’est fait dans la douleur. C’est désormais un euphémisme  que de le reconnaître. Au milieu du tumulte et des querelles d’égos, la volonté de ne froisser aucunes susceptibilités. Parmi les éléments de blocage, la fameuse 4eme place sur la liste en Ile de France.

Maxgallo académie

Nicolas Sarkozy a tout tenté pour forcer Joëlle Ceccaldi à l’accepter. Ceci afin que cette dernière libère la place de député dans la 6eme circonscription des Hauts de Seine, pour son fils cadet. Face à sa réticence, la ténacité de Jean-Marie Bockel qui souhaitait que les candidats de son nouveau parti, La Gauche Moderne, figure en bonne place sur les listes. Face au refus catégorique du député de Puteaux/Neuilly sur Seine, le maire de Mulhouse a eu gain de cause. Il a pu placer un candidat de son parti mais pas n’importe laquelle, c’est Marielle Gallo qui a été choisie par le président. « Le fait que je m’appelle Gallo compte pour lui » avoue t-elle d’ailleurs sans détours…

A l’image de son mari, cette femme de gauche reconnaît que son « engagement politique connaît des cycles ». Passé du Mitterrandisme au Chevènementisme avant d’aboutir au Sarkozysme, la famille Gallo s’impose comme une famille de contorsionniste hors pair. Bien sûr, ce n’est pas la première famille d’intellectuels de gauche à franchir le Rubicon, on pourrait citer Emmanuel Leroy Ladurie, Jacques Marseille ou bien encore Alexandre Adler…

Mais Max Gallo désormais élevé au rang de commandeur de la Légion d’Honneur, se distingue en osant dans la flagornerie ce qu’aucun n’avait osé jusqu’alors. Il y a peu, il tentait de relativiser l’élection d’Obama en la comparant à celle  de Nicolas Sarkozy. Dernièrement, il le plaçait se plaçait dans la droite ligne des « de Gambetta, Clémenceau, Mandel, Mendès France et de Gaulle ».

Le pire c’est sans doute qu’il s’appuie sur sa réputation d’historien pour répandre un discours faussement scientifique. Quand je pense à Max Gallo, je me remémore toujours ma première année passée sur les bancs de la Sorbonne. Interrogé par l’un de nos professeurs sur les bons auteurs à connaître pour étudier Jules César, un élève eût l’audace de proposer Max Gallo. La réponse de notre Maître de Conférence fut cinglante : « Mais non, Max Gallo, c’est tout sauf un Historien… »

Aujourd’hui ce dernier mutile cette discipline et la vulgarise plus que n’importe quel autre par le passé. Accueilli en fanfare à l’académie française par le président lui-même, Max Gallo profite désormais de sa réputation d’intellectuel pour répandre la bonne parole gouvernementale sur les ondes et les plateaux télévisés. Sa femme peut le remercier de ses bons et loyaux services, quatrième en Ile de France, c’est le plus bel espoir de la Gauche Moderne dans ces élections européennes…

Max Gallo sur RTL et la tentative de comparaison De Gaulle/Sarkozy :

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6 Commentaires sur “Max Gallo ou l’art de la contorsion”

  1. Max Gallo est à l’histoire ce que Aphatie est au journalisme. Un simplificateur orienté.

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  2. Je me souviens avoir lu de lui un livre sur la guerre civile espagnole. Je n’ai plus le titre en tête, d’ailleurs cela n’a aucune espèce d’importance. Sans vouloir casser la quatrième patte à un canard, à l’époque, j’avais jugé la chose faiblarde mais pas malhonnête. Depuis, l’eau a beaucoup coulé sous les ponts…
    Encore un !

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  3. Concernant César, quel auteur ton professeur conseillait. Ca m’intéresse.

    La trahison est infinie, c’est dans la nature humaine.

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  4. @ B.mode Joli !

    @ Lediazec Encore une fois, son ralliement au Sarkozysme me dérange pas plus que cela. Par contre qu’il utilise l’Histoire à des fins politiques, ça me répugne…

    @ Vogelsong Il y en a un tas, la biographie de Robert Etienne est pas mal. Mon professeur malheureusement décédé l’année dernière avait publié une Histoire Romaine qui allait des origines à Auguste. François Hinard, c’était son nom, était considéré comme le meilleur spécialiste de la République romaine en France. Son ouvrage qui rassemble plusieurs grands historiens est excellent et se lit très bien. Il appréciait beaucoup Michelet, ça se ressent quand on le lit.

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  5. Il ne faut pas cracher sur Max Gallo de cette manière. Max Gallo, tous sauf historien ? quel mauvaise foi… Il est s’emploie à romancer l’histoire et donc à la réviser. Ce n’est pas pour rien s’il veut mêler la figure de DeGaulle avec la continuité monarchique française. Après avoir soutenu Sarkozy en l’associant à ce grand homme, il le défend pour garder une certaine cohérence… Mais il s’est trompé dès le départ, car Sarkozy a toujours voulu rompre avec ce passé. Le jour où Max, bien seul aujourd’hui mais toujours pugnace, lâchera Sarkozy, vous pouvez être sur que son cercle théorique tombera. La grande idée de Gallo étant « la réforme » on comprend mieux le discours présidentiel.

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  6. L’Histoire est une science et en tant que telle s’appuie sur une discipline et une méthodologie. Max Gallo la bafoue et tient plus du romancier que de l’historien. Il l’a peut être été un jour mais il s’en est très éloigné désormais…

    D’ailleurs vous ne trouverez jamais une quelconque référence à l’un de ses ouvrages dans des livres d’Histoire.

    Après ça ouvre une autre question, celle de la vulgarisation de l’Histoire…

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