Mélenchon, un tribun qui renoue avec la plèbe
Jean-Luc Mélenchon a le sourire. Il y a quelques mois et lorsqu’après trente années de service, il a claqué la porte du PS pour fonder son Parti de Gauche, beaucoup ne donnaient pas cher de sa peau. Mais l’alliance avec le PCF a crédibilisé sa démarche et l’a mis sur orbite.
Aujourd’hui face à une gauche en pleine léthargie, le tribun bat le pavé et bouscule les sondages….
Dès la création de son parti, Jean-Luc Mélenchon a tendu la main à d’autres courants dans une logique de rassemblement. Une condition sine qua non pour survivre politiquement, qui s’avère aujourd’hui payante. Après avoir réussi son OPA sur le Parti Communiste, Mélenchon a donc l’intention de rééditer l’opération sur un Parti Socialiste qui peine à se fédérer ceci afin de pouvoir créer un vaste « front populaire » en suivant le modèle du « Die Linke » en Allemagne.
Le but affiché du sénateur de l’Essonne, c’est donc avant tout, la dénonciation d’une gauche qui s’est libéralisée au fil des années et qui a fini par perdre son électorat ouvrier. Son parti a donc pour vocation de rassembler très largement à gauche. Au sein de ce mouvement, on retrouve donc à la fois des chevènementistes mais aussi des déçus du socialisme, des militants syndicalistes ou associatifs et même des dissidents du NPA (la Gauche unitaire) qui se reconnaissent dans ce parti qui entend réunir « la gauche de la gauche ».
Cette volonté de rassemblement d’une gauche divisée séduit et commence même à trouver son électorat. Face à un NPA souvent perçu comme trop protestataire et un Parti Socialiste en pleine recomposition, Mélenchon trouve son public et espère bien être la grande surprise de ces élections européennes. Son objectif affiché, c’est de franchir la barre des 10%. En coulisses, il reconnaît que le seuil de 8% serait déjà une belle victoire puisqu’elle lui permettrait de siéger à Bruxelles.
Pour cela son programme est clair, il s’agit ni plus ni moins que de répéter la stratégie gagnante du « Non » au référendum sur la constitution du 26 mai 2005. Mélenchon se place donc en grand pourfendeur du traité de Lisbonne. Un rôle taillé sur mesure serait-on tenté d’ajouter. Le second thème de campagne du Front de Gauche, c’est l’opposition à Sarkozy, quitte pour cela à éclipser les projets européens. Parmi les propositions de leur programme, on relève malgré tout : l’interdiction des licenciements, la création d’un smic européen, la nationalisation des banques…
Après un début de campagne timide, Mélenchon a haussé le ton. Plus présent dans les media et bien soutenu logistiquement par le PCF, il a vu la cote de popularité de son front de gauche grimper en flèche. Libération le crédite même de 5 à 7% des intentions de votes, désormais au coude à coude avec le NPA.
Mais visiblement pour la figure de proue du front de gauche, ces élections européennes ne sont qu’une étape ou plutôt un moyen pour imposer une nouvelle donne à gauche. Un score réussi lui permettrait notamment de pérenniser son alliance avec le PCF dont la reconduction reste à l’heure actuelle fortement hypothétique. Mélenchon n’a pas séduit le noyau dur communiste de Seine Saint Denis, toujours convaincu qu’on lui joue un remake de l’Union de la Gauche mitterrandienne. Il faut également rappeler que la survie politique du PCF passe par des alliances avec le PS, notamment en vue des régionales en 2012. Actuellement le sénateur de l’Essone n’épargne guère ses anciens camarades socialistes, au grand dam des communistes…
Mélenchon s’en moque. Dans les moments de doute, François Mitterrand lui sert de modèle d’inspiration, « je pense souvent au Vieux, au moment, où à la tête d’un tout petit parti, il a vu arriver des gens de partout pour faire l’Union de la gauche.. » clame t-il. De quoi s’inventer un destin, celui de « sauver la gauche » d’un désastre annoncé.
A lire ces quelques articles par des blogueurs du Front de Gauche :
Voter front de gauche pour changer l’Europe
Quand la Gauche de Combat monte au front… ça fait mal
Joyeux anniversaire au Non
Clip de campagne du Front de Gauche :

28 mai 2009 








Info auteur
Un Méluche à 10% ce serait un joli score !!!
D’après le dernier sondage Opinion Way, il est à 5%. Qui croire ?
http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/oway-europeennes4.pdf
De toute façon, compte tenu de la marge d’erreur des sondages (2%), c’est difficile de se baser sur des sondages pour les « petites » listes.
Mais le FdG progresse dans tous les sondages. Il y a quelques semaines, opinion way donnait le FdG à 3%…
cette gauche de combat là, je le sais et je l’ai vu, lors de plusieurs meetings dans la france profonde, les gens en ont besoin… ils attendent de vraies valeurs de gauche quis ‘incarneznt dans un projet, et qui soit en capacité de non seulement protester, mais aussi créer, et diriger….
10 % ce serait vraiment une bonne base
@ Etiam
Oui ce n’est pas faux. Je me suis permis de reprendre le clip vidéo du front de gauche que j’ai vu sur ton blog
@ Gauche de combat
Je pense qu’en effet, Mélenchon chasse sur les terres laissées en friches durant des années par le PS. Sa démarche est en cela importante, il répond à de fortes aspirations.
Après même si je ne remets pas en doute, sa sincérité, c’est dommage, qu’il étrille autant la construction européenne.
Pour moi Mélenchon c’est vraiment le Tribun de la Plèbe par excellence (à l’époque de la République romaine). A savoir qu’ils avaient un fort pouvoir de rassemblement de la foule mais ils ne pouvaient jamais gouverner (accéder au consulat).
En étrillant l’Europe et le libéralisme, il mobilise un certain électorat mais se ferme les portes du pouvoir. Personne n’a jamais percé en empruntant cette voix là. Les discours de Cochin sont sans lendemain…
@ Pas perdus
10% ça permettrait une recomposition de la gauche tout simplement. Le PS risquerait l’implosion, ce qui après tout, ne serait pas un mal.
Puisque vous avez l’air tous les 3, d’être des militants du Front de Gauche, si vous avez des contacts auprès de têtes de listes de ce mouvement pour les Européennes, je serais preneur. J’aimerais bien organiser une petite interview sur ce blog.
Et au passage à lire ce bon article sur Méluche dans le JDD.
@ Mancioday
Je t’en prie, c’est fait pour ça
Pour prendre contact avec une tête de liste PG, tu peux essayer ça
ou ça.
Sinon tu peux tenter ta chance avec les formulaires de contacts des sites régionaux FdG.
Mais à une semaine du scrutin, ça va être dur d’obtenir un contact, à mon avis.
Très beau papier, comme souvent, Mancio. Je voterai Front de Gauche. J’ai eu du mal à retrouver ma carte d’électeur. Finalement je l’ai retrouvée à côté d’un livre d’un auteur argentin. Du coup, je le relis pour en tirer une chronique. Même si ce Front n’obtient qu’un pourcentage ridicule (10% ? Yes! Ne rêvons pas), il pose un jalon dans ce que j’appellerai l’honneur retrouvé d’une gauche qui respecte et se respecte. Cela est pour moi une très belle victoire.
@ Etiam
En effet, j’ai été pris de court. Mais je vais réfléchir à un autre sujet d’entretien et les contacter.
@ Lediazec
Merci tout d’abord. Pour le Front de gauche, c’est vrai qu’ils ont renoué avec les véritables attaches sociales de la Gauche. Ils ont également eu le mérite de siphonner le NPA. Et je préfère voir un démocrate à la tête de l’Extrême gauche plutôt qu’un révolutionnaire.
En ce qui concerne les résultats, le FDG oscille entre 6,3 et 6,7%. Mélenchon est élu. C’est un bon score. Surtout si l’alliance avec le PC se poursuit lors des régionales.
[...] leader de la cause du peuple contre l’oligarchie bruxelloise, et qui plus tard a réussi son OPA sur le Parti Communiste. Dans cette dynamique, il souhaite pousser son avantage jusqu’à reproduire l’opération [...]
[...] de blogueurs pour exposer sa vision de la politique et des Médias. Avec sa gouaille légendaire, le tribun du Parti de Gauche s’en était pris au système médiatique qu’il juge « perverti » et se pose en alternative [...]