Impunité zéro à Levallois
La réunion du conseil municipal de Levallois hier soir fut une nouvelle fois l’occasion de démontrer, si besoin était, que la ville est désormais une zone de non-droit. Pour Patrick Balkany, satrape de la Sarkozie triomphante, les Hauts-de- Seine sont devenus un terrain de jeu sur lequel personne ne semble en mesure de l’inquiéter.
Épinglé par la Cour régionale des Comptes, Balkany a tout fait pour que le sujet ne soit pas abordé, quitte à partir dans des monologues interminables de près de 8 heures, bien épaulé en cela par sa femme Isabelle. Hier soir les droits de l’opposition furent une nouvelle fois bafoués. Il faut lire ce très bon reportage de Rue 89 qui raconte dans le détail le festival de provocations délivrées par le maire de Levallois. Pour ceux qui ne connaissent pas le parcours controversé de ce repris de justice promu baron des Hauts-de-Seine, j’avais retracé sa bio il y a quelques mois sur Ruminances.
Le rapport de la Cour régionale des Comptes est accablant. Il faut savoir que Levallois est l’une des villes les plus endettées de France, avec une dette de 4292 euros par habitant, soit 50 % de plus qu’en 2001. La ville a émis 220 millions de bons du trésor à court terme, dont 155 millions auraient dû être acquittés fin 2008.
Le préambule du rapport est suffisant pour comprendre les raisons d’un tel marasme financier :
« Les comptes de la commune ne présentent pas toujours une image fidèle de sa situation financière et de son patrimoine. […] La situation financière s’est tendue du fait d’une progression sensiblement plus rapide des dépenses de fonctionnement par rapport aux recettes, la progression très vive des dépenses de personnel expliquant largement cette évolution. […] La dette a progressé de manière très rapide depuis 2000, passant de 156 millions à 236 millions d’Euros. […] Les anomalies constatées concernent l’attribution de compléments de rémunération excédant les limités posées par les textes. »
La première traversée du désert de Patrick Balkany entre 1995 et 2001, seule période durant laquelle il n’a pas gouverné la ville, était déjà dû à une prise illégale d’intérêt en tant que président de l’Office Départemental des HLM. Il avait écopé à l’époque de 15 mois de prison avec sursis et de deux ans d’inéligibilité. Espérons que la Justice se saisisse rapidement du dossier mais au vu des liens qu’il entretient avec Nicolas Sarkozy, rien n’est moins sûr…


Il paraît qu’il a fait une réunion de plus de huit heures pour épuiser tout le monde, opposants et journalistes ! trop fort, trop filou !
Balkany c’est vraiment ce qui se fait de pire sous notre bonne vieille Veme république…
Scandaleux, caricaturalement scandaleux. Rien à rajouter
La façon dont il coupe la parole à la personne est moche mais si comme le dit B.mode la réunion a duré 8 heures et si il est 2h30 du matin pourquoi attend-t-elle ce moment pour vouloir prendre la parole ?
Après il faudrait vraiment que l’on songe à se débarrasser de ce genre de mec…
@ Nico
L’opposition a attendu 4 heures pour prendre la parole et quand ils ont pu s’exprimer, le micro a été coupé par Patrick Balkany. Le maire de Levallois s’est alors mis lire un discours de 23 pages, qu’il avait préparé. Il faut lire le reportage de Rue 89, l’un des rares médias présent sur place :
« Qu’à cela ne tienne, Patrick Balkany entreprend de lire les réponses précitées. Vingt-trois pages dactylographiées ! A la lecture des premières lignes, l’assistance comme les membres de l’opposition ou de la majorité attendent qu’il s’essouffle, mais le député-maire sent qu’il tient là le coup d’éclat capable de faire durer la séquence.
Une séquence qui durera près de deux heures. Face à la lassitude, il s’absente parfois et passe la main à son épouse, non sans la sermonner au bout de quelques secondes (« Tu lis trop vite, si tu lis mal, je le fais moi-même ») ni de jouer avec les nerfs de l’opposition :
« Je vais laisser Madame Balkany continuer un peu, le temps de me rafraîchir. Nous sommes au milieu de la page 14 et nous nous arrêterons au milieu de la page 23 du texte que vous écoutez, j’en suis sûr, avec plaisir. »
« Si vous vous voulez bien la mettre en sourdine »
Quand il revient, c’est elle qui s’éclipse. Et le manège se répète plusieurs fois. Une pause est décrétée à chaque pérégrination de l’opposition, qui n’a de cesse de clamer son indignation.La lecture du texte s’achève avec une nouvelle prouesse du maire. Thierry David réclame de pouvoir poursuivre sa démonstration, mais un Patrick Balkany hilare donne la parole à l’un de ses adjoints… qui sollicite une suspension de séance. Evidemment acceptée…. »