Brèves éco : les retraites en une équation
L’avenir de nos retraites reste, malgré les multiples effets d’annonces du gouvernement, encore très incertain. En effet, les dernières estimations donnent un financement des retraites assuré à 50% d’ici 2020 et 30% d’ici 2040. Le déséquilibre est structurel et ne peut donc pas être résolu par des mesures « one shot »…
Je reproduis ci-après une équation qui permet de synthétiser la problématique du financement du système de retraite par répartition. Elle provient de l’excellent blog Ecopublix,et plus précisément du premier d’une longue série d’articles rédigée par Antoine consacrée au système de retraite. Pour avoir une vision synoptique de la question, je ne saurais trop vous conseiller de vous y reporter tant l’auteur connait son sujet.
(Cliquer pour voir l’équation en grand format)
L’équation est déduite du principe même du système par répartition. Les actifs occupés (disposant d’un emploi) financent les pensions des retraités, via des contributions indexées sur le revenu. Ce qui donne, après réarrangement, la formule ci dessus. A partir de celle-ci on peut en manipuler les paramètres, à condition que l’égalité soit respectée. Pour prendre un exemple, pour augmenter la pension moyenne, on peut et/ou augmenter le taux de cotisation, accroître le revenu moyen, diminuer la population en âge de travailler, etc.
A taux d’activité et d’emploi constant (le déséquilibre restant de toute façon substantiel, même sous une hypothèse de plein emploi), l’augmentation du ratio de dépendance démographique (le vieillissement de la population) nécessite pour maintenir l’équilibre des retraites l’une des solutions suivantes :
- l’augmentation des taux de cotisations sociales, ce qui équivaut à une baisse des salaires
- la diminution des pensions de retraite
- la diminution du ratio de dépendance démographique par l’augmentation de la population en âge de travailler et/ou par la diminution de la population en âge d’être retraité, bref en augmentant l’âge de la retraite, à défaut de pouvoir agir directement (du moins officiellement ^^) sur l’espérance de vie.
Un sondage d’opinion orienterait pour l’instant le choix vers une hausse des cotisations retraites…
Et vous, à choisir, que préférez-vous ?

15 juil 2009 







Info auteur
Les équations ne reproduisent pas la réalité, elles la simplifient, la limite, limitant de fait les options. Ouvre tes variables sur l’ensemble de la richesse produite et d’un coup, tu découvriras que le problème de retraites n’en est pas un…
Il y a d’autres considérations :
L’espérance de vie en BONNE SANTE est de 64 ans pour les femmes, 62 ans pour les hommes et 59 ans pour les employés/ouvriers (source INSEE). On voit donc bien que allonger la durée d’activité n’est pas très judicieux, en particuliers pour la france d’en bas.
Il y a d’autres pistes : par exemple celle de reconsidérer les allègements de charges sociales consenties aux Ets pour améliorer l’emploi qui représentent un manque à gagner pour les caisses sociales (retraite+sécu) de plusieurs milliards d’euros. La Cour des comptes avait été plutôt critique quant à la pertinence de ces allègements (sauf à la rigueur lorsque ces allègements touchent des salaires au niveau du SMIC).
Une 2d piste serait de supprimer des niches fiscales qui coutent beaucoup d’argent à l’état, et dont profitent les hauts revenus.
Une 3è piste : récupérer les milliards d’euros que représentent la fraude à la TVA de la part des Ets (augmenter les contrôles fiscaux)
4è piste : augmenter les cotisations retraites proportionnellement aux revenus.
Taxons le capital. Je me suis laissé dire qu’il ne se portait pas trop mal, depuis 30 ans…
@ Monolecte : L’équation ne donne qu’une idée du taux de cotisation optimal dans le cadre français actuel, il tient compte de la richesse produite en France…
Pour le reste j’ai une idée un peu folle.
Si on partait du principe que les français devraient être égaux et qu’on supprimait les régimes spéciaux (bien sûr des caisses de cotisations spéciales pourraient les remplacer, de sorte que ce soit seulement ceux qui en profitent qui les financent) afin que le système se rééquilibre sans qu’on ait des idées de taxer toujours et encore plus…
Olala mais c’est des idées d’ultralibéraux de droite fasciste !!!
@Tous
Personne n’a répondu à ma question, je suis curieux de savoir quel serait votre choix ^^
@Monolecte
J’ai pas employé le bon terme, j’aurais du utiliser le terme identité plutôt que celui d’équation.
L’identité décrite part de la définition du système de retraites par répartition et montre comment celui-ci est censé s’autofinancer. Elle ne simplifie donc pas la réalité, elle montre par quel moyen on peut s’éviter d’utiliser d’autres ressources pour combler un déficit croissant. Bien sûr on peut lever des impôts supplémentaires pour le financer mais en l’état actuel, cela donnerait un alourdissement de la fiscalité quelque chose comme 4 points de PIB de 2040 d’après les estimations du COR. Ce qui est tout simplement énorme.
@argone
Les montants en jeu ne sont tout simplement pas suffisants dans le cas des trois premières pistes.
C’est effectivement envisageable théoriquement mais rappelons que les hauts revenus ont le même taux de cotisations retraites que nous tous pour un taux de remplacement beaucoup plus bas compte tenu du plafonnement des pensions. Plus fondamentalement le système de retraite par répartition est individualiste puisque chacun perçoit une pension de retraite proportionnelle à son salaire. La solidarité est intergénerationnelle car c’est la génération qui travaille qui paie les pensions mais elle n’est pas intragénérationnelle.
@Etiam Rides
Là encore, on ne résout pas à la source le déséquilibre. Cependant deux remarques sur la possible taxation du capital:
- Pour parvenir à l’équilibre des retraites il faudrait environ tripler les impôts sur les sociétés (!?) sachant que les résultats de ces dernières sont par essence très volatils.
- Celui qui paie l’impôt n’est pas forcément celui qui le supporte. La nouvelle taxation risque d’être supportée en dernier analyse par le salarié. C’est le concept d’incidence fiscale. Voir ici.
@Nico
J’ai pas compris la proposition…
Supprimer les régimes spéciaux de retraite : je pense qu’avant de vouloir engager la totalité des français sur des réformes, il faudrait déjà gommer les inégalités. Mais on vit dans un pays où les privilèges portent volontier le nom « d’acquis sociaux »…
@ Seb
Au temps pour moi. J’aurais dû dire « taxons les transactions de capitaux ».
@ Nico
Je crois que les Français s’en tamponnent des régimes spéciaux. Ce qu’ils veulent, c’est avoir une retraite décente à un âge pas trop tardif.
Ah et pour répondre à la question, je choisirai une hausse des cotisation sociales, à condition qu’on en augmente la progressivité.
@ Etiam Rides : Hélas non. Certainement que ce n’est pas la cause profonde du déséquilibre, mais rétablir l’égalité est un préalable en vue d’un véritable accord général.
Après certainement qu’une solution intermédiaire pourrait avoir lieu en augmentant raisonnablement la durée de cotisation (1 an maxi) et en augmentant les cotisations en recherchant une progressivité soutenable.
Par contre pour les transactions de capitaux : ça résoudrait la faim dans le monde, ça enverrait tout le monde à l’école… C’est vraiment le remède miracle. Je suis peut-être un peu caustique mais c’est un vieux serpent de mer inapplicable…
[...] l’avions déjà évoqué il y a un an, il n’existe que quatre leviers pour solutionner le problème des retraites. A taux d’activité et d’emploi constant (le déséquilibre restant de toute façon substantiel, [...]
[...] gauche propose en matière de financement des retraites une autre voie que celles habituellement mises en avant (allongement de la durée de cotisation, baisse du taux de remplacement, hausse des cotisations [...]