La main tendue à De Villiers, un nationalisme assimilé
L’UMP a fait de la reconquête régionale de 2010, un enjeu politique essentiel. Conscient que son socle électoral se réduit malgré la victoire aux élections européennes, Nicolas Sarkozy est prêt aux alliances les plus controversées…
Un scrutin majeur :
En 2004, l’UMP avait été l’une des grandes perdantes des élections régionales en ne conservant que deux conseils régionaux, ceux de Corse et d’Alsace. En 2010, les régionales revêtiront qui plus est une importance majeure en vue de l’échéance présidentielle de 2012. La légitimité et la crédibilité gouvernementale seront mises à l’épreuve (on annonce six à sept ministres candidats).
Les élections européennes ont certes vu la victoire de l’UMP avec 29 sièges obtenus mais le parti a vu son socle électoral se resserrer. Rappelons que les élections régionales sont une élection à deux tours, et que la donne risque d’être grandement bouleversée. Le Monde, dans son étude par circonscription publiée le 18 juin, montrait même que les partis de sensibilité de gauche (extrême gauche compris) arriveraient toujours en tête sur sept des huit grandes circonscriptions régionales (la région Est restant un bastion solide de droite).
Nicolas Sarkozy, qui souhaite reconquérir dix régions, se confronte donc à la nécessité de nouvelles alliances pour rassembler davantage dès le premier tour.
La main tendue à Philippe de Villiers :
Jacques Chirac a toujours refusé, en dépit de la pression de certains de ses conseillers (Pasqua, Million..), de nouer des alliances contre-nature avec des partis d’extrême droite. Nicolas Sarkozy ne s’embarrasse pas de tels scrupules et a proposé à Philippe de Villiers de siéger au sein du Comité de liaison de la majorité présidentielle. Philippe de Villiers explique son choix dans Libération : « Cette proposition m’a été faite par Nicolas Sarkozy lors de notre dernière rencontre. Il m’a proposé de participer à cette structure. Je pense que ma réponse sera positive ».
Mais à vrai dire le député vendéen n’a plus vraiment le choix : après une défaite aux Européennes, qui « restera dans les annales des plus grands crashs de l’histoire politique » pour reprendre Eurojunkie, et des finances en bernes, cette alliance inespérée avec l’UMP devenait sa planche de salut. Il intègre donc cette commission présidée par le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, qui a pour but de « préparer les prochaines échéances politiques ». Le Mouvement pour la France rejoindra ainsi les autres prises de guerre de l’UMP : la gauche moderne de Jean-Marie Bockel, les progressistes d’Eric Besson et le nouveau centre d’Hervé Morin. Drôle de mélange…
Le nationalisme assimilé :
Philippe de Villiers le reconnait lui-même, « L’UMP a siphonné une partie de l’électorat FN et du MPF… il vaut mieux être à l’intérieur, plutôt que de se cantonner à un statut d’opposant de luxe». Et il est vrai que bon nombre d’observateurs politiques saluent la disparition du parti frontiste. Pourtant Nicolas Sarkozy n’a pas détruit le Front National : il l’a, comme le MPF, tout simplement assimilé.
Aujourd’hui, au regard du scandale de l’affaire Opinion Way, on se rend compte de l’importance qu’a pu avoir Patrick Buisson, ancien responsable de Minute dans la stratégie présidentielle de 2007. Nicolas Sarkozy dit d’ailleurs de lui : « je lui dois d’être élu…». Ce conseiller politique au passé d’extrême droite assumée a permis de légitimer et de faire digérer au sein de la droite les idées développées depuis des années par le FN : le premier tour de la campagne présidentielle de 2007 en a hérité la stigmatisation outrancière, celle de l’opposition de deux France.
Aujourd’hui plus que jamais, Nicolas Sarkozy se rapproche du modèle berlusconien, celui du pragmatisme politique. Le maire d’Orange Jacques Bompard, ancien fondateur du FN et aujourd’hui au MPF, a même confié à Libération qu’il espérait que l’arrivée du Vicomte permettrait à l’UMP de se « droitiser » un peu plus. L’extrême droite n’est pas morte, au contraire, elle est plus vivante que jamais…
Philippe de Villiers raillant Nicolas Sarkozy :

04 août 2009 







Info auteur
[...] Un coup de poignard dans le dos. C’est la méthode utilisée par le Ministre de l’Agriculture Bruno Lemaire pour satisfaire aux ordres de sa grande maîtresse, l’Union Européenne. Belle pantalonnade du gouvernement. [...]
bien vu david, sarko offre des gamelles et attend les hyènes…
prochain charognard sur la liste, le fameux de saintignon ??!!??
on se croirait sous le plus grand chapiteau du monde avec un numéro de grand écart impressionnant, de l’extrême gauche à l’extrême droite, rien n’arrête en définitive l’homme au malaise dont on se fout royalement.
gagner à n’importe quel prix même ci ça empeste l’immondice, le roitelet ne recule devant rien et c’est pour mieux t’enculer mon enfant !!!
Je donnerais cher pour connaitre les premières réactions d’Eric Besson et de Jean-Marie Bockel. Ils doivent se demander comment ils se sont retrouvés dans cette galère.
Mon dieu, quel attelage…
Alors je leur ai demandé, et oui d’un côté ils se demandent comment ils se sont retrouvés dans cette galère, mais de l’autre côté ils se disent qu’ils auront le temps d’y réfléchir au prochain ministère.
Le beurre et l’argent du beurre. La reconquête selon Sarko risque de devenir Berezina. Au lieu de renforcer la droite cela risque de souder la gauche et de lui apporter, en prime, des voix de droite qui jugent de telles alliances « contre-nature »…
Bien vu le parallèle avec Berlusconi et ses liaisons avec l’extrème droite. Le véritable modèle de Sarkozy.
Pour info, Nicolas Dupont Aignan, président de Debout la République ne ralliera jamais l’UMP, il n’est pas une girouette, si il a quitté l’UMP, ce n’est pas pour y revenir, quand à Mr de Villiers, son choix est maintenant clair, n’ayant pas le choix au regard des dernières élections, son ralliement sera peut-être salutaire pour le MPF avec l’élection de quelques conseillers régionaux en plus, et quelques vices présidences.
De plus, pour la région Pays de Loire, avec l’élection de Christophe Béchu, il sera en position de force s’ils remportent les élections régionales dans les Pays de Loire. Par contre, si la majorité présidentielle se craque aux régionales, ce sera la fin du MPF.
@ Clarky
Nicolas Sarkozy avait déjà essayé de dépêcher Bruno Retailleau, sénateur MPF de son état lors du dernier remaniement. Il faut croire que c’était dans l’ère du temps.
@ Vadek
Eric Besson n’a pas ce genre de scrupules. En revanche, Jean-Marie Bockel doit l’avoir mauvaise mais comme le dit Céladon, avec le pouvoir, on apprend à oublier ces convictions.
@ Lediazec
Je n’ai pas l’impression que cette arrivée ait faite beaucoup de vagues pour l’instant.
@ Nonoscorp
Comme le disait De Villiers, il a réalisé ses plus beaux scores électoraux quand il a fait alliance avec la majorité présidentielle. De toute manière, depuis la scission avec Pasqua, ce parti n’a été qu’une longue agonie.
Bientôt on verra Marine rejoindre les rangs de cet aréopage douteux. Et Besson n’en aura cure. Ce qui l’intéresse, c’est un ministère, point barre. Qu’importe la couleur de plus en plus brune du gouvernement.
[...] Puisque l’Italie ne cesse de flirter avec la ligne blanche. Pour rester au pouvoir, Silvio Berlusconi n’a pas hésité à passer des alliances avec des mouvements d’extrême droite comme La Ligue du Nord et l’Alliance Nationale, et à les faire entrer au gouvernement à des postes importants (l’Intérieur et la Défense). Il n’a eu aucun scrupule à offrir les clés de Rome à Gianni Alemanno, ancien secrétaire national du MSI. Crédibilisés par l’exercice du pouvoir, les néofascistes ne cessent de pousser plus loin la radicalisation à droite. Mateo Salvini n’hésite pas par exemple à proposer que certaines places dans les transports en commun soient réservés aux « italiens de souche », tandis qu’en Lombardie, la Ligue du Nord lance une opération « white christmas » afin de débusquer les immigrés. Si la situation française est différente, Nicolas Sarkozy ne s’embarrasse d’aucun scrupule non plus lorsqu’il s’agit de faire rentrer un Philippe De Villiers dans le giron de la droite républicaine… [...]
[...] qui lui manquait. Aujourd’hui l’UMP n’hésite pas à fricoter ouvertement avec la frange la plus dure de la droite souverainiste en vue des régionales. Pire, le parti présidentiel a assimilé une partie de l’idéologie [...]