Les Tarifs EDF : un combat entre le marché et l’Etat ? (2)

La mainmise de l’Etat francais sur la politique énergétique d’EDF transforme l’électricité en un produit politique, mais l’ombre de la libéralisation des marchés électriques plane encore sur l’Europe…

gadonneix

Comme souvent s’opposent finalement une vision de marché et une vision plus étatiste et dirigiste. Je pense qu’il faut avant  tout rendre hommage  à la politique volontariste de la France avec EDF qui a a permis de tirer la quintessence des économies d’échelle de ce secteur énergétique. On a tendance à oublier que notre programme nucléaire nous permet aujourd’hui d’avoir une production assurée à plus de 80% par nos centrales. Cela nous a permis d’être en surcapacité en terme d’offre électrique sur tout notre territoire et donc d’avoir une certaine indépendance énergétique, chère à de nombreux pays. Mais cela offrait aussi la possibilité d’une offre sociale (dans le sens qu’elle a profité au plus grand monde) grâce à un prix relativement bas du fait des économies d’échelle, du faible coût du combustible nucléaire et de la péréquation tarifaire (c’est-à-dire que le prix est uniforme sur tout le territoire).

Ce contexte de décroissance du coût moyen de la production auquel venait se superposer la volonté étatiste, a permis de maintenir les prix de l’électricité à un prix relativement faible durant de nombreuses années (les prix en France sont inférieurs de 27% à ceux des autres pays de la zone Euro). L’administration étant de toute façon renflouée par l’Etat français (c’est-à-dire son contribuable), aucun problème ne se posait. EDF pratiquait en plus à l’époque, une politique de « coût complet » , c’est à dire une statégie de prise en compte de tous les coûts, même futurs.

Aujourd’hui, la donne est différente. Nous l’avons vu dans le précédent article, l’envolée des coûts de production ne permettent plus de maintenir cette dynamique.

La mise en place d’un grand marché européen de l’électricité est quelque chose de très complexe du fait de la double résistance des anciens monopoles nationaux et des Etats. EDF est  le parfait exemple du champion national qui a la mainmise sur son territoire historique et qui veut aller conquérir le monde, tout ceci en souhaitant conserver son pré carré national (bien aidé en cela par l’Etat français). C’est aussi la raison pour laquelle, la Commission Européenne avait encouragé la fusion GDF-Suez. L’idée c’est de promouvoir des champions européens et plus seulement nationaux…

Outre ce conflit étatique, il existe également une contrainte technique. Il existait par le passé des échanges d’électricité entre les pays, les « échanges à bien plaire » entre des Etats qui se dépannaient. Un marché commun suppose en effet de réelles interconnexions.

Aujourd’hui, elles risquent d’être remises en cause.  J’en veux pour preuve le fait qu’il n’y ait toujours pas de prix unique européen même si des plateformes commencent à se dégager (en Scandinavie et dans le Benelux). Toutefois et cela à son importance, deux marchés semblent être très interconnectés : le français Powernext et l’allemand EEX, avec comme constat la quasi indexation des prix français sur les prix allemands. L’explication est toute simple : nous sommes passés d’un marché français en surcapacité avec un coût marginal faible pour la base de la demande (la base correspond à la demande incompressible) et ceci grâce à nos centrales nucléaire, à un marché franco-allemand en sous-capacité avec un coût marginal pour la base plus élevé (au niveau du coût marginal de production de la centrale à charbon allemande). Il en résulte une augmentation des prix de l’électricité de la base mais aussi de la pointe car la congestion (période de tension sur le marché) est plus fréquente maintenant que l’offre est plus rapidement inférieure à la demande.

edf

Maintenant que nous avons réalisé un tour d’horizon sur les situations de l’électricité notamment en France, penchons nous sur les enjeux. La véritable question que nous devons nous poser est quel doit être le prix de l’électricité ? Doit-il être fixé par un tarif ou par un prix ?

Comme dans le premier volet de cet article consacré à l’augmentation des tarifs EDF, je rappelle qu’un tarif désigne des prix fixés de façon réglementaire pour une durée déterminée, c’est donc l’Etat français qui fixe les tarifs de l’électricité, EDF restant pour le moment qu’une force de proposition avec l’avis consultatif de la Commission de Régulation de l’énergie (CRE). Le prix est quant à lui déterminer par le marché.

Il est certain qu’au niveau individuel tout le monde préférerait un prix bas afin de pouvoir consommer autant que souhaité. Mais est-ce véritablement l’objectif ? A l’heure où nous plaidons en faveur des économies d’énergie, faut-il se battre délibérément pour un prix faible ? Il est difficile de répondre à ces deux interrogations. Evidemment, l’objectif serait de consommer plus efficacement mais la dépendance à l’électricité est telle que cela paraît aujourd’hui difficilement réalisable. Mais à l’instar de la consommation d’essence, il faudra bien apprendre collectivement à nous discipliner.

Un autre aspect à aborder est de savoir qui doit payer ? L’entreprise énergéticienne française en concurrence sur la distribution avec d’autres groupes doit-elle faire des subventions croisées entre les consommateurs qui lui rapportent de l’argent et ceux qui lui en coûtent ? Et tendre ainsi à devenir un mécanisme de redistribution masqué.

De toute évidence, ce n’est pas son but premier, l’objectif des modifications des tarifs en août est de prendre en compte les modes de consommation et le coût d’acheminement de l’électricité chez ses clients. On pourra ainsi supprimer les trappes tarifaires qui permettaient que des consommateurs payaient un prix inférieur au coût de ce qu’ils consommaient. Alors certes EDF ne donne pas plus de justifications et semble manquer de pédagogie dans sa démarche, mais que ce serait-il passer s’il y avait eu  une vaste consultation ? Les consommateurs auraient tout fait pour éviter une augmentation des prix, ce qui semble somme toute assez logique…

Quant à une éventuelle démission de Pierre Gadonneix comme le préconise certains, ça n’a pas de sens. Pour quels motifs ? Bien sûr cela nous permettrait de vilipender ces « patrons voyoux » qui reçoivent des indemnités faramineuses pour licenciement abusif mais ça n’aurait guère d’autres effets…

Pour conclure, l’augmentation des prix de l’électricité apparaît inéluctable mais également indispensable pour refléter davantage la rareté du bien électricité, aussi bien dans une perspective d’économie d’énergie que dans la perspective d’une gestion saine d’une activité économique pour une entreprise comme EDF. Car il faut bien comprendre que tout l’argent que perd cette entreprise sera compensé par le contribuable. Comme le faisait déjà remarqué François Lévêque (professeur d’économie à l’Ecole des mines de Paris) dans le Monde du 12 janvier 2007, si EDF s’enrichit avec l’« abandon des prix règlementés, le patrimoine de l’Etat, et donc le notre, s’élèvera ». Un Etat plus riche pouvant se permettre de cibler avec plus de moyens ses actions sociales mais avec davantage de transparence cette fois-ci…

Lire la première partie de cet article : Les tarifs EDF : une transition vers un prix compétitif ?

Article relayé par :

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27 Commentaires sur “Les Tarifs EDF : un combat entre le marché et l’Etat ? (2)”

  1. « Pour conclure, l’augmentation des prix de l’électricité apparaît inéluctable mais également indispensable pour refléter davantage la rareté du bien électricité« .

    Je ne partage pas votre point de vue. Prenons l’exemple de la contribution climat-énergie : les Français ont la possibilité de s’abstenir de polluer plus, avec la menace « taxe carbone ». En l’espèce EDF étant très peu soumise à la concurrence, ce sont l’ensemble des ménages Français qui seront touchés, sans possibilité ou presque de faire autrement…

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  2. Votre point de vue a le mérite d’être original dans ce climat de démagogie ambiante.

    J’ai bien compris les raisons que vous invoquez pour justifier cette augmentation. Le souci c’est que la suppression des trappes tarifaires va favoriser les grands consommateurs au dépend de ceux plus modestes.

    Une fois plus avec la libéralisation des marchés, les consommateurs sont pris à la gorge….

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  3. Bonjour,

    @ Mathieu :

    je ne saisis pas bien votre intervention mais je vais tenter de vous répondre, n’hésitez pas à m’éclairer.
    Fondamentalement l’augmentation du prix se justifie par le fait que tous les coûts de production (combustibles, construction, …) sont sur des tendances croissantes, ensuite les besoins des individus en électricité augmentant partout dans le monde (donc aussi en France et en Europe) il y a une raréfaction grandissante de l’électricité ce qui doit amener à un prix plus élevé.
    Ensuite sur la possibilité de s’abstenir, certes la consommation électrique est difficilement compressible à court terme, mais en changeant ses équipements domestiques et en ayant les bons réflèxes de diminution de sa consommation, on peut arriver à moyen terme à une baisse. Cela demande des efforts mais c’est possible.
    Le problème de la concurrence : si l’Etat français se concentrait sur la réelle indépendance du réseau vis-à-vis d’EDF cela permettrait rendre le secteur plus concurrentiel. Car pour le moment qui gère le reseau ? C’est EDF et on comprend qu’il ne s’active pas pour promouvoir l’accès de son réseau à des tiers.

    @ Vadek :

    Le problème réside dans les coûts fixes de production et d’acheminement, et que vous soyez un petit consommateur ou un gros les coûts fixés sont par définition constants. Je ne suis pas sûr que cela soit une question de pris à la gorge, juste une volonté de faire payer le coût réel de l’électricité. Mais je ne sais pas si ma réponse vous plaira ;-)

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  4. Bonjour,

    Je me permet d’exprimer mon sceptiscisme au sujet de ce dogme ultra-libéral selon lequel la concurrence serait bénéfique pour les prix, et/ou pour les clients…

    La concurrence PEUT avoir un effet bénéfique… mais ça n’a rien d’un effet mécanique systématique implacable.

    Les entreprises ayant plutôt tendance à aligner leur tarifs les unes sur les autres… et à adopter des clauses abusives toutes ensembles de facto, ce qui fait que même si on veut « faire jouer la « sacro-sainte » concurrence, il n’y a pas de « bon élève » à privilègier.

    (Je fais allusion aux opérateurs de téléphonie mobile, et même aux banques, pour ne prendre que ces exemples là)

    Je me souviens des trois ou quatres grands fabricants d’appareils photo, qui avaient été jusqu’à signer des accords sur les prix à pratiquer dans les années 90… avant d’être sanctionnés ou rappelés à l’ordre par les autorités japonaises :-)

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  5. @ Abd Salam :

    c’est bien pour cela que les articles ne sont pas dogmatique car il n’est nulle part évoqué l’idée selon laquelle un marché à un effet bénéfique, seulement la capacité de faire émerger un prix compte tenu de l’offre et de la demande. Nous n’avons pas dit que cela devrait avoir un effet bénéfique pour les clients, je vous invite à lire l’article.

    Parfois, même en situation de concurrence pure et parfaite, la firme la plus efficace vend sa production au-delà de son coût marginale de production c’est ce que l’on appelle une rente ricardienne, car il vend au prix qui est égale au coût marginale d’un coucurrent qui est moins efficace (c’est une rente d’efficacité).
    Pour la téléphonie mobile, la situation est totalement différente car il a été prouvé qu’il y avait eu une entente entre les opérateurs, c’est ce que l’on appelle un cartel qui tente d’obtenir une rente d’oligopole en manipulant les prix. Mais les deux situations n’ont rien à voir.

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  6. Bonjour,

    Je ne répondais pas à un point de l’article, que j’ai bien évidemmen lu ; merci.

    Mais peut-être n’ai-je pas bien compris l’une des réponses que vous faites à Matthieu :
    « Le problème de la concurrence : si l’Etat français se concentrait sur la réelle indépendance du réseau vis-à-vis d’EDF cela permettrait de rendre le secteur plus CONCURRENTIEL. Car pour le moment qui gère le reseau ? C’est EDF et on comprend qu’il ne s’active pas pour promouvoir l’accès de son réseau à des tiers./em> »

    Je vous invite humblement et sans sousentendre que vous êtes un idiot qui me répondez sans avoir lu mon intervention, de bien vouloir m’expliquer ce qui, apparamment, a pû m’échapper…

    Quel sens peut bien receler l’expression « de rendre le secteur plus CONCURRENTIEL/em> ?

    J’ai crû comprendre que l’idée, c’était que la multiplication des acteurs CONCURRENTS jouerait sur les prix à la baisse…

    L’intérêt des entreprises n’est pas de vendre leurs produits ou services le moins chers possibles… surtout quand il y a beaucoup d’actionnaires derriéres à gaver.
    C’est pour ça que les ententes formelles ou informelles sur les prix, entre « acteurs CONCURRENTS » ne sont pas rares.

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  7. @ Abd Salam :

    je n’est jamais sous-entendu non plus que vous êtes un idiot seulement, vous l’admettez vous-même, vous étiez un peu hors sujet. J’espère ne pas vous avoir offensé.

    Pour en revenir à notre discussion. Basiquement l’intérêt de toute entreprise est effectivement de vendre sa production le plus cher possible, c’est-à-dire au-delà de ses coûts de production (étant entendu que ces derniers comprennent aussi bien les salaires que la rémunération du capital). Un secteur concurrentiel met une pression à la baisse sur les prix, chacun tentant de capter des parts de marché. Voila en théorie, il est vrai qu’en pratique de nombreuse fois il est constaté que des firmes ne se font pas vraiment concurrence de peur de s’engager dans une guerre des prix destructrice, et pratique de la collusion tacite.

    Mais la distribution d’électricité n’est pas encore dans un tel cas de figure car elle ne peut pas être concurrentiel pour le moment : l’ancien opérateur historique pratiquant des tarifs en dessous des coîts de prodution, une sorte de dumping si l’on veut ; d’autre part il est aussi propiriétaire du réseau ce qui fait qu’il rechigne à laisser des concurrents l’utiliser (c’est tout bête cela va de la tracasserie administrative à la lenteur de l’installation d’une nouvelle ligne). Ainsi en raison de cette concurrence déloyale les concurrents possibles pour EDF ne sont pas légion.

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  8. Bonjour,

    Excusez-moi de vous demander pardon… mais en quoi répondre à l’un des commentaires postés est hors sujet ?

    Sinon, votre réponse n’est pas totalement claire par rapport à ma question initiale, reprise dans ma deuxiéme internvetion…

    J’exprimais donc au départ mon scepticisme au sujet d’un dogme ultra-libéral, et vous le formulez ainsi : « Un secteur concurrentiel met une pression à la baisse sur les prix, chacun tentant de capter des parts de marché.VOILA EN THEORIE,/em> »

    En réalité, j’ai davantage constaté, qu’un éventuel nouveau venu propose des prix plus bas que les « acteurs traditionnels » du marché, mais plus parcequ’il n’a pas le choix, on dirait, s’il veut capter des parts de marchés… mais dés que ça marche, il aligne ses prix à la hausse…
    Et parfois, c’est encore plus dramatique, la baisse des prix est plus une manoeuvre désespérée face à une clientèle qui boude les produits du nouveau venu sur le marché, qui n’a pas de prestige et qui n’offre pas de garanti quant à la pérennité de sa gamme de produits…

    Sans parler des effets psychologiques, au moins dans certains secteurs : proposer moins cher, n’est-ce pas le signal qu’on propose moins bien que la concurrence ? :-)

    Quand je vois qu’une entreprise comme Nikon a purement et simplement racheté des parts de marché, qu’elle n’aurait sans doute jamais récupéré à la loyale

    Tout ça pour dire, que les facteurs qui concourrent à faire un prix sont divers et variés, et que la règle de « concurrence » non seulement n’a rien de systématique et d’implacable, mais peu de surcroit avoir un « impact » marginal.

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  9. Vous soulevez le problème essentiel de l’économie industrielle : quel est le marché pertinent d’un produit ? Exemple canonique de Coca Cola : 90% de parts de marché sur le cola (concurrence avec Pepsi seulement); 5-10% (de mémoire) de parts de marché sur les boissons non alcoolisées (ce qui inclus les jus de fruit et l’eau). Coca Cola prétend dur comme fer que son marché pertinent c’est les boissons non alcoolisées pour démontrer qu’il n’a pas de position dominante, c’est pas complètement faux mais ce n’est pas totalement vrai…

    La notion de substituabilité est très importante et très compliquée à évaluer car comme vous en avez l’intuition il y a aussi des concurrences hors prix et dans ces cas là l’entrée d’un concurrent moins chers n’a pas d’impact ; plus l’on se dirige vers des biens de luxe plus cela est vrai, même s’il y a aussi un certain adossement à des coûts réels. Mais de manière générale les entreprises cherchent à se créer un monopole via un effet de marque, et ce monopole leur permet de pratiquer des prix plus élevés, d’avoir des marges plus grandes.

    Mais comme le sujet parle de l’électricité j’essaye de rester dedans, et nous avons cette chance que l’électricité est parfaitement homogène quelque soit sa provenance donc la concurrence ne porte que sur le prix et sur les coûts de production.

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  10. une petite remarque , peut-etre un peu hors-sujet , mais , bon… Arrêtez s’il vous plaît de parler d’ Etat Français . L’ Etat Français , c’était sous Pétain .
    dites plutôt « En France , l’ Etat  » où  » la République Française » ou tout simplement l’Etat , quand il n’ y a pas d’mabiguité manifeste avec un autre état ( étranger ) . Mais pas de grâce l’Etat Français .
    Heureusemenr pour nous même si l’année 2009 n’est ni facile ni enthousiasmante , l’occupation allemande est terminée , la collaboration est finie , Sarkozy n’est pas Pétain , et Fillon n’est pas Laval .
    P.S. Je ne vous en veux pas personnellement , j’ai remarqué la multiplication de cette irritante tournure un peu partout ces derniers temps. Depuis un ou deux ans peut être

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  11. Votre réflexion m’a quand même fait réfléchir et voici mon interprétation : les termes « la France » ou « la République française » sont trop vagues, l’Etat est la manifestation concrète de ces notions. Ensuite nous lui accollons l’adjectif « français » car justement dans un environnement globalisé et plus particulièrement un contexte Européen il est important de noter que certaines décisions sont bien du fait de l’Etat français, comme cela au moins il n’y a pas d’ambiguité.

    Ce n’est pas une directive du ministère de l’identité française mais bien la prise en compte du contexte mondial, pas comme jadis où cela pouvait vraiment avoir un sens politique.

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  12. Boudiou, que d’erreurs là-dedans! Mais un bel effort de compréhension qui tranche radicalement avec ce que l’on peut lire ailleurs, y compris dans des journaux « papier » qui font payer ce qu’ils écrivent. Bravo!

    Dans l’ordre d’apparition dans le texte, quelques morceaux choisis:

     » L’administration étant de toute façon renflouée par l’Etat français (c’est-à-dire son contribuable), aucun problème ne se posait. »

    EDF n’était pas une administration, et cela fait au moins 25 ans que EDF ne perçoit rien de l’Etat. Par contre, dans l’autre sens, l’Etat ne se privait pas pour ponctionner. Cela n’a d’ailleurs pas changé: l’Etat en 2007 a exigé une avance sur les dividendes.
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    « tout ceci en souhaitant conserver son pré carré national (bien aidé en cela par l’Etat français) »

    Oh que non, l’Etat français n’aide pas, bien au contraire. Le seul objectif de l’Etat Français est de maintenir un prix de l’énergie compétitif pour ses entreprises, y compris en mettant EDF en difficulté financière. Croyez-vous que le cours de bourse de EDF intéresse l’Etat? Croyez-vous que l’Etat ne sera pas en mesure de le faire remonter à volonté s’il décide de vendre encore un peu de bijoux de famille? Ce n’est pas pour rien que Bruxelles a intenté une action contre la France (et pas EDF) pour « aide d’Etat »: la France donne un avantage indu aux entreprises françaises en maintenant un tarif de l’électricité déconnecté des prix de marché, et en totale infraction par rapport aux règles européennes (ex: le tartam).

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    [le prix de l'électricité] Doit-il être fixé par un tarif ou par un prix ?

    EXCELLENTE question. Bruxelles y a répondu. Le tarif n’est applicable seulement dans le cadre d’un monopole, si on veut que ce tarif soit « juste ». Mais ne vous inquiétez pas, vous allez voir réapparaître un tout nouveau « tarif » de l’électricité sous peu, qui mettre en valeur le principe purement idéologique qui a été la cause de l’ouverture du marché de l’électricité. C’est la suggestion du rapport Champsaur qui va être adoptée sous peu.

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     » Car il faut bien comprendre que tout l’argent que perd cette entreprise sera compensé par le contribuable. »

    EDF ne perd pas d’argent! Lisez les bilans… et ouvrez les yeux. EDF achète des entreprises à l’extérieur de France pour trouver des relais de croissance, et utiliser les bénéfices faits à l’extérieur de France pour combler des pertes comptablement invisibles pour l’instant (on est très loin des coûts complets, d’ailleurs soigneusement masqués par EDF) d’une entreprise qui raisonne littéralement à l’échelle du demi-siècle, qui seront engendrées par la volonté de l’Etat français de faire profiter ses citoyens et ses entreprises d’une « rente nucléaire » méritée, au nez et à la barbe de Bruxellles. Le temps de EDF n’est pas le temps des hommes politiques… Dans 20 ans, le kWh des anglais sponsorisera le kWh des français.

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  13. Ah tiens, encore quelques erreurs, du texte initial et des commentaires:

    Ce n’est pas la distribution d’électricité qui est en concurrence, c’est la production. Et surtout, ne croyez pas que ce soit du détail.

    EDF n’est pas propriétaire des réseaux de distribution. En aucune manière. Ce sont les collectivités locales. EDF n’en a que la concession. Pour l’instant.

    EDF est propriétaire du réseau de transport, au travers de sa filiale (à 100%, mais ça ne va pas durer) RTE.

    Il n’y a strictement aucune difficulté pour accéder au réseau (autre que les difficultés techniques de passage des câbles pour les nouveaux sites industriels, bâtiments, maisons, etc) pour un fournisseur concurrent. Aucune. Y a-t-il eu une seule plainte de la concurrence à ce sujet? Ce serait une manoeuvre bien trop simpliste!

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  14. @ Hervé :

    Sur le premier point : je ne dis pas spécialement que EDF perd de l’argent, si l’entreprise avait perdu de l’argent l’Etat aurait renfloué, mais un monopole public pratiquant le « coût complet » ça aurait été un comble…

    Sur le second point : c’était pour dire que la dominance de EDF sur le territoire français permet à l’Etat d’avoir la main-mise sur la gestion de l’électricité en France. Quand l’Etat maintient les tarifs bien en-dessous des prix du marché aucun concurrent ne peut avoir envie de venir, c’est la logique même. Donc oui cela aide pour la compétitivité globale des entreprises, mais cela permet aussi a EDF d’avoir un avantage sur ses concurrents.

    Sur le troisième : je pense que la question n’est pas purement idéologique, faire émerger la vrai rareté ça évite les gaspillages…

    Sur le quatrième : la notion de comptabilité tel que dans les entreprises privées est récente pour tous les anciens monopoles d’Etat c’est difficile de juger leurs véritables états même si elles ne se portent pas mal. Je ne lis pas l’avenir, pour le moment nous sommes en transition.

    Sinon la distribution est aussi en concurrence normalement (à moins que nous n’hallucinions collectivement sur les pubs des distributeurs alternatifs). Manoeuvres simplistes mais qui existent, je dis pas qu’ils font une barrière infranchissable, mais le propriétaire du réseaux peut faire des obstacles pour une raison toute simple : il préfère s’occuper en priorité de leurs clients.

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  15. « mais cela permet aussi a EDF d’avoir un avantage sur ses concurrents. »

    Non. EDF serait ravie de vendre son électricité encore plus cher. Tout ce qui est au dessus du tarif actuel serait du pur bénéfice. En considérant un différentiel de prix de 20€/MWh avec le marché, sur une production totale de l’ordre de 400TWh, ce serait un bénéfice supplémentaire de 20*400*1000000, soit 8 milliards d’Euros au bas mot. Par an. Sans rien faire de plus. Vous trouvez toujours que l’Etat avantage EDF? Je vous accorde bien volontiers qu’un tel bénéfice serait scandaleux, car il serait directement extrait des ménages et des entreprises françaises qui ont participé à la construction du parc de production si compétitif aujourd’hui.

    Et non, la distribution n’est pas en concurrence. Ce sont des fournisseurs alternatifs. La distribution, c’est un monopole, réalisé par ERDF, filiale à 100% de EDF.

    Le marché de l’électricité est un sujet complexe, atypique, non intuitif, extrêmement politique, et passionnant.

    Et la question de l’ouverture du marché est purement idéologique: l’optimum économique pour l’électricité est le monopole d’une entreprise intégrée comme EDF. La réussite d’EDF comme entreprise publique ne doit rien au hasard. Ce n’est pas parce qu’ils sont meilleurs ou je ne sais quoi: c’est la nature physique de l’électricité qui impose le modèle technico économique du monopole comme étant le plus efficace. A condition d’être sévèrement contrôlé, comme cela a été le cas jusqu’à présent.

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  16. « Sur le premier point : je ne dis pas spécialement que EDF perd de l’argent, si l’entreprise avait perdu de l’argent l’Etat aurait renfloué, mais un monopole public pratiquant le « coût complet » ça aurait été un comble… »

    Si si, vous dites que l’entreprise perd de l’argent. Ce n’est peut être pas ce que vous voulez dire, mais c’est ce qui est écrit. Je vous cite :

    » L’administration étant de toute façon renflouée par l’Etat français (c’est-à-dire son contribuable), aucun problème ne se posait. »
    Il est bien écrit que l’administration est renflouée par l’Etat de manière régulière, c’est le sens général d’un participe présent. Il n’y a pas écrit « pouvant être renflouée » par exemple.

    Quand à la comptabilité, celle d’EDF étant depuis plusieurs années maintenant aux normes IFRS, il n’y a plus de questions à se poser.

    Enfin bref! Je ne pense pas que vous ayez ni ne temps ni l’envie de vous plonger là-dedans, mais vous êtes malgré tout à côté de la plaque, malgré je le redis des efforts importants de compréhension.

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  17. Et vous vous n’avez pas tout lu. Cette phrase vient à la fin d’une partie du texte qui fait un petit flashback… EDF n’a pas toujours été l’entreprise excédantaire, il a bien fallu la mettre en place et cela a coûté à l’Etat. Après c’est sûr quand toute les centrales sont construite et amortie, la cash machine est en route. Pareil pour les normes comptable, elles sont récentes…

    Sur le terme distributeur/fournisseur, j’ai dû faire une confusion mais je ne suis pas d’accord sur la terminologie qui associe distribution au transport sur le réseau. Mais bon je ne pense pas avoir amené le lecteur à confondre en expliquant ce que cela recouvre.

    Par contre je ne suis pas d’accord si les prix d’EDF restent significativement plus bas que les prix du marché alors même si les consommateurs ont le choix alors ils gardent leurs clients captifs, c’est un choix rationel mais il y a de la concurrence déloyale pour les autres fournisseurs. J’ai essayer de faire une ynthèse autour de EDF de façon intemporelle, d’où sûrement une petite confusion sur le participe présent, pour comprendre le cadre économique de l’industrie électrique. Ce n’est pas une vision figé sur les 10 denières années avec des projections hasardeuses.

    La question du monopole comme optimum économique valait sûrement dans un petit marché fermé, maintenant sur un marché européen avec plusieurs acteurs, des technologies différentes. Une concurrence entre différents producteurs peut permettre une meilleure allocation…

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  18. Vous rendez-vous compte que dans votre commentaire précédent, vous écrivez que parce qu’une entreprise a les meilleurs moyens de production, qu’elle peut obtenir les prix les plus bas, sur le long terme, tout en servant ses clients équitablement, cela engendre une concurrence déloyale? Mais quel est le but de la concurrence au fait? Vous voulez augmenter les prix pour permettre une concurrence loyale, c’est ça?

    Plus le « marché » est gros, plus le monopole est efficace dans l’allocation des ressources à condition qu’il soit étroitement contrôlé. C’est valable pour l’électricité. Pas pour le reste. Vous appliquez les recettes toutes faites de la doctrine économique dominante (je n’ai pas dit fausse, hein, j’ai juste dit « recettes ») sans réaliser d’où elles viennent, et pourquoi elles marchent. Comme je l’ai écrit, tout ça est bien subtil.

    Et si vous ne voulez pas adopter le vocabulaire et les concepts reconnus du domaine (et pas qu’en France) comme les mot de « distribution », « transport » et « production », vous ne risquez pas de comprendre. Les réalités économiques de ces trois composantes sont très différentes, et leur séparation est imposée par la physique, rien de moins.

    Rendez-vous dans 10 ans pour voir si mes projections étaient hasardeuses. Vous vous doutez bien que sur ce sujet, j’ai un énorme avantage sur vous :-)

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  19. C’est vous qui ne comprenez pas : si le tarif EDF est en dessous de ce que doit être le prix normal du marché c’est déloyal, je ne sais même pas pourquoi vous vous voulez polémiquer là-dessus.

    Pour la grosseur du monopole, je constate juste qu’il y a plusieurs pays en Europe et que la direction d’un monopole public européen n’est pas chose simple parce que chacun veut justement pouvoir donner des avantages à ses agents domestiques. D’autres parts cela supposerait une politque d’approvisionnement en combustible coordonnée au niveau européen, de même pour les investissements à réaliser… C’est impossible.

    Je tâcherais de ne plus confondre distribution et transport ;) mais pour le reste on verra…

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  20. « C’est vous qui ne comprenez pas : si le tarif EDF est en dessous de ce que doit être le prix normal du marché c’est déloyal, je ne sais même pas pourquoi vous vous voulez polémiquer là-dessus. »

    Comment ça? Une boîte quelconque fait un produit, le vend et fait des bénéfices. Il se trouve qu’elle est plus performante et peut se permettre des prix bien plus bas que les autres. C’est déloyal de la part de cette boîte? Je pensais que ça s’appelait la concurrence.

    Une boîte quelconque aimerait faire bien plus de bénéfices que ce qu’elle n’en fait. Pour cela, elle voudrait monter ses prix pour les ramener au prix du marché. Mais on lui interdit de le faire avec des lois. C’est déloyal de la part de cette boîte?

    Les bras m’en tombent. J’espère seulement que votre thèse ne porte pas sur le marché de l’électricité en Europe, parti comme vous êtes, vous ne l’auriez pas. Ciao.

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  21. « Une boîte quelconque fait un produit, le vend et fait des bénéfices. Il se trouve qu’elle est plus performante et peut se permettre des prix bien plus bas que les autres. C’est déloyal de la part de cette boîte? Je pensais que ça s’appelait la concurrence. »

    Avant l’ouverture des marchés nationaux EDF était effectivement en surcapacité donc on ne sollicitait que très rarement les centrales marginale coûteuse. Il y avait peu d’interconnexion entre les pays, mais il en existait quand même et cela permettait aux pays de se rendre service quand ils avaients des pointes qu’ils n’arrivaient pas à satisfaire (en gros la France envoyait de l’électricité en Allemagne ou en Italie, on appellait ça « les échanges à bien plaire », je ne sais pas comment les pays payaient…)

    Maintenant EDF ne peut pas satisfaire toute la demande tout le temps sur le marché plus large, notamment très interconnecté avec l’Allemagne donc on utilise des centrales dont le coût de production est plus élevé que le parc nucléaire français, en gros les centrales à charbon et l’éolien allemand. Ce qui nous amène à une considération d’économie de base : sur un marché unique le prix est unique et il se fixe au coût marginal. Cela permettrait à EDF d’empocher ce que l’on appelle une rente d’éfficacité, la fameuse rente Ricardienne qui provient de la différence entre son propre coût marginal et le prix du marché (égal à un coût marginal d’un concurrent moins efficace).

    Tenez voici un lien, il y a deux document joints. C’est de Marcel Boiteux (qui connait un peu la question je suppose) :
    http://www.cawa.fr/rente-nucleaire-le-grand-gachis-energetique-europeen-article001950.html

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  22. Vous me forcez à répondre. En effet, vous appelez Marcel Boiteux à la rescousse… Marcel Boiteux est un des plus grands spécialistes mondiaux de la question. Je vais donc me contenter de citer ses articles, pour vous montrer que que je n’ai pas écrit autre chose que lui (comment oserais-je?).

    Il dit donc:
    « Puis l’électricité considérée comme n’importe quelle autre marchandise, un libéralisme dogmatique bruxellois ». On ne peut être plus clair. L’électricité n’est pas une marchandise comme les autres, comme je l’ai écrit plus haut. Les recettes libérales ne fonctionnent pas dans ce cas.

    « C’était le jeu normal des marchés, auquel EDF ne demandait qu’à se plier dès lors que le secteur était ouvert à la compétition.
    Et c’est ce jeu qui a été interdit ! » Exactement ce que je vous ai dit plus haut: l’Etat ne veut pas que EDF fixe ses prix librement, comme dans un marché ouvert à la concurrence.

     » l’ouverture à la concurrence va conduire inéluctablement à la hausse des prix de vente ». Et oui. Le monopole (étroitement contrôlé pour éviter les abus) est plus efficace que le marché.

    Quand aux « ventes à bien plaire », vous vous trompez totalement sur leur nature. On les appelle « à bien plaire » parce qu’elles ne sont pas régies par les tarifs réglementés. Et si vous ne savez pas comment elles se payent, comment pouvez-vous avoir un avis dessus?

    Puisque vous avez tenté d’utiliser un argument d’autorité (qui se retourne contre vous :-) ) en la personne de M Boiteux, permettez-moi de vous conseiller la lecture de Jacques Percebois (que j’ai rencontré à plusieurs reprises), qui a oublié d’être idiot, membre de la commission Champsaur et diverses instances gouvernementales étrangères liées à l’ouverture des marchés de l’électricité.

    Enfin, merci de ne pas penser que parce que c’est Internet, il n’y a que des buses ignorantes qui peuvent poster…

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  23. Ce n’est pas un argument d’autorité, c’était juste pour montrer la position schizophrène de la France : d’un côté une entreprise en lien étroit avec le gouvernement qui doit donc plaire à ses électeurs, et d’un autre côté une entreprise que l’Etat à d’une certaine façon décider de mettre en concurrence. Cette volonté de jouer à un jeu sans vouloir en respecter les règles. Si l’Etat veut récupérer l’argent d’EDF pour faire social c’est possible mais il faut que cela soit fait dans les règles du marché commun c’est tout.

    Je ne donne pas d’avis sur les ventes à bien plaire, c’est juste pour dire que les marchés n’ont jamais été totalement isolé…

    Nous ne sommes pas d’accord sur la notion d’efficacité : je réfute l’idée que parce que les prix sont inférieurs la situation est forcément meilleure, il y a forcément des déséquilibres qui se crééent. Alors est-ce que le gain des consommateurs compense la perte globale ? C’est à voir… Parce que si le prix est trop bas les agents ont tendance à surconsommer, les entreprises à sous investir. Dans un contexte de raréfaction de toute les ressources (notamment les combustibles rélativement propre pour les centrales à gaz et nucléaire ; le gaz c’est une évidence, pour le nucléaire ça l’est moins mais en ce moment il y a beaucoup de débat sur la relance du nucléaire dans le monde et je pense que le coût du combustible va grimper).

    Et je ne vous est jamais pris pour une buse, je crois quand même sur ce blog les auteurs prennent le temps de répondre à presque tous les commentaires aussi vindicatifs soient-ils et que jamais nous n’envoyons chier les gens. On est pas d’accord c’est la vie, comme vous le faisiez remarquez dans votre premier post j’essaye d’exposer un point de vue différent. Il est hélas très global mais c’est pour donner aux gens un autre point de vue que le très français : « le marché c’est mal et l’Etat est forcément bienveillant » parce que c’est faux, et je vous assure que j’essaye d’être le plus critique possible vis-à-vis de ce que j’ai appris en économie.

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  24. Quand vous écrivez  » « le marché c’est mal et l’Etat est forcément bienveillant » parce que c’est faux », je suis on ne peut plus d’accord avec vous. Ce qui ne veut pas dire que je sois d’accord avec « le marché c’est bien et l’Etat est malveillant ». D’autre part, il m’est évident que vous « n’envoyez chier » personne. Enfin, je vois bien que vous êtes « critique », relisez mon premier message. Et je vous assure que si vous voulez vous intéresser à l’électricité, vous en prenez pour un moment, et il faut commencer par « oublier » ce que vous savez des théories économiques du marché.

    A ma connaissance, l’électricité est un cas littéralement unique. C’est pour cela qu’il faut faire très attention au sens des mots (distribution, transport…) qui n’ont pas seulement le sens « habituel ». Je ne pinaille pas en disant cela.

    Le système électrique, qui inclut les clients, forme un tout hautement instable. C’est parce qu’il forme un tout que le monopole total, production, transport et distribution est le plus efficace, s’il est sévèrement encadré.

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  25. Tous les biens sont littéralement uniques, surtout en matière d’énergie et plus généralement pour les ressources non renouvelables. Les télécoms sont particuliers aussi, et au travers il y a toute l’économie de la production et valorisation des biens non rivaux. La concurrence monopolistique des marques qui produisent finalement la même chose, la concurrence purement spatiale…

    Dans le premier article j’avais commencer en rappelant que l’électricité était effectivement un bien très spécifique, les deux problème majeurs sont la non stockabilité et la nécessité de l’équilibre offre/demande. Mais même si les contrainte techniques sont très grandes le problème est de fixer un cadre économique clair où tout le monde joue le même jeu. Peut-être qu’un monopole serait efficace (mais encore une fois ce n’est pas évident tant le problème est complexe au-delà de l’aspect technique), mais c’est inapplicable concrètement dans l’Union Européenne. Et le contrôle sévère cela ne veut rien dire car il faut des moyens de coercition et si c’est l’Etat qui décide il a forcément du mal à être sévère avec lui-même (c’est peut-être un dangereux libéral mais avec Stigler et la capture des régulateurs on comprend la difficulté de la « bonne régulation » ; il y a aussi l’idée de savoir ce qu’est un « vrai coût marginal » quand il y a de gros investissments à faire pour les régulateurs, les travaux de Vickrey notamment sont très intéressants).

    L’erreur est de toujours penser qu’il faut oublier les concepts économiques de base. La science économique est imparfaite mais si on les oublie on peut faire du superbe engineering ou de la politique mais on ne fait plus d’économie…

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  26. Indécrottable! :-)

    N’oubliez pas les concepts de base: utilisez-les. Et « oubliez » les théories de marché, reconstruisez-les avec les concepts de base en tenant compte des spécificités. Et vous trouverez ce que trouve M Boiteux.

    SI je peux me permettre une analogie: c’est un peu comme si vous vous en teniez à la physique Newtonienne au voisinage d’un trou noir. Un type vient et vous dit que vous faites fausse route. Vous lui répondez que la physique Newtonienne marche. Le type vous répond: oui, c’est vrai, mais pas à côté d’un trou noir. Là c’est pareil. La théorie économique standard « marche », mais pas pour l’électricité. Elle n’est pas complètement à côté de la plaque, elle est loin d’être stupide, et elle a de beaux succès. Mais la partie « théorie des marchés » est fausse (ou incomplète, ou l’adjectif que vous voulez) dans le cas de l’électricité.

    Votre exemple sur les télécoms est biaisé: les télécoms sont une industrie de réseau pur. Les entreprises de télécoms ne produisent rien d’autre que du réseau. Ce sont les clients qui produisent l’information acheminée sur le réseau. A la limite, on pourrait assimiler RTE à une entreprise de télécom (et encore … RTE consomme en partie ce qu’elle transporte). D’ailleurs, RTE a son propre réseau télécom ( de la fibre sur les câbles électriques) qu’elle commercialise!

    Enfin bon, je n’arriverai bien entendu pas à vous convaincre, vous seul pouvez vous convaincre vous-même, à condition d’être ouvert et de passer du temps.

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  27. Un peu indécrottable ;) mais je suis totalement d’accord avec vous sur la complexité de l’électrricité et du temps, de l’ouverture nécessaire pour mieux la comprendre.

    A partir du moment où il y a échange, il y a marché. Un marché avec un monopole enverrait un signal prix forcément biaisé, à moins qu’il ne soit parfaitement régulé (mais que l’on pardonne mon sceptissisme). Et je pense qu’il faut surtout insister sur le cadre, non plus seulement Français, mais Européen (d’où le caractère quelque peu inédit du problème) et qui à ce titre exige une coopération impensable aujourd’hui si l’on voulait faire un monopole.

    Il y a toujours des avantages et des inconvénients à chaque système, en théorie le monopole régulé est toujours le plus efficace (par extension le système socialiste devait aussi être le plus efficace sur le papier) et non pas le marché, mais il y a quand même beaucoup de restrictions au bout du compte (circulation de l’information, aléa moral, …) qui font que ce n’est pas évident.

    P.S. : je ne comparais pas spécifiquement les télécoms avec l’électricité mais je disais qu’il y a toujours des spécificité finalement, ce n’est pas qu’il y ait un biais.

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