Nicolas Dupont-Aignan : « Le pouvoir a perdu le pouvoir… »
Il existe encore des hommes de droite qui croient à une autre alternative. Sur les vestiges du gaullisme et du souverainisme, Nicolas Dupont-Aignan se présente comme le dernier héraut d’armes d’une France ambitieuse et indépendante. Considérant que l’oligarchie gouvernementale a trahi le peuple, il mise désormais sur l’Histoire et sur un réveil républicain…
En compagnie de quelques confrères : Ronald du blog Intox 2007 et Vogelsong du blog Piratage(s), nous avons pu prendre le pouls de cette droite qui n’a pas encore baissé les bras face à l’hégémonie de l’UMP. Je remercie d’ailleurs chaleureusement Laurent Pinsolle qui a rendu possible cette interview.
Nicolas Dupont-Aignan séduit par le constat très lucide qu’il fait du déclin français. Qu’il s’exprime au sujet du sarkozysme ou du morcellement de notre société, son analyse semble clairvoyante et empreinte d’une grande expérience du terrain. On retrouve dans sa vision les principes fondamentaux du gaullisme : un Etat fort, un attachement aux services publics et au rôle de la France sur la scène internationale.
Mais les forces de Nicolas Dupont-Aignan sont sans doute aussi ses faiblesses. Son ancrage gaulliste n’est pas toujours adapté aux enjeux du XXIème, lorsque par exemple il rapporte l’impuissance du politique à l’influence forcément néfaste de la mondialisation, ou lorsqu’il appuie son analyse économique uniquement sur les chiffres du déficit commercial. Le protectionnisme qu’il appelle de ses vœux n’a jamais fourni que des résultats décevants, et sortir de l’Europe comme il le préconise serait aujourd’hui politiquement et économiquement suicidaire. La question de l’Union Européenne est d’ailleurs sans doute le point de divergence majeur, au sein de cette droite néo-gaulliste, entre les villepinistes et les partisans de Debout la République.
Ronald : Votre mouvement s’intitule « Debout la République », doit-on en conclure qu’elle serait tombée par terre ?
Oui, tout à fait. Nous avons fondé Debout la République en 1999, il s’agissait d’un groupe de réflexion partant du sentiment que la flamme gaulliste était éteinte au RPR – un sentiment que la création de l’UMP n’a fait que renforcer. Pour ma part, j’ai d’abord essayé de lutter de l’intérieur avant de finir par quitter l’UMP en 2007. C’est alors que Debout la République est devenu une véritable formation politique.
Les principes fondateurs de l’exception française, qui permettaient d’aller au-delà du clivage droite-gauche, sont aujourd’hui piétinés par l’oligarchie qui nous gouverne. L’élection de Nicolas Sarkozy a été l’aboutissement d’un déclin progressif de valeurs, dont l’embourgeoisement du PS était un symptôme. Il faut tenter de revenir au sens premier de notre République, à la démocratie du peuple par le peuple et pour le peuple.
Ronald) La formule résonne-t-elle encore chez les Français ?
Cela dépend. Les Français ressentent intuitivement et confusément qu’ils sont dupes de l’exercice actuel de la politique. Depuis vingt ans, les engagements électoraux ne sont pas tenus, et les problèmes ne sont pas attaqués à leur source. Le pouvoir politique a été abandonné à des féodalités intérieures et à des puissances extérieures. En tant que gaulliste, mon combat politique se rattache plus que jamais à l’indépendance de la France et au cadre national.
Les dysfonctionnements de notre République ne sont pas simplement dus à la méchanceté, au cynisme, à l’individualisme ou à l’orgueil de la classe politique : la moralité n’est ni pire ni meilleure qu’autrefois. La différence majeure entre les 20 ou 30 dernières années et le reste de notre histoire, c’est la contradiction entre la mondialisation financière et le maintien de la démocratie au niveau national. Particulièrement en France, on peut sentir que, derrière les masques du régime présidentiel, le pouvoir a perdu le pouvoir.
Le pouvoir a été abandonné à des féodalités d’intérêts, qu’il s’agisse des banques, des grandes entreprises de la distribution ou des BTP. Le Général De Gaulle disait que le pouvoir ne se fait pas par la corbeille. Aujourd’hui c’est la corbeille qui a pris le pouvoir. Au niveau local, de grandes baronnies se constituent afin de conserver ce pouvoir de décision.
Au niveau international, nous sommes pareillement inféodés, à Bruxelles avec la Commission Européenne, à Luxembourg avec la Cour de Justice Européenne, à Francfort avec la Banque Centrale Européenne, à Pékin pour la régulation du commerce international et à Washington pour le dollar. Les représentants du peuple sont littéralement dépossédés de leur pouvoir. La classe politique, en tolérant les traités de Maastricht, d’Amsterdam, de Nice, de Lisbonne… a scié la branche sur laquelle elle était assise.
Mon combat est né de cette découverte que la classe politique n’a pas le droit d’abandonner le pouvoir. Bien sur, la mondialisation oblige à des coopérations internationales. Mais il est impossible de gouverner sans conserver son pouvoir de décision. Ou alors cela se réduit au ministère de la parole, et les Français sont forcément déçus. Même si tous ne voient pas la cause première, ils sentent bien que la roue tourne à vide. Le pouvoir politique actuel est comme un vélo d’appartement, et les Français qui sont dans le porte-bagages s’aperçoivent à un moment qu’ils n’ont pas fait le chemin qu’on leur avait promis. Ils l’ont d’ailleurs clairement manifesté au moment du référendum de 2005.
Nous avons besoin d’un Etat fort, régalien, d’une école publique plus méritocratique, de services publics présents sur tout le territoire et d’un système économique d’effort et de partage. Voilà pourquoi j’ai fondé mon mouvement, et pourquoi je l’ai appelé Debout la République. Parce que la démagogie, le laxisme et l’abandon, le sommeil de la classe politique, nous a fait perdre le pouvoir.
David) Quelles sont les solutions pour vous ? La constitution d’une VIème République ?
Les débats institutionnels sont dépassés : la dernière réforme constitutionnelle n’a servi à rien sinon à renforcer la situation de parti unique à l’Assemblée.
La réponse passe par le combat politique. Il faut éviter le bipartisme à tout prix et rendre le pouvoir au peuple, comme je l’explique dans mon ouvrage intitulé « Français, reprenez le pouvoir ». Notre pays est accoutumé aux sursauts brutaux ponctuant de longs déclins : espérons qu’aujourd’hui nous n’en arriverons ni à la révolution ni à la guerre pour mettre fin à l’oligarchie.
Sommes-nous au fond condamnés à ce déclin ? Personnellement je ne le pense pas. Il y a chez le peuple français une culture pleine de vitalité, une productivité extraordinaire, une qualité de vie appréciable et un certain génie assez répandu. Il y a un décalage colossal entre cette vitalité de la société française et une oligarchie qui a pris le pouvoir au profit d’intérêts extérieurs. L’appel de Cochin prononcé par Jacques Chirac en 1976 nous le dit : il s’agit d’une oligarchie mondialisée qui veut tuer l’exception française parce qu’elle encombre le paysage. Tant que les Français n’auront pas compris qu’ils doivent se battre pour préserver cette exception, ça ne marchera pas. Outre les qualités, il y a une naïveté française qui est aussi le fruit d’un assistanat. Le drame des Français c’est qu’ils n’y croient plus, qu’ils sont résignés et ils s’enfoncent dans ce que j’appelle « le jardin familial ». La politique des jardins familiaux était une politique russe du temps de Brejnev : lorsque les kolkhozes ne marchaient pas, chacun s’affairait à son petit jardin, comme un refuge au collectivisme.
Il est de la responsabilité de tout républicain, sans distinction de parti, qui face à l’inhumanité de la mondialisation, pense que la France a un rôle à jouer pour l’humaniser, d’aller à la rencontre des Français pour mobiliser l’action citoyenne autour de principes vertueux.
David) Une politique d’Etat providence ne risque-t-elle pas de saper la confiance des banques dans la capacité d’emprunt des Français ?
Si la France doit reconquérir sa force économique, elle doit avant tout œuvrer en faveur de l’emploi, même si cela signifie désobéir au milieu des affaires mondialistes.
Vogelsong) Vous êtes d’ailleurs partisan du protectionnisme
Bien entendu. Nous devons comprendre que nous sommes engagés dans une guerre économique mondiale, où la Chine pille pour éviter d’être pillée, où les Etats-Unis défendent en tout point du globe les intérêts américains, et où l’Europe n’a rien compris.
David) Êtes-vous pour un protectionnisme européen ou français ?
Avant tout européen mais possiblement français, quitte à sortir de l’Euro si les Allemands ne modifient pas leur politique. Il faut evenir à la défense des intérêts économiques français et à l’investissement dans les secteurs stratégiques. L’Allemagne et l’Angleterre savent très bien le faire : Brown a dévalué de 30% dans l’indifférence générale. Et contrairement à ce qu’a dit Sarkozy, l’industrie anglaise est plus puissante que l’industrie française.
C’est un premier défi sans lequel il n’y aura pas d’Etat providence, et la France sera en voie de paupérisation. Le second défi, c’est la cohésion nationale, sociale et migratoire, car immigration rime aujourd’hui avec abandon. Sans un moteur économique performant et une cohésion nationale et sociale, ce sera la paupérisation d’un coté et la guerre civile de l’autre.
Ronald) Vous parlez d’Etat stratège, mais si le pouvoir économique est aux mains d’une oligarchie, comment comptez-vous vous y prendre ?
Le pouvoir économique doit être repris en main. Bien qu’étant un homme de droite, je dis qu’il faut nationaliser au moins deux banques, afin de baisser les tarifs bancaires et d’introduire de la concurrence dans le système étatique. Il faut avoir une vision stratégique des secteurs d’avenir, investir massivement dans certaines priorités, mettre en place un protectionnisme sélectif, enfin reprendre en main le secteur économique. Cela ne veut pas dire mettre en place une organisation tentaculaire. Je suis par exemple favorable à la TVA sociale, à la baisse des charges pour les PME, car c’est une aberration de prélever des charges sur l’emploi dans une économie mondialisée. Je suis également pour la suppression du bouclier fiscal et de l’ISF (du moins sur la résidence principale).
Le problème aujourd’hui c’est l’oligarchie privée, le monopole privé. Nous avons besoin de services publics forts, donc d’une une stratégie de puissance.
Ronald) Nicolas Sarkozy annonce des investissements sur les 10 à 20 prochaines années, qu’en pensez-vous ?
Nicolas Sarkozy est le roi du double langage. Sa schizophrénie personnelle est impressionnante. Je ne pense d’ailleurs pas qu’il parle toujours par cynisme, il est parfois sincère. Sarkozy a compris qu’il fallait sortir des années de gestion molle qui nous condamnaient à la faillite totale, un constat que n’a pas voulu faire la gauche de gouvernement. Il a compris par exemple qu’il fallait un grand emprunt pour investir dans les technologies d’avenir, et il a eu raison sur ce sujet. Il a compris qu’il fallait du protectionnisme, il a compris durant sa campagne de 2007 que l’Euro était une catastrophe. Le problème ce sont ses relations, ses fidélités personnelles et la manière dont il gouverne, qui sont totalement contraires à ses convictions électorales sincères.
David) Pensez-vous qu’il y a une collusion entre les médias et les différents cercles d’influences du pouvoir ?
Oui, c’est plus qu’un danger, c’est un scandale : le conformisme bête. Les chiffres du commerce extérieur ne sont plus publiés correctement dans la presse française, alors que nous allons atteindre un déficit commercial de 50 milliards d’euros.
Sur ce dernier point, il faut voir que notre base de compétitivité s’effondre. On ne peut pas tenir un pays durablement quand ce pays vend moins qu’il n’achète : ce déficit est donc beaucoup plus grave que le déficit budgétaire.
Il est le résultat d’une politique de l’Euro suicidaire au seul intérêt de l’Allemagne. Malgré notre entente avec les Allemands, nous n’avons pas d’intérêt dans une monnaie surévaluée qui ne correspond pas à notre économie.
Vous ne pouvez pas avoir des charges plus élevées que les autres pays, un Euro surévalué et un libre échange total. Ces trois points mènent à la ruine de notre économie, de notre emploi et de notre protection sociale. Le choix est donc le suivant : soit pratiquer un libre échange intégral, sortir de l’euro, dévaluer et compenser les charges élevées de notre société ; soit opter pour le protectionnisme (européen) et garder l’euro ; soit supprimer les charges et perdre en niveau de vie. I est impossible de cumuler les trois choix, mais la classe politique et médiatique refuse d’accepter cette évidence.
Vogelsong) Quand allons-nous éponger ces pertes ?
Nous le faisons déjà. Aux Etats-Unis, vous aviez la faillite de compétitivité, payée par l’endettement privée et qui a permis de maintenir la consommation. Cela a duré 10 ans, aujourd’hui c’est un système en faillite. En France, nous utilisons les déficits publics. Cela peut donc traîner jusqu’à la faillite générale.
Vogelsong) A l’époque où la France enregistrait un déficit de 40 milliards, cela était présenté comme dramatique. Aujourd’hui, il est de 116 milliards.
Cette situation peut durer un long moment, dix à quinze ans maximum. Dans ce cas, les Français vivront de plus en plus mal et l’Etat sera en faillite complète. Après une dizaine d’années, ce sera le décrochage massif et nous deviendrons une puissance de second rang.
Vogelsong) Vous avez indiqué que vous souhaitiez baisser les charges sur les PME…
Oui, tout à fait, c’est ce qu’à fait Angela Merkel avec la TVA sociale lors de son élection : elle a augmenté de trois points la TVA et a baissé les charges pesant sur l’industrie allemande, ce qui représente une dévaluation interne à l’Euro. L’effet pour l’industrie allemande a été très bénéfique.
Malheureusement pour l’instant, notre pays travaille dans l’amateurisme, la démagogie et l’absence de vision générale, avec d’un coté une gauche laxiste et embourgeoisée et de l’autre une droite de classe et de privilèges.
David) Une autre alternative à droite est-elle encore possible ?
Je suis convaincu que l’alternative ne sera pas à gauche mais à droite ou au centre, compte tenu de la sociologie française. A titre personnel, je souhaite construire une alternative politique sérieuse.
David) Seriez-vous prêt à vous ranger derrière un candidat portant un projet correspondant à votre sensibilité ?
Oui, je n’ai pas vocation à être un éternel candidat à la présidentielle, sauf si comme en 2007 il n’y a personne d’autre que moi pour défendre les idéaux républicains et gaullistes dont je vous parle.
Vogelsong) Que pensez-vous de François Bayrou ?
Bayrou est un très bon analyste de la société française et du sarkozysme. Seulement, il ne donne aucun élément de réponse pour remédier à la situation. Vous ne redonnerez pas une cohésion sociale et nationale à un pays dans l’échec économique et en acceptant l’Europe de la ruine et du malthusianisme. C’est là où j’ai un désaccord profond avec Bayrou.
La France est aujourd’hui dans une nasse. A données constantes, le problème français n’est pas résoluble puisque les dirigeants politiques ont mis la France dans une situation de dépendance. La caste qui nous gouverne est prisonnière de schémas de pensée sur la mondialisation libérale, sur l’euro, la coopération européenne, l’immigration, dont elle ne sera peut-être libérée qu’à la prochaine explosion urbaine.
Vogelsong) Les explosions urbaines sont pourtant l’une des raisons avancées par Nicolas Sarkozy pour mettre en place des politiques sécuritaires.
Le peuple se rendra compte à un moment qu’il s’agit de discours. Le problème du sarkozysme, c’est la fuite en avant contrainte dans le discours pour faire oublier l’échec de la pratique.
Cette année, 8000 postes policiers sont supprimés et on nous explique que la lutte contre la délinquance sera plus efficace. La vérité se fera, mais comme des espoirs étaient nés, notamment dans les classes populaires, la déception sera violente.
Aujourd’hui, personne ne semble avoir d’alternative à offrir, et c’est la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy s’applique à brider les médias et à conserver le bipartisme. Une gauche bien-pensante en face d’une droite libérale : c’est actuellement la seule issue pour Nicolas Sarkozy, jusqu’à ce que la vérité l‘emporte.
Je souhaite construire un parti politique présent partout en France, avec une base de 10 000 adhérents. Nous avons reçu 300 000 voix aux européennes, ce que personne n’a remarqué. Le soir de l’élection européenne, nous avons été zappés des écrans, notre score n’a pas été inscrit : le Ministère de l’Intérieur nous avait classés parmi les « Divers droite ». Ce n’est pas un hasard, car si je réussis mon pari et que mon mouvement se développe, il mettra en péril la cohésion de l’UMP. Je ne suis pas un extrémiste, et je suis donc beaucoup plus dangereux pour Nicolas Sarkozy qu’un Le Pen ou qu’un Besancenot. Ceux-là sont plutôt les avocats du régime, alors qu’une personnalité politique raisonnable mais dont le discours échappe à la doxa peut mettre en danger la droite sarkozyste, et ce précisément grâce au vote populaire déçu par Nicolas Sarkozy.
David) Sur le plan de la politique internationale, que pensez-vous de Nicolas Sarkozy ? Le trouvez-vous crédible ?
Nicolas Sarkozy est d’un amateurisme complet sur les questions intérieures, mais cohérent dans sa politique internationale, que je combats de toutes mes forces. S’il est un domaine où Nicolas Sarkozy fait preuve de constance et de volontarisme, c’est sur sa politique étrangère, qui est une politique néoconservatrice et atlantiste. Il a réussi à réintégrer la France au commandement de l’OTAN sans l’annoncer, il a engagé 2000 soldats de plus en Afghanistan, il a abandonné la politique arabe de la France au profit de l’Etat d’Israël.
David) Quelle doit être la place de la France dans l’Europe ? Quel est votre projet européen ?
L’Europe est indispensable pour que la France pèse dans le monde. En revanche, la France ne peut peser dans une Europe à 27 que si elle refuse la loi de la majorité et qu’elle se bat pour une Europe à géométrie variable et de coopération. Parce qu’à 27, nous sommes minoritaires sur tous les sujets qui fondent l’exception française (laïcité, protectionnisme, services publics…). Pour reprendre une citation de Marie-France Garaud, c’est comme si un chef d’entreprise travaillait dans une entreprise comme associé minoritaire. Nous avons signé des traités qui nous mettent en minorité sur tous les sujets importants. Le traité de Lisbonne va être dramatique sur un point majeur, les négociations avec l’OMC. Pourquoi avons-nous une telle influence depuis 20 ans dans les négociations ? Parce que nous disposons d’un droit de véto et que si la France l’utilise, le mandat du commissaire européen est bloqué. C’est comme ça que nous avons gagné à chaque fois, comme Balladur au GATT en 1992.
David) Vous seriez pour un « pool » d’Etats ?
Non, même pas, simplement à la carte mais au gré des sujets. Une Europe intergouvernementale capable de s’accorder sur des projets communs sans passer par Bruxelles, comme dans le cas d’Airbus.
David) Comment peut-on avoir une ligne directrice lors des grands sommets en étant à ce point déstructuré ?
Il faut coopérer avant tout avec les quatre grands pays européens (France, Italie, Allemagne, Grande-Bretagne) plus la Russie et le Maghreb. L’Europe supranationale est morte. Ce rêve de la fin de la guerre est dépassé.
David) Quels sont les mérites de l’Europe ?
La paix, et les échanges.
David) Barack Obama a dit : « Le XXIeme siècle sera sino-américain » : n’avons-nous pas besoin d’une Europe forte pour lutter face à cette duopole ?
La voix de l’Europe émergera grâce à des projets concrets, pas dans la tour de Babel actuelle. Actuellement, l’Europe institutionnelle est celle du nivellement par le bas. Le Traité de Lisbonne va confier encore plus de pouvoir à des gens qui ont échoué et qui désarment l’Europe. En ce sens, le défi de l’Europe est avant tout économique et scientifique.
David) Pourtant, le cadre institutionnel actuel pourrait servir de socle à de nouveaux projets…
Le cadre dont vous parlez a fait de l’Europe un mélange d’Allemagne et d’Angleterre. Nous avons le système social et la dérégulation anglaise et la puissance allemande. Ces mauvais résultats devraient nous empêcher de rêver à de nouveaux projets sans remettre en question la forme actuelle de l’Europe.
L’Europe est un vecteur de progrès à condition qu’elle serve les peuples dans la guerre économique mondialisée.
Vogelsong) Ressentez-vous un écho donné à vos opinions dans les urnes ?
Non, parce que nous sommes assimilés à des anti-européens. Ensuite, nous n’avons pas la force de frappe politique et militante pour délivrer ce message. Pourtant même Barack Obama sera contraint de revenir tôt ou tard au protectionnisme face aux exportations chinoises. Mais ce discours ne passe pas car il casse en quelque sorte un rêve. Le jour où les Français s’en rendront compte, ils adhéreront à nos solutions. Je suis convaincu que notre discours portera.
Vogelsong) N’est-ce pas alarmiste ? Que penser de la classe politique actuelle ?
Ce sont des gens raisonnables qui pensent que les choses vont s’améliorer. Ils croient à leurs rêves, ils n’ont pas vécu le tragique de l’histoire. Ils pensent que le discours peut remplacer l’action, mais il y a un moment où l’on passe à la caisse.
Observez les phénomènes de déclin dans l’histoire. Entre l’origine et le moment final, il y a du temps. La France est un pays riche, elle a des succès mais elle vit une dégradation qui, si elle est lente, est bien concrète.
Ronald) Quels sont les tabous de notre classe politique ?
Il y a le tabou de l’Europe unie, c’est un mythe de substitution. On se déresponsabilise. On vit dans un mirage médiatique, c’est tellement plus facile d’être dans un monde idéal et virtuel. Nous parlons d’un pays qui truque les statistiques du chômage depuis deux décennies.
Je suis convaincu que notre pays a plein de ressorts. Les relations avec l’Afrique est essentielle et devrait être au centre de nos préoccupations. Quand vous regardez le monde actuellement, vous avez d’un coté l’Amérique du Nord et latine qui se développent, la tranche asiatique avec un développement extraordinaire et enfin un grand ventre mou avec une Europe inconsciente et endormie.
Je ne dis pas que toutes les solutions que je défends sont parfaites : je souhaite avant tout provoquer une réaction.
Ronald) Pourquoi ne pas unifier la sécession envers la droite sarkozyste organisée ?
Je ne peux pas faire plus, je suis déjà le seul UMP à oser quitter le parti. Demain, la majorité basculera peut-être à l’assemblée, grâce aux villepinistes. Mais pour l’instant, je ne peux pas faire plus. Toute résistance est appelée à se développer.
David) Comment expliquez-vous que les hommes politiques, souvent critiques envers l’Europe à leurs débuts, adoptent peu à peu le consensus ?
Parce qu’ils se rendent compte que la France toute seule ne peut pas tout faire. Mais je suis convaincu que si l’on ne réagit pas rapidement, l’Europe en fera les frais. Lisez le livre « Après la démocratie » d’Emmanuel Todd pour vous en rendre compte.
Vogelsong) Une dernière pensée pour Internet ?
C’est pour moi un vecteur d’expression et un outil de mobilisation, sans lequel mon parti n’aurait jamais pu exister. J’ai une newsletter que j’envois à près de 26 000 membres.
Internet est essentiel aujourd’hui : la blogosphère est le seul élément de liberté politique dont nous disposons encore dans notre système.
A lire aussi :
Piratage (s) – Entretien avec N. Dupont-Aignan – Le pouvoir a perdu le pouvoir
Intox 2007 – Le plan secret de NDA
Article relayé par :

19 oct 2009 







Info auteur
Merci bien pour cette interview très instructive.
Je pense qu’il y a eu un contresens dans la transcription de l’entretien : le Général de Gaulle a bien évidemment toujours soutenu que la politique ne se faisait pas à la corbeille (au lieu de « Le Général De Gaulle disait que le pouvoir se fait par la corbeille » dans l’entretien avec NDA).
Nicolas Dupont-Aignan affiche toujours ses convictions gaullistes avec sincérité et c’est bien rare dans notre monde politique actuel ! Je ne partage pas tous ses combats mais je me retrouve sur l’essentiel : revenir aux fondamentaux de la Ve République et retrouver un Etat fort, intelligent et efficace. Vaste programme !
[...] Reversus – Entretien avec Nicolas Dupont-Aignan [...]
Interview très décevante où NDA confirme qu’il vise actuellement un créneau clairement situé à droite espérant certainement surfer sur la déconfiture de l’UMP empêtrée dans les affaires de la taxe carbone ; Fred. Mitterrand ou Jean Sarkozy… quelle ambition !
Le gaullisme n’est pas et ne sera jamais un faire valoir pour ressusciter la droite, fut-elle républicaine.
En cela NDA prouve une nouvelle fois qu’il n’a rien compris au positionnement politique des valeurs qu’il entend défendre.
[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Dagrouik et Mancioday, Mancioday. Mancioday a dit: Entretien avec Nicolas Dupont-Aignan http://bit.ly/VE7Ou [...]
Affaire de Karachi : la Direction des Constructions Navales confirme la piste des rétrocommissions en France.
http://www.mediapart.fr/article/offert/cf9dde56c3421bc95c3186b4e77456e2
Félicitations pour cet interview rondement mené qui démontre une fois de plus que si l’on arrive à dépasser les clivages droite/gauche qui sont devenus artificiels principalement à cause du PS, NDA mérite qu’on lui fasse confiance. Que risquons nous à essayer ?
Je suis par contre surpris par plusieurs aspects de votre introduction qui me paraissent être des raccourcis quelque peu approximatifs.
1) « Son ancrage gaulliste n’est pas toujours adapté aux enjeux du XXIème »
Je vous recommande de lire « C’était de Gaulle » par Peyrefitte et vous constaterez combien la pensée et l’action du Général de Gaulle peuvent être d’actualité.
2) « Le protectionnisme n’a jamais fourni que des résultats décevants »
Je n’ai pas la possibilité de développer ici mais cette affirmation est rigoureusement fausse. Il faudrait déjà parler « des » protectionnismes et non « du » protectionnisme. L’histoire est pleine d’exemples de pays qui se sont construits en mettant en place certaines formes de protectionnisme (Angleterre, Japon, …) et encore maintenant nous vivons dans un monde où de nombreuses formes de protectionnisme sont en place.
3) « sortir de l’Europe serait aujourd’hui politiquement et économiquement suicidaire »
Vous me permettrez une pointe d’ironie : félicitations, on va appeler cela le théorème de Reversus… si vous arrivez à le démontrer. Sinon on se contentera d’un axiome mais alors il n’a aucune valeur à mes yeux.
Sans rentrer dans les détails économiques, pour que cela soit un suicide politique il faudrait déjà que l’Europe politique existe et ça, ce n’est pas pour demain !
@ Lee 73
Bien vu, j’ai corrigé.
Je rejoins NDA sur un grand nombre de points également.
@ Denis
Il se place à droite dans l’échiquier politique mais appelle malgré tout à un sursaut républicain. Il y a chez lui, une volonté de consensus que l’on ne peut pas nier.
@ RST
1) Sur la question de « l’ancrage gaulliste », ce que je souhaitais dire c’est que j’ai l’impression qu’il n’a pas totalement adapté le gaullisme aux enjeux du monde contemporain. Je ne remets pas en cause le gaullisme en soi mais l’utilisation qu’il en fait. A mon sens, Dominique de Villepin en a une lecture beaucoup plus moderne.
2) Sur le protectionnisme, je renvoie comme dans l’interview au très bon article de Philippe Martin. Après il est certain que c’est un éternel débat et je ne prétends pas disposer de la « sainte vérité », j’exposais seulement mon avis. Nicolas Dupont Aignan ne fait pas de distinction entre les différents protectionnisme, par conséquent, c’est difficile pour moi d’en faire ensuite.
3) Sur la question du suicide économique et si mon analyse s’en tient à la question de la monnaie unique qui est discutée dans l’interview, je pense que l’euro n’est pas encore un instrument de puissance mais il en a le potentiel. Le succès quantitatif est indéniable (2eme monnaie internationale de réserve, 1ere monnaie d’émission obligataire). L’Euro est un moyen à court ou moyen terme d’assurer notre indépendance économique et financière. Sortir de l’euro maintenant serait un contre sens complet.
Certes on connait ses défauts mais si l’on veut obtenir des résultat concrets et nécessaires, il faudra réformer les statuts de la BCE, mettre en place un gouvernement économique de la zone euro. Il serait également primordiale de nommer un « Monsieur Euro » afin de veiller aux intérêts de notre monnaie lors du sommet du FMI ou du G7
Sur la question du politique, sortir de l’Europe aujourd’hui, ça serait accepté de devenir une puissance de second rang. Je vous renvoie au colloque de Dominique de Villepin sur la question et à cette problématique : « Quand nous faisons le compte des conquêtes de l’Europe : l’individu, la démocratie, la paix, le commerce. Notre capacité à être en tête devrait-elle s’arrêter là ? »
Cher David, désolé de vous contredire mais vouloir construire une alternative à droite ne rime pas chez moi avec consensus ou rassemblement…
Il suffit de relire son interview à Libération de la semaine dernière : « Les parlementaires UMP évolueront le jour où ils auront le sentiment qu’une alternative à droite peut gagner. Je suis convaincu que les Français ne veulent pas du retour de la gauche et qu’ils ne supporteront bientôt plus le pouvoir sarkozyste. Il faut s’organiser pour préparer la suite. »
Les discours ne font pas tout si les actes ne correspondent pas à ce qui est affiché « pour attirer le chaland ».
@ RST
Pour vos exemples (des « protections des industries naissantes ») ce sont des cas particuliers. Puisque nous parlons de gaullisme qu’est devenu le programme lancé par De Gaulle pour dévélopper la production d’ordinateur en France ? Bon il suffit de voir qu’aujourd’hui la France n’exporte pas d’ordinateur pour voir que ça a complètement foiré… Le problème de ce genre de protectionnisme est en général que des politiques et des administratifs doivent décider et organiser des innovations dans lesquelles ils ne connaissent rien.
Si on se place aussi dans l’optique, à la Krugman je crois, avec des stratégies de développement pour « gagner » dans l’échange international en misant sur les industries à rendements croissant, avec effet d’entrainement, nous voyons que les résultats sont aussi aléatoires. La preuve avec Airbus qui coûte une fortune depuis des années et ne rapportera peut-être rien (par contre les dirigeant de EADS eux ils toutchent je vous rassure). C’est le problème de toute les planification en quelque sorte, le coût d’opportunité…
Ensuite il y a toujours le problème de la guerre des protectionnismes (mais NDA pensent que nous sommes en guerre avec la Chine) qui ne peut rien amener de bon. C’est d’autant plus dommage que même d’un point de vue éthique c’est dérangeant : pour quel motif valable peut-on interdire à quelqu’un d’exporter ou d’importer ? Que les chinois le fasse, c’est plutôt leur problème mais il parait qu’ici nous sommes libres…
Pour finir, il faut aider ce qui doit être aider : c’est-à-dire adoucir les chocs. Il y a des secteurs d’activité qui sont parfois condamner à disparaitre, il faut donc les aider soit pour les remettre d’aplomb soit pour que la transition se fasse en douceur, mais il ne faut pas tomber dans l’assistance parce que ça fini toujours par coûter trop cher pour pas grand chose…
Dextra versus Sinistra
La sinistre Gauche et la Droite désorientée combattent dans un hémicyclique
Nous sommes en 2009 selon le calendrier Grégorien, la régression républicaine est à son comble
Extrait d’un article que l’on peut lire avec Internet sur Wikiédia
Dans un parlement, une « salle des scéances » disposée en hémicycle doit, théoriquement, être destinée à favoriser les consensus entre les groupes politiques surtout lorsqu’il s’agit d’un système démocratique où le multipartisme domine. Les parlementaires faisant alors face au président et à son bureau.
Par contre, l’agencement dans une salle rectangulaire en usage selon le système de Westminster et hérité du bipartisme, où majorité et opposition se font face, aurait plutôt tendance à favoriser les confrontations. Le président (ou « speaker ») placé à l’une des extrémités de la pièce entre ces groupes antagonistes, se retrouvant ainsi en position d’arbitre.
En France, l’Hémicycle désigne plus particulièrement la « salle des séances » du Palais Bourbon, siège de l’Assemblée nationale.
Nicolas Sarkozy ne sait plus vraiment où il se trouve, il est vraiment désorienté, d’ailleurs comment être orienté quand on doit se vouer à tant de groupes différents.
Pour en revenir sur la question du protectionnisme,
il faut d’abord noter que Nicolas Dupont-Aignan ne fait qu’éfleurer la question. Je voudrais vous rassurer: Nicolas Dupont-Aignan ne remet pas en cause les échanges de biens et de marchandises, mais il cherche à rétablir une concurrence saine, avec, disons-le, un protectionnisme assumé sur certaines matières (et notamment l’agriculture).
Le problème, c’est que le protectionnisme est présent partout, mais pas seulement sous forme des barrières tarifaires. C’est en premier lieu la question de la monnaie, que NDA pointe lorsqu’il parle de la livre sterling. Aujourd’hui, le dindon de la farce, c’est la zone euro qui voit sa compétitivité laminée, à l’exception de l’Allemagne, qui, forte dans les secteurs des biens de productions et la qualité de ses produits industriels, ne la subit pas trop. En l’absence de changement de politique monétaire, il faudra bien réagir!!
Amicalement,
Tythan (adhérent DLR)
@ Tythan
Mouais, les dévaluations compétitives on a déjà tenté le coups X fois en France dans le passé, ça avait donné des résultats probants ? La vérité c’est que si on a rien de bien à exporter ça sert à rien… Alors que bizarrement les allemands sont compétitifs même avec un euro fort, mais bon je reconnais que c’est pas vendeur de dire ça
@ Tythan
Deux remarques:
i) La Grande Bretagne n’a pas dévalué sa monnaie. Le GBP était au contraire surévalué jusqu’en septembre 2008. La crise couplée aux inquiétudes quant à l’état de l’économie et des finances publiques ont induit une correction brutale du sterling. L’économie britannique étant peu basée sur l’exportation, les effets sur croissance sont et seront assez modestes.
ii) La France est une économie tournée vers la demande domestique, ne surévaluons pas l’effet d’une une baisse du taux de change sur l’activité économique.
@ RST
Bien sûr, certaines économies se sont développées avec succès en privilégiant la protection de leurs industries naissantes.
Simplement ce qu’il faut regarder, c’est quelles sont les effets des barrières protectionnistes sur un secteur qui est soit mature soit déjà libéralisé. Généralement les études convergent vers les résultats cités par Martin et reproduits par David plus haut.
Il y a d’autres cas où les politiques protectionnistes sont efficaces et justifiées, notamment celui des industries vieillissantes, symétrique des industries naissantes, dévelopés en France par Maurice Allay ou Jeanneney notamment. La protection de l’environnement, du modèle social peuvent également être cités.
Je vais me répéter, mais il faut bien comprendre que le libre échange sans protection est une illusion, cela n’existe pas réellement: il y a et il y aura toujours des pratiques protectionnistes, le tout est de ne pas être le dindon de la farce!!!
@ Seb Je ne suis pas un spécialiste des évolutions de la livre sterling… Mais le fait est qu’aujourd’hui, mes amis expatriés à Londres tirent la langue et qu’ils m’expliquent que la livre n’est pas à sa parité réelle (en PPA). Et j’ai plutôt tendance à les croire, vu qu’ils sont tous dans la finance…. Maintenant, si vous voulez me montrer les chiffres, je suis preneur et tout disposé à vous rejoindre! Surout, vous oubliez que la monnaie a également un fort effet sur les importations!
Il est vrai que la France est majoritairement tournée vers le marché intérieur… Mais enfin le commerce international représente tout de même 54,7% de notre PIB, les seules exportations de marchandises représentent 552 milliards de dollars soit plus de 20% du PIB en 2007… Autrement dit, une baisse de 1% des exportations se traduit par une chute du PIB de 0,2%…
@ Tythan
i) Le problème des barrières non tarifaires sont les mêmes que pour les barrières tarifaires. Si on pense que celui sur qui on impose ce type de barrière ne fera pas de même, on se met le doigt dans l’œil. Et lorsque cela se produit tout le monde est perdant, et les études empiriques le montre bien. Je suis d’accord sur le fait que le libre échange total est une illusion d’un point de vue non tarifaire.
ii) Sur le GBP je vous laisse consulter ce fichier sur la PPA contre dollar. Celle-ci est de 0,65 environ. en Septembre 2007 la livre sterling valait USD/GBP 0,47 et environ 0,6 en ce moment. Elle est donc légèrement surévalué contre dollar. En revanche contre l’EUR, elle est sous évaluée mais comme je l’ai exprimé dans le post précédent, la santé de l’économie et des finances publiques inquiètent sérieusement les investisseurs étrangers et cela pèse sur son taux de change.
iii) En ce qui concerne le commerce extérieur, je ne dément pas l’effet mais il est faible, du moins dans le cas des UK. J’ai regardé les chiffres et on observe peut d’effets de la baisse du change. Les exportations ont chuté rapidement sur la même période. Les importations ont chuté à la même vitesse a peu près. Au final la contribution au PIB a été faible. D’ailleurs à ce sujet, les UK ont enregistré leurs 6e trimestre consécutifs de décroissance du PIB en ce 3e trimestre (-0,4%; bien sûr le chiffre peut être révisé).
iv) La contribution aux PIB dépend des exportations nettes donc le chiffre des 552 milliards n’est pas le bon. Ensuite les exportations ne sont pas toujours très sensibles au change. Voir ici.
Merci pour votre réponse, seb.
i) Mais on est bien d’accord. Sauf que les autres le font en ce moment… Il faut leur faire cesser ces pratiques avant de se désarmer, sinon, on va se retrouver dindons de la farce!
ii) Pour la GB, je veux bien vous suivre. Mais enfin, vous me semblez oublier que le dollar est totalement sous-évalué, non? Le fait est que ce niveau bas ne semble pas trop émouvoir les britanniques.
iii) En fait, le cas anglais m’importe peu. Ce qui m’intéresse, c’est l’effet sur la France. Mais vous avez sûrement raison. Il n’empêche que, même pour un effet faible, les anglais cherchent à dévaluer leur monnaie. D’autant que plus cette dévaluation sera durable, et plus l’effet sera important, non?
iv) Je ne comprends pas bien votre terme d’exportation nette? Pour moi, exportation nette, ce serait X-M, soit le solde de la balance commerciale. Mais le PIB se calcule (je parle de son élaboration) du côté de la seule production… A moins que vous ne parliez des importations nécessaires afin de produire ces exportations? Mais ça ne changerait pas grand chose non plus…
Bref, j’attends vos lumières sur ce point! Encore merci de votre réponse (mes études d’économie, pourtant pas si anciennes, me paraissent loin!),
Tythan
@ Tythan
i) J’avoue que je connais mal l’importance des barrières non tarifaires. C’est évidemment beaucoup plus difficile à mesurer que les tarifs douaniers. Je suis incapable de dire si cela pèse réellement sur le commerce international ou si ce n’est que quelques secteurs par pays.
ii) et iii) Les anglais ne se plaignent pas mais ils n’ont pas dévalué. Pour dévaluer il faut que la Banque Centrale vende des réserves de changes. Ce qui n’a pas été le cas. La dévaluation n’a qu’un effet temporaire qui dure le temps de l’ajustement.
iii) Oui c’est bien X – M. On peut mesurer le PIB de la manière suivante: Y = C+I+(X-M)+(G-T). Pour obtenir la contribution à la croissance du PIB il suffit simplement de réecrire cette identité en taux de croissance.
Mais l’habitude de raisonner en nette m’a induit en erreur. Votre calcul est a peu près correct. Le chiffre que vous obtenez n’est pas à négliger bien sûr mais il est plutôt faible. Si vous ajoutez à cela que 70% du commerce extérieur français est réalisé au sein de la zone euro, l’effet change est d’autant plus réduit.
D’accord, je vais essayer de lire vos liens, mais j’avoue que c’est le week-end et que j’ai la flemme…
Si j’ai dit que les anglais avaient dévalué, c’est un abus de langage… Disons plutôt qu’ils ont laissé leur monnaie filer sans trop s’en émouvoir… C’est exactement le comportement que devrait avoir la BCE selon moi (et réagir plus fortement si cela ne suffisait pas…)
Cordialement,
Tythan
Pour moi, le terme dévaluation recouvre une signification précise, forcément si on a pas la même définition, on peut pas être d’accord
Qu’ils ne s’émeuvent guère d’une baisse leur monnaie, c’est certain. Mais il faut relativiser l’effet que cela produira.
Enfin, l’euro réagit en général assez peu aux commentaires de la BCE.
Rien n’autorise un pays importateur à s’approprier le montant de la réévaluation justifiée d’une marchandise qui ne lui appartient pas. Cette évidence montre que la taxe, dite protectionniste, appliqée sainement, perd son caractère protectionniste et devient la bone solution pour organiser correctement le commerce mondial.
La TAXE DE COMPLEMENT DE PAIEMENT: Cette taxe sera perçue par le pays importateur, si elle est nécessaire, pour faire disparaître une différence de prix excessive, inacceptable, pour le maintien de l’équilibre de son marché intérieur. Le taux de cette taxe sera fixé de façon à laisser aux produits importés un caractère suffisamment attractif.
Elle sera évaluée à la suite d’une concertation entre le pays importateur et le pays exportateur. Cette taxe sera affectée d’une correction inversement proportionnelle à la variation du taux de change des devises en cause afin de garantir, aux deux pays, la stabilité de la valeur internationale des marchandises.
Cette taxe perçue par le pays importateur, le sera au profit du pays exportateur, même si ce dernier est le mieux nanti. Il ne s’agit pas de créer un système d’assistanat ou protectionniste mais d’organiser un commerce internatioalnormal et équilibré.
Cette taxe sera comptabilisée en « avoir douanier » à la disposition du pays exportateur, lui permettant d’acquérir chez son client n’importe quel produit.
Les pays possesseurs d’avoirs douaniers, dans des pays différents, pourront échanger à valeur égale, leurs « avoirs douaniers » afin de faciliter les échanges commerciaux. Le taux de change monétaire et celuide la taxe de complément de paiement concernant les deux monnaies seront alors appliqués pour garantir à » l’avoir douanier » un pouvoir d’achat constant.
A SUIVRE.
SUITE DE LA T.C.P.
Si des chefs d’états engageaient des actions néfastes au bon fonctionnement du commerce mondial ou refusaient de s’équiper de sources d’énergies non polluantes, les états menbres de cette nouvelle O.M.C. disposeraient de l’arme du » gel des avoirs douaniers » pour faire pression sur ces pays.
CONSEQUENCES:
- Protection des marchés intérieurs de l’importateur et de l’exportateur.
- Rémunération normale des marchandises
-Favorise les échanges commerciaux en provoquant la stabilité des prix entre les pays en relation commerciale.
-Elimine les délocalisations « vicieuses » dont l’objectif est de fournir en dehors du pays d’implantation.
-N’entrave pas les délocalisations qui ont pour objectif de fournir dans le pays d’implantation.
-Elimine la spéculation sur les monnaies en stabilisant ces dernières.
-Rend le marché boursier plus réaliste et plus stable ce qui désamorce la spéculation.
-Rend à la monnaie sa caractéristique de vecteur destiné à favoriser le commerce en lui faisant perdre son caractère usurpé de marchandise.
-A terme, provoque la disparition de l’immigration clandestine en permettant aux pays en voie de développement de fournir des équipements à des prix correspondants au pouvoir d’achat de leurs citoyens, ce qui augmente leurs capacités de création de richesse, et de réaliser les infrastructures nécessaires à leur populations.
Noël auteur de la TVA SOCIALE ET DE LA TAXE DE COMPLEMENT DE PAIEMENT
Mr Dupont-SaintAignan,
Votre analyse de la situation est très bonne et très juste mais le remède que vous préconisez est très mauvais. D’abord confier la gestion de l’Argent et des Marchés financiers aux Politiques c’est laisser le bol de lait à la garde du chat. Deuxièmement votre sortie de l’Europe serait suicidaire. D’accord avec vous que l’élargissemnt de l’Europe a été constitué et agrandit pour que Dadonne vende plus de yaourts,que Veolia nettoie plus d’eaux usées, que Vivandi et consoeurs fassent plus de prestations, que tous ces Groupes financiers fassent plus d’Argent peut importe les conséquences financièrespour les contribuables Il aurait fallu garder l’Europe des Douze, c’était plus saint et suffisement fort pour résister à une crise financière comme actuellement. Il faut savoir choisir ses partenaires.dans la vie.Mais ces choix ont bien été des choix faits par les Politiques en dernier le Traité de Lisbonne non voté par les citoyens et contribuables mais uniquement approuvés par les Politiques. C’était plus sûr pour eux.!!!
[...] lorsque j’avais rencontré Nicolas Dupont-Aignan il y a moins d’un an, il m’avait confié qu’il avait déjà proposé à plusieurs [...]