La peur du déclassement, une sociologie des récessions

La société française s’est construite sur une conception forte du statut. En conséquence , celui-ci est particulièrement protégé  et ce au détriment de ceux qui n’en disposent pas (les chômeurs, les jeunes…). Pourtant la peur du déclassement social n’a jamais été aussi forte. Eric Maurin tente d’analyser ce paradoxe…

declassement

Eric Maurin fait partie de ces économistes qui ne peuvent s’empêcher d’empiéter, souvent avec bonheur, sur des problématiques habituellement réservées à d’autres disciplines, notamment la sociologie. En conservant l’angle économique comme base de son raisonnement, il analyse soigneusement, au plus près des chiffres, les divers phénomènes sociaux. Le résultat est souvent excellent. Ainsi, parmi ses précédents ouvrages, on retrouve deux très bons essais traitant respectivement du séparatisme sociale et de la démocratisation scolaire. Et on peut déjà dire que ce dernier ouvrage, « la peur du déclassement » est dans la droite lignée de ses prédécesseurs. La thèse est ambitieuse mais solidement argumentée et place au final les bases du débat à un niveau élevé.

La thèse de l’auteur est la suivante : si la peur du déclassement n’a cessé de progresser durant cette dernière décennie pour atteindre son paroxysme durant la crise  (en 2008 un sondage indiquait que 48% des français estimait possible le fait de devenir SDF), ce n’est pas parce que le risque de perdre son statut est plus grand qu’auparavant, mais parce que les pertes induites n’ont jamais été aussi importantes. Eric Maurin construit son analyse en s’appuyant sur deux périodes de récession (celle de 1973 et de 1993) qu’il considère comme déterminantes pour comprendre le contexte actuel.

L’émergence d’une société à statuts

La première partie du livre traite principalement de la récession de la fin des années 1970 qui suit le choc pétrolier. Elle est marquée par l’émergence d’une société aux statuts caractérisés par différents degrés de protection. L’auteur montre comment les autorités politiques, convaincues que la montée du chômage ne serait qu’un phénomène temporaire, ont renforcé la protection de l’emploi (contrôle administratif des licenciements, garanties de progressions salariales du SMIC) conduisant, à quelques modifications près, au contrat CDI tel qu’on le connait aujourd’hui. Au final, et contrairement aux idées reçues, l’essoufflement de la croissance suite au choc pétrolier de 1973 s’est traduite en France par une réponse conservatrice en matière d’emploi et non par une réponse de type thatchérienne.

Cette évolution des conditions de travail induit naturellement une augmentation importante du coût réel des embauches au salaire minimum, qui a doublé entre le début des années 1970 et le début des années 1980. Le problème est que la productivité des nouveaux venus sur le marché du travail n’a pas suivi la même progression. De ce fait, le chômage des jeunes non qualifiés a continué de grimper rapidement sur cette même période, et ce malgré la reprise économique, causant une inégalité croissante entre les salariés déjà en emploi et ceux qui ne l’étaient pas encore.

Lorsque le gouvernement s’est rendu compte que la problématique du chômage n’était pas temporaire (le taux de chômage des personnes entrées sur le marché du travail depuis moins de 5 ans atteint 22% en 1980 contre 13% en 1975), il a décidé de mettre en place un module complémentaire destinée aux nouveaux venus et plus généralement adressé à ceux qui sont en marge du marché du travail. C’est la naissance du CDD, dont le caractère protecteur est certes inférieur à celui d’un CDI mais qui permet à ceux qui en sont titulaires de rester relativement proches du noyau stable du monde du travail.

Ainsi, au début des années 2000, seuls 15% des chômeurs obtiennent d’une année à l’autre un emploi protégé contre plus de 30% pour les titulaires d’un CDD. Deux tiers restent au chômage contre un cinquième dans le cas des CDD. En dernière analyse, d’une année sur l’autre, les salariés en CDD sont deux fois plus proches d’un emploi protégé, et trois fois plus éloignés du chômage qu’un sans emploi. Quand aux titulaires d’un CDI, ils sont 3% à perdre d’une année sur l’autre leur travail. Une telle discontinuité des statuts a une répercussion forte : la peur de perdre durablement son statut.

De plus, à cette discontinuité des statuts, se superpose une inégale destinée face aux récessions. Alors qu’en période de croissance le CDD offre une opportunité plus forte d’être en CDI dans l’année qui suit que d’être au chômage, la tendance s’inverse en période de récession. Ceci s’explique aisément par le fait que le CDD est utilisé comme première variable d’ajustement des effectifs. En revanche, pour les détenteurs de CDI, le risque de perdre son statut n’augmente que très marginalement (il atteint 3,9% durant la récession de 1993). Quand aux sans emploi, la probabilité d’obtenir un CDI dans l’année tombe à 13%. Bref, perdre son statut en période de récession induit le risque d’être durablement exclu du noyau central du marché du travail.

Lorsque l’on s’intéresse aux personnes qui subissent l’ajustement pendant les périodes difficiles, le verdict est sans appel : les jeunes embauchés (moins de 5 ans) subissent de plein fouet les crises tandis que ceux disposant d’une ancienneté de 10 à 15 ans restent très protégés. Entre 2001 et 2006, l’écart de taux de chômage entre ces deux catégories s’accroît de près de 6 points, soit autant qu’entre 1975 et 1980. De fait, rien n’a changé. L’essentiel des ajustements à la conjoncture économique reste supporté par les nouveaux venus et donc les jeunes. Tous ces chiffres manifestent la prégnance du statut sur le marché du travail. Elle implique une peur insidieuse de le perdre pour ceux en disposent aujourd’hui, ou de ne pas l’acquérir pour les jeunes. Le problème d’un modèle qui répartit de manière aussi inégalitaire l’insécurité sociale est qu’il rend impossible de réformer en profondeur le marché du travail sans donner l’impression de léser une génération au profit d’une autre.

La fonction publique comme refuge

Dans la seconde partie de son ouvrage, Eric Maurin s’attarde sur la récession de 1993. Selon lui, elle scelle un profond changement dans le rapport de la société française à l’emploi et à l’école. En effet, jusqu’en 1992, sous l’effet de la démocratisation scolaire, les diplômés du supérieur affluent massivement sur le marché du travail. Ces flux de travailleurs qualifiés sont essentiellement absorbés par le secteur privé sans que l’on note un quelconque déclassement. La part des diplômés de l’enseignement supérieur travaillant depuis moins de 5 ans et disposant d’un statut de cadre reste constante. L’auteur explique cette évolution comme la résultante d’un phénomène désormais bien connu des économistes du travail : l’important brassage de l’emploi inhérent aux économies développées. Ainsi, l’économie française détruit chaque année environ deux millions d’emplois et en crée autant. Cette modification permanente de la structure productive induit une adaptation instantanée à l’offre de travail. Si les compétences augmentent, le nombre d’emplois qualifiés augmente. L’auteur reste cependant prudent dans sa démarche car la relation causale ne peut être solidement démontrée, mais le faisceau de présomptions dans cette direction est convergent et cohérent. Par exemple, dans les années qui suivent 1993, comparativement à la décennie précédente, le nombre d’emplois de cadres augmente dans les mêmes proportions que le nombre de diplômés du supérieur.

Dans le secteur public, la donne est complètement différente : la qualité et le nombre d’emplois ne subissent pas une telle dynamique et restent donc indépendante de la nature de l’offre de travail. Or, lorsque que la récession frappe la France en 1993, les diplômés du supérieur, inquiets du chômage grandissant dans le secteur privé, et donc de l’impossibilité d’acquérir rapidement dans un tel contexte un statut stable, s’orientent massivement vers la fonction publique. Ce mouvement implique un allongement des files d’attente devant les principaux concours. Le secteur public n’étant pas capable de s’adapter à la nature de l’offre de travail, les nouveaux fonctionnaires sont souvent surqualifiés compte tenu de leur diplôme. Cette massification de la fonction publique implique qui plus est une progression de carrière plus difficile. Si la probabilité d’être cadre au sein de la fonction publique dans les 5 années suivant la sortie de l’école pour un diplômé du supérieur était de 64% avant 1993, il est de 43% en 2003. Dans le secteur privé, le chiffre passe de 59% a 53%. Cette compétition féroce pour la sécurité de l’emploi implique un ressentiment profond des salariés du public lorsque qu’on cherche à remettre en cause des statuts si difficilement acquis.

Eric Maurin montre que cette évolution est à la base de l’essor du syndicalisme contestataire (SUD notamment) et du rejet du traité constitutionnel européen de 2005. Dans un contexte social en tout point similaire à celui du traité de Maastricht, et en dépit d’une structure sociétale favorable au « oui » (les cols blancs, qui avaient majoritairement voté « oui » en 1993, représentent une part plus importante de l’électorat en 2005), le résultat du vote fut diamétralement opposé. Une analyse fine du comportement des votants montre que la différence de résultat final tient à un phénomène précis : en 1993, au sein d’un canton électoral, une augmentation de 5 points de la part des classes moyennes du secteur public au détriment des classes moyennes du secteur privé a induit une hausse de 2,5 points de « oui ». En 2005, le même changement de proportion a impliqué une augmentation du « non » de l’ordre de 0.5 point. Cette peur diffuse d’un hypothétique déclassement lié aux réformes libérales de l’Union Européenne a clairement catalysé le vote des classes moyennes du public sur le « non ». Ce vote marque ainsi le décrochage des classes moyennes vis-à-vis des classes supérieures de ce pays.

L’exorbitante valeur des diplômes

Déjà longuement traité par celui-ci dans la « nouvelle question scolaire », Eric Maurin revient sur le débat autour de la valeur des diplômes. Une idée répandue est que la démocratisation scolaire aurait entrainé une réduction de la valeur des diplômes. Eric Maurin pense au contraire que ceux-ci n’ont jamais été aussi importants. Encore une fois, l’argumentation chiffrée est implacable. L’exposition au chômage des diplômés du supérieur est de 30 points plus faible que celle des non diplômés (le taux de chômage des diplômés du supérieur était de 7% en 2008 contre 42% pour les non diplômés), soit un accroissement de l’ordre de 20 points de l’écart entre les deux catégories depuis 1975. L’auteur va même plus loin en montrant que les écarts initiaux ne réduisent pas avec le temps mais ne font que s’accroître. En bref, du diplôme dépend la trajectoire sociale de l’individu.

Sur le plan qualificatif, les chiffres sont tout aussi saisissants. Les diplômés de l’enseignement supérieur présents sur le marché du travail depuis moins de 5 ans ont 85% de chances d’être cadre, contre 27% pour les titulaires du baccalauréat. Au regard de ces chiffres, une question s’impose. Où est le déclassement ? De plus, en cas de récession, les diplômés du supérieur peuvent « échanger » un CDD de cadre contre un CDI de profession intermédiaire ou bien se diriger vers la catégorie B de la fonction publique, repoussant l’ajustement du marché du travail essentiellement sur les travailleurs peu qualifiés. A l’évidence, cette particularité fait davantage office de stratégie que de renoncement forcé tant la prégnance du statut stable est forte au sein de la société française.

Enfin, quand on s’intéresse à la question de l’ascenseur social, on se rend compte que celui-ci n’est pas en panne et loin de là. Si on constate que l’exposition au chômage reste largement hiérarchisée selon la CSP des parents, les écarts ont été réduits de moitié depuis les années 1980 (de 18 à 9 points entre les enfants d’ouvriers et les enfants de cadre). Cela résulte sans aucun doute de la démocratisation scolaire puisqu’on constate une évolution très similaire pour l’accès au statut de cadre. Finalement, Eric Maurin dépeint très clairement une situation dans laquelle la valeur des diplômes n’a rien en décliné dans le temps. Bien au contraire, le diplôme décide de toute trajectoire sociale. Echouer dans ses études, c’est s’engager dans le monde du travail avec un retard qui ne fera que s’accroître.

Et maintenant, que faire ?

La récession actuelle semble reproduire les mêmes comportements. Le déclassement effectif reste marginal (environ 1.9% de la population active sur les 12 mois menant au premier trimestre 2009 étaient au chômage à la suite de la perte d’un emploi stable). Cependant, les autorités politiques cherchent à protéger davantage les protégés (la gauche proposait il y a peu encore le contrôle administratif du licenciement tel qu’il existait dans les années 1980 tandis que le gouvernement en place n’a cessé d’apporter des aides supplémentaires tout en introduisant de nouvelles protections contre le licenciement économique). Eric Maurin présente cette attitude comme purement rationnelle dans la mesure où la multiplication des déclassés signerait « l’arrêt de mort » du contrat implicite actuel. Celui qui stipule que tout statut chèrement acquis doit être protégé, tant sa perte peut être durablement néfaste à la trajectoire sociale des individus. Mais le risque est une polarisation supplémentaire de la société française et une anxiété sous-jacente accrue.

Quels sont les remèdes possibles à cette situation ? Tenter d’apporter une réponse à cette question passe par l’étude des différents modèles de protection de l’emploi. Les diverses études montrent en effet à quel point le modèle français est anxiogène. Il en est de même pour des pays comme le Portugal ou l’Italie qui disposent de principes de protection de l’emploi similaires. Ces principes conduisent à une profonde inégalité entre ceux déjà en emploi stable et les autres. Les modèles anglo-saxons permettent quant à eux une plus grande fluidité d’entrées et de sorties sur le marché de l’emploi (périodes de chômages bien moins longues mais plus fréquentes) mais s’accompagnent de fortes inégalités salariales. Eric Maurin ne cache pas sa préférence pour les modèles nordiques où se combinent faible protection de l’emploi, fortes indemnités de chômage, et faible anxiété quand au devenir professionnel. Mais il a bien conscience des difficultés d’importer en bloc tout un modèle et reste finalement humble dans ses préconisations. Déconstruire sans heurts une société des statuts est un processus bien délicat qui prendra du temps. Les forces politiques et sociales doivent d’abord accepter le fait « qu’en accroissant sélectivement la protection dont jouissent les salariés à statut, on tend à augmenter l’insécurité sociale pour l’ensemble de la société, particulièrement en temps de crise ». Nous en sommes encore loin.

Une fois le livre refermé, on réfléchit à ce qu’on pourrait contester dans l’analyse de Maurin. Les démonstrations sont présentées et chiffrées de manière implacable. On pourrait regretter l’absence de prise en compte du sort des travailleurs âgés, mais il n’en demeure pas moins qu’on est au final convaincus par la thèse de l’auteur. La protection de l’emploi crée de fait une société à statut, source de profondes inégalités. La peur du déclassement est le prix à payer dans ce type de société. Mettre fin à une telle situation passe nécessairement par la déconstruction des statuts : on ne peut être que circonspect quant à la manière de procéder…

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Commentaires

  • Baptiste dit:

    L’ennemi c’est bien le statut, Maurin a raison. Les conquêtes et les élévations sociales se raréfient…

    Je vais me procurer cet ouvrage.

  • Dust dit:

    Analyse très intéressante. Par contre effectivement, je reste comme vous assez dubitatif sur les moyens de changer la donne. La déconstruction des statuts passera nécessairement par un renversement de notre société capitaliste. Bref, ça reste très utopique…

  • Seb_ (Auteur) dit:

    @ Baptiste

    A l’entrée sur le marché du travail, la hiérarchie est déjà faite, donc oui d’un point de vue intragénérationnel, les élévations sociales se raréfient peut être (et encore on peine à trouver des preuves d’élévations sociales massives, et ce même pendant les 30 glorieuses), mais pas d’un point de vue intergénérationnel.

    @ Dust

    Non, les sociétés nordiques ou mêmes les sociétés anglo saxonnes sont aussi des sociétés capitalistes sans qu’il existe de telles discontinuités dans les statuts.

  • le coucou dit:

    L’analyse est impressionnante, et tout en reconnaissant sa rigueur, je dois dire qu’elle me dérange… Défaire les statuts sera très certainement une œuvre de longue haleine, je vois mal notre société en accepter le coût immédiat sans résister.

  • NiCo dit:

    Ce qu’on appelle ici statut c’est finalement la quête des « acquis sociaux » par chacun, la conquête des privilèges afin d’avoir la position la plus stable.

    Contrairement à ce que pense Dust il est évident que moins le système est libéral, plus ce genre de phénomène est accentué.

  • sammy dit:

    (Je simplifie)

    Dans ce que propose Maurin (pour simplifier : « le modèle suédois »), il ne suggère pas une disparition des « statut ». Il opte pour un autre statut, un « super-statut » collectif : la socialisation du risque économique, à la place de notre modèle de protection social, essentiellement individuel, de type assurantiel (les seuls exeption sont le RSA ou ex RMI, Minimum Viellesse, et la couverture médicale universelle réservée aux intouchables). Je parle de super-statut, parce qu’en réalité, il n’annule en rien la réalité sociologique des classes sociales.

    Alors, il ne s’agit pas d’un nouveau paradigme (on appel ça bêtement la protection sociale), mais d’une option dialectique (tactique). Il serait donc très facile de transposer pour la France, ce que vous appelez le modèle suédois (ou scandinave). On est bien passé du gaullisme au Sarkozysme…

    Reste que la France a des atouts et des faiblesses que la Suède n’a pas, il faudra composer en conséquence, et même, ce n’est pas exclu que nous puissions faire mieux que la Suède. Autant techniquement que politiquement, ce n’est pas injouable, on est loin de l’utopie. Le volontarisme politique suffirait largement.

  • des pas perdus dit:

    L’analyse de la situation est juste, valable voire inattaquable, par contre, ce qu’il préconise comme mesures est ni plus ni moins d’inspiration néo-libérale… Ce qui frappe chez Maurin, intellectuel proche du PS, c’est sa soumission à l’air du temps et à l’idéologie dominante.

    Casser les statuts (CDI- fonction publique-SMIC) pour lutter contre les inégalités est une véritable imposture néo-libérale… Pour nous vendre cette arnaque, Maurin mythifie les pays du Nord…

    On peut compter sur Sarkozy pour faire le job et casser les statuts, la machine est en marche ! Sarkozy est d’ailleurs un grand admirateur de Reagan, Bush et Thatcher…

  • citoyenactif dit:

    La France face au déclassement »
    Eric Maurin Economiste, directeur d’études à l’EHESS et Manuel Valls, Député-Maire d’Evry viendront débattre le mercredi 28 octobre 2009 à 19h00 – 21h00 à La Bellevilloise.

    Ils participeront à la soirée « Poings de vue », rendez-vous politique mensuel organisé conjointement par Terra Nova, Le Nouvel Observateur, OpinionWay et La Bellevilloise. Chaque mois, deux personnalités politiques, intellectuelles ou syndicales débattront d’un sujet d’actualité, en réaction aux analyses et aux propositions de Terra Nova.

    « Poings de vue » se donne pour objectif d’animer l’espace public, en alliant qualité et modernité. Qualité : un sujet d’actualité, préparé par un travail de fond de Terra Nova et débattu en profondeur par deux personnalités politiques ou intellectuelles à la compétence reconnue. Modernité : un face-à-face dynamique entre deux points de vue, la réalisation d’un sondage en temps réel auprès du public par sms – 300 personnes environ – pour départager les débatteurs.

    Un événement original, participatif, dans un cadre agréable. Venez nombreux !

    ENTREE LIBRE

    Comment s’y rendre ?

    La Bellevilloise
    19-21 rue Boyer, 75020 Paris
    Metro Gambetta (ligne 3) sortie Martin Nadaud
    et Ménilmontant (ligne 2)
    Bus 26, 61, 69, 96

    - plan d’accès ci-joint-

    Pour plus d’informations, contacter
    Alexandre Ouizille, responsable des événements média à Terra Nova

    01 58 36 15 21 / alexandre.ouizille@tnova.fr

  • Seb_ (Auteur) dit:

    @ sammy

    Adopter le modèle nordique c’est accepter une protection de l’emploi beaucoup plus faible, c’est accepter que l’individu subisse des périodes de chômage beaucoup plus fréquentes (mais bien plus courtes). Cependant, aujourd’hui en France, perdre son emploi, est synonyme de galère pour une période assez longue. Difficile pour ceux qui sont aujourd’hui en CDI d’accepter une remise en cause des acquis. Pour les convaincre il faudra être sacrément persuasif. Et aujourd’hui personne, que ce soit du coté des politiques ou des syndicats, ne semble vouloir initier de tels changements.

    @ des pas perdus

    Maurin propose l’alternative nordique qui n’est pas néo-libérale puisqu’elle protège les parcours. Le modèle libéral correspond aux modèles anglo-saxons qui ne protègent ni les parcours ni les salariés. A aucun moment dans le livre l’auteur n’évoque la possibilité que la France prenne le tournant anglo-saxon. Il rappelle que celui-ci dispose d’un défaut majeur: la forte inégalité entre salariés.

    Il dépeint simplement une société française très anxiogène qui résulte de discontinuité des statuts. La question est, comment limiter cet état de fait? Il constate que les sociétés les moins anxiogènes sont celles qui protègent les parcours i.e. les sociétés nordiques. Au sein de ces pays, perdre son travail n’est pas un drame puisque, généralement, le désormais sans emploi en retrouve un rapidement. De plus, si la période de chômage est courte, elle est également bien rémunéré. Tout le contraire de la France. CQFD.

    Enfin sur le SMIC il décrit justement qu’il a progressé trop vite au regard de la productivité à la fin des années 1970, il ne préconise certainement pas sa disparition.