Dominique de Villepin est déjà en campagne
L’année 2010 commencera tambour battant pour Dominique de Villepin. Alors que le verdict de l’affaire Clearstream est attendu le 28 Janvier, l’ancien Premier Ministre structure son club politique et pense déjà à 2012….
Création d’un pôle gaulliste et républicain
Ces derniers mois, Dominique de Villepin a sillonné la France en se déplaçant notamment en Bourgogne, en Aquitaine ou bien encore dans le Midi afin d’aller à la rencontre des Français. De ce vaste tour de France, il a tiré quelques précieux enseignements. Il est désormais conscient que l’hostilité à l’égard du gouvernement ne cesse de croître et que les régionales risquent de se transformer en véritable marasme pour l’UMP. Pendant ce temps là, sa côte de popularité ne cesse de croître. Le dernier sondage IFOP le crédite d’ailleurs de 8% d’opinions favorables dont 15% en Ile-de-France en cas de présence au 1er tour des élections présidentielles.
Dès lors, Dominique de Villepin se prend à rêver et ne cache plus son envie de se présenter. Alors que ses soutiens sont de plus en plus nombreux, l’ancien hôte de Matignon n’entend pas fonder un groupe parlementaire. Pourtant, son club politique rassemble aujourd’hui près de 7000 membres dont près de 30 députés, les derniers ralliements en date étant ceux de Jean Ueberschlag et de Marie-Anne Montchamp.
Comme l’a bien résumé Denis Bonzy, ce socle de 8% le dispense de l’appui d’un parti. L’ambition de Dominique de Villepin est de favoriser un mouvement populaire horizontal plutôt que la structure pyramidale des partis traditionnels. Ce « pôle gaulliste, républicain et social » qu’il appelle de ses vœux entend peu à peu prendre forme autour de son club politique. Au cours du mois de Janvier, des antennes départementales verront d’ailleurs le jour un peu partout en France.
La bataille du centre droit
Dominique de Villepin sait qu’il faudra jouer des coudes pour se tailler une place au sein de l’échiquier politique en 2012. A l’instar de Jacques Chirac en 1995, son salut passe par le centre droit. Alors qu’il y a un an cette probabilité semblait impossible, la donne est aujourd’hui tout autre. François Bayrou a commis une erreur stratégique monumentale en orientant le Modem à gauche. Il ainsi involontairement livré un boulevard à un Dominique de Villepin, qui n’en demandait d’ailleurs pas tant. C’est donc tout naturellement que les villepinistes n’ont pas répondu à l’appel au rassemblement de François Bayrou.
Mais Nicolas Sarkozy n’ignore pas la menace. Le chef de l’Etat sait désormais que le procès Clearstream est perdu, Dominique de Villepin en ayant remporté la victoire médiatique. Le verdict n’en changera pas l’issue. Si l’ancien Premier Ministre est condamné, il fera appel et cela ne fera que renforcer davantage son statut de martyr. S’il est blanchi, la défaite n’en sera que plus cinglante.
L’arme qu’entend employer Nicolas Sarkozy pour faire face à Dominique de Villepin, c’est tout simplement le Nouveau Centre. Le chef de l’Etat souhaite en faire bien plus qu’un appendice de l’UMP, l’opération de récupération du sigle UDF va dans ce sens et lui donnerait une certaine légitimité historique.
Dernièrement, Hervé Morin n’a ainsi pas hésité à déclarer qu’il n’excluait pas qu’un candidat du Nouveau Centre se présente en 2012. Ceci afin de fragmenter un peu plus l’électorat de Dominique de Villepin. Maintenant, Hervé Morin paraitra t-il crédible en alternative à Nicolas Sarkozy ? Rien n’est moins sûr…

26 déc 2009 







Info auteur
[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Tefy Andriamanana, Mancioday. Mancioday a dit: Dominique de Villepin est déjà en campagne | Reversus http://tinyurl.com/yj3rrja [...]
Je me demande s’il ne va connaitre la même mésaventure que Balladur… Il lui faut impérativement un parti.
La question du centre droit est pertinente. Mais le Nouveau Centre n’est qu’un vaste enfumage, les électeurs ne se feront jamais prendre…
Il semble que Nicolas Sarkozy s’oriente vers la stratégie suicidaire qui avait coûté sa réélection à l’ancien Président Valery Giscard d’Estaing. Ce dernier, écartelée à partir de 1977 entre la partie centriste de sa majorité et sa composante gaulliste, n’est jamais parvenu à assurer la suprématie de la première au détriment de la seconde. Résultat : il est parti aux présidentielles de 1981 avec une majorité en lambeaux et un électorat dans le même état !
La seule perspective pour Dominique de Villepin qui puisse laisser espérer une chance de succès passe par le rassemblement qui s’affranchisse de cette terminologie spatiale droite / gauche qui ne signifie plus rien du tout ! Dorénavant les lignes de fracture se situent entre celles et ceux qui souhaitent maintenir à l’Etat son rôle de régulation, d’impulsion et de cohésion et les tenants du libéralisme atlantiste néolibéral.
Quant à compter sur l’effet aspirateur du terne Hervé Morin et de son groupuscule de notables, je ne saurais trop conseiller au vibrionnant locataire de l’Elysée de méditer sur cette définition que Clémenceau donnait du radicalisme : comme les radis, rouge à l’extérieur, blanc à l’intérieur et toujours près de l’assiette au beurre. Dès que l’hypothèse Villepin commencera à produire ses effets dans les sondages et autres outils de manipulation, les centristes auront tôt fait de prendre le train en marche…
@ Des pas perdus
Pas nécessairement, voir l’article de Denis Bonzy tout à fait pertinent :
« La clef du « bon résultat » réside désormais dans la mobilisation des électeurs flottants. Or, il y a un accroissement de la mobilité électorale. Par conséquent, la personnalisation sans ancrage parlementaire peut ouvrir un spectre particulièrement large.
Lors du premier tour, les écarts naissent de trois facteurs :
- le socle,
+ le pourcentage d’indécis qui s’agrègent,
+ l’impact des reclassements.
Cette mobilité est un terrible défi pour tous les candidats car elle traduit un nouveau schéma de représentation de la société. Avec le sondage à 8 % de seuil, Dominique de Villepin dispose d’un socle direct personnel suffisant pour ouvrir les autres étapes. »
@ Lee73
Belle comparaison, je n’y avais pas pensé. Néanmoins le socle majoritaire de Nicolas Sarkozy reste solide. Mais à trop vouloir agréger tous les partis à l’UMP, le chef de l’Etat prend le risque de voir émerger de nouveaux courants.
Hervé Morin restera toujours un allié fidèle à Sarkozy. Ils vont feindre des divisions pour nous faire croire qu’ils sont indépendants mais leurs destins sont intimement liés. Même gouvernement, même passif…
Il peut aussi compter sur le manque de charisme des adversaires et le ras de bol évidement de Nicolas Sarkozy.
Il n’a vraiment aucunes chances !!
J’ai toujours affirmé que la chûte de Sarkozy viendrait de la Droite et c’est ce qui est en train de ce faire. Beaucoup de députés UMP en ont marre de prendre « des Gifles et des coups de pied au cul » accompagnés de menaces verbales car ils sont dépendant de Sarkozy pour avoir leur prochaine investiture dans leur circoscription. Mais si ce système tombe ils retrouveront leur liberté et adieu Sarkozy. Je sais bien que de Villepin ne sera pas majoritaire (il ne faut pas rêver) mais il va contribuer à la chûte de ce petit bonaparte qu’est Sarkozy, un véritable « tyran » qui se comporte comme dans une République Bananière.
Faute d’accès au wall de Facebook depuis mon lieu de travail, je te fais ici, David, un petit message : eh bien voilà, après 6 ans d’affaire Clearstream dominique de Villepin s’en tire bien et peut reprendre sa campagne soulagé et la tête haute, et j’imagine que tu dois être heureux et déboucher le champagne à cette heure-ci… tandis qu’à l’Elysée, il y en a un qui doit fulminer et regarder avec dépit son croc de boucher inutilisable !
L’aventure continue…!
A bientôt,
Raphaël
Bonjour Raphael,
Une joie de courte durée vu que le Parquet fait appel mais on continue d’y croire. Les ficelles sont de plus en plus visibles…
Merci de ton message.
[...] présidentielle a libéré un vaste espace au centre et au centre droit, espace aujourd’hui convoité par Dominique de Villepin. L’UMP est désormais en passe de se faire déborder sur sa gauche, par son ancienne aile [...]