Coopol – Créateurs de possibles : le match n’aura pas lieu…
Les deux grands partis politiques français ont enfin lancé leurs réseaux sociaux avec, du côté de la Coopol du PS comme chez les créateurs de possibles de l’UMP, la même volonté de préparer 2012. Tout incite donc à la comparaison, même si en politique c’est un exercice auquel il faudrait toujours refuser de se livrer…
Premiers pas…
Pour se doter des « Créateurs de possibles », l’UMP n’a pas hésité à s’offrir les services d’Isobar, pour pas moins de 500 000 euros. Le résultat est à la hauteur de l’investissement, ou au moins c’est ce qu’on se dit. La page d’accueil des créateurs du possible est claire et espacée, elle capte rapidement l’attention. Le petit tutorial vidéo parfait l’initiation et permet de comprendre rapidement les usages de la plateforme. En comparaison, la homepage de la Coopol est désordonnée et l’approche du site plus brutale…
Au niveau du design, même constat : alors que le site des Créateurs de possibles affiche des lignes épurées et des couleurs très sérieuses (gris marmoréen et bleu horizon), la Coopol hérite de couleurs plus disgracieuses (mélange de vert pale et d’un rouge vif). De plus, la Coopol oblige à un scrolling vertical qui peut s’avérer rébarbatif à la longue…
Les créateurs de possibles : un réseau décentralisé
Mais au delà de ces observations formelles, les objectifs poursuivis par les deux plateformes s’avèrent au regard exercé très différents.
Les Créateurs de possibles paraît être un très bon outil d’action politique, les concepteurs misant avant tout sur son pragmatisme : « Des citoyens se regroupent autour d’initiatives pour mener des actions concrètes qui produiront des résultats concrets. » En quelques clics, on s’inscrit et on bénéficie d’un panel d’outils pour lancer des « projets géolocalisés », créer des événements locaux et nationaux…
La plateforme de l’UMP est entièrement focalisée sur l’action : l’interaction entre les utilisateurs de même que l’utilisateur lui même deviennent au final quelque peu secondaires. Les Créateurs de possibles est un réseau social décentralisé, dans lequel seul le succès d’une initiative fait naître le rassemblement.
Ainsi, lors des premières minutes passées sur les Créateurs de possibles, on se sent quelque peu esseulé et laissé à l’abandon, par rapport à d’autres réseaux sociaux. Bien sûr, il existe des « suggestions d’amis et d’initiatives » pour rompre l’isolement, mais nul doute que cet isolement est là aussi par volonté des créateurs de la plateforme.
Sur les Créateurs de possibles, les utilisateurs se situent en périphérie de l’action et se doivent d’interagir avec elle, à la manière d’une foule. Cette stratégie se révèle assez redoutable puisqu’elle rend la modération quasiment obsolète. Ainsi, en Villepiniste qui se respecte, j’ai tenté une opération de lobbying afin de tester leur degré de tolérance. Les tauliers de l’UMP n’ont même pas modéré mon initiative, pour la bonne et simple raison que mon groupe ne les inquiète pas : je ne rassemble pas assez de membres pour pouvoir entrer dans l’épicentre des actions visibles.
La Coopol : le pari de l’interaction
La Coopol, réseau social lancé par la Netscouade, a fait le pari inverse. Le PS semble avoir tout misé sur l’interaction, l’échange et les débats entre ses utilisateurs. Après quelques minutes sur le site, des « coopains » rentrent rapidement en contact avec vous. Alors que la comparaison entre Facebook et les Créateurs de possibles n’avait pas lieu d’être, la Coopol se rapproche très nettement du réseau social américain, puisqu’on y retrouve le concept de groupes, d’événements etc…
Utilisant le principe aujourd’hui éprouvé qu’un réseau fonctionne d’autant mieux qu’il valorise son utilisateur, la Coopol mise sur un système de « levelling » assez intéressant. En effet, sur votre profil, chacun de vos faits et gestes sont recensés (nombre de coopains, de groupes, de missions, de réunions, d’évènements crées, de membre recrutés, de portes à portes etc…) afin de vous pousser davantage à l’action. Ce principe, possiblement addictif (mais pour la bonne cause, du moins l’espère-t-on), fait de la Coopol un espace bouillonnant de vie et d’interactions. De plus, la plateforme socialiste étant un outil amené à évoluer, de futures itérations viendront accroitre son potentiel (dont un service de messagerie instantanée).
Premières conclusions…
Les Créateurs de possibles s’impose comme un outil ambitieux et théoriquement efficace puisqu’il permet au parti de coordonner les initiatives de ses militants, même s’ils n’ont aucune connaissance du web. Cette plateforme saura-t-elle toutefois fédérer ses utilisateurs ? L’aspect décentralisé risquant en effet de limiter les interconnexions entre les groupes, et donc la tournure collaborative que peut prendre un réseau social.
La Coopol est sans doute une plateforme moins innovante au niveau de son concept, mais elle offre davantage de fonctionnalités. Misant sur l’interaction et la valorisation de ses membres, le PS compte sur sa communauté pour qu’elle soit source de propositions. Il faudra cependant veiller à ce que la gadgèterie traditionnelle des réseaux sociaux ne fasse pas passer le combat politique à l’arrière-plan.
Il est trop tôt pour avoir un avis figé sur ces deux plateformes, qui hébergeront probablement la vie militante des deux partis dans les années à venir. Néanmoins, comme pour tout réseau social, ce seront l’usage et les pratiques des utilisateurs qui décideront de leur avenir, et de la façon dont leur action influencera la vie de la République des prochaines années. Friend ou pas friend, telle est la question…

12 jan 2010 







Info auteur
Copieur; j’étais le premier troll pro-villepin, mais peut être moins sérieux
http://www.lescreateursdepossibles.com/initiatives/Dominique-de-Villepin-president-en-2012-1121.html
Pour une fois, je trouve que l’UMP a bien oeuvré. Leur réseau social est bien fichu. La Coopol fait trop rétrograde.
J’ai testé les deux. Il n’y a pas de révolutions. En France, on a un tel retard technologique que je me demande si ça peut vraiment engendrer une révolution comportemental du coté des militants…
En tout cas c’est vrai que la Coopol est plus fun et plus agréable à prendre en main. Dommage que je ne sois pas socialiste..;
[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Mancioday et Mancioday, Disparitus Unhuman. Disparitus Unhuman a dit: Que differencie le web de gauche vs droiteRT @Mancioday: Coopol – Créateurs de possibles :le match http://tinyurl.com/yeqh92y #cdp #coopol [...]
Je crois comme vous que L’UMP a fait un pari ambitieux. Maintenant les militants UMP sont-ils prêts à se passer d’un réseau traditionnel ?J’en doute…
La Fraternité en Action, le site de nos Désirs d’Avenir, soutenu par Ségolène Royal est déjà fonctionnel depuis plusieurs semaines…
Ségolène Royal, dans ce domaine aussi, a pris plusieurs longueurs d’avance sur Martine Aubry et la Solférinie…
Quand on pense que les aubristes fanatiques gloussaient lorsque Ségolène Royal a annoncé l’ouverture de la Fraternité en Action, on se dit que maintenant ils ont du se coudre la bouche de rage!!!
Je suis assez dubitatif…
Pour leurs promoteurs, ces outils permettent surtout de communiquer en externe et en interne sur la démocratie participative, la convivialité, les échanges entre militants et sympathisants… sur l’ouverture de ces partis à la société civile.
Je crains que tout ça ne tourne qu’en vase clos… et à l’auto-promotion (peut-être utile pour trouver un poste à la territoriale) autrement dit ça m’étonnerait que ces outils permettent de réintéresser les citoyens à la politique… et de faire baisser le taux abstention…
Ils ont pas de DA à la Coopol ??? Il faudrait leur dire qu’il y a un site qui s’appelle Facebook et vouloir faire un Facebook politique pour faire copain / copain ca donne l’image de la politique militante de base qui n’intéresse personne… En plus, pas le droit à la critique (cf Mentions Légales)… C’est quoi cette censure ???
C’est juste une blague ?
250000 euros pour un site pareil ???????
Vous êtes tous tombés sur la tronche ou quoi ?
Ca vaut pas un clou ce dév. Pas sécurisé, design à chier… C’est du foutage de gueule, d’un côté comme de l’autre, et c’est fait avec notre pognon… Ceci dit vous pouvez toujours faire croire aux gens qu’un site du genre vaut 250000 euros, on se fera plus de blé quand on vendra les autres. N’importe quoi.
Qui plus est l’UMP modère et censure à la hache. Je vous vois venir bande de buses, en me disant que forcément, si les posts ont ce ton là, blablabla… On a collé une dizaine d’users sur les canaux, et CA censure à tout va. Je trouve que pour une plateforme de partage d’opinions et de débat républicain, c’est vraiment la classe. Alors qu’on nous prenne du blé pour sortir ce genre de bouse, mais en plus qu’on ne nous laisse pas soulever de débats, c’est pas mal. Sois moche et tais-toi.
@Khef Hey oh, vous n’êtes pas sur le site de l’UMP ici, juste un blog qui comparait les deux plateformes. Donc modérez un peu vos propos…
Vous pouvez développer vos arguments sans tomber dans le piège de la grossièreté.
Merci
Hebergé par OVH. Là… Je me roule par terre… Ca ne vaudrait que 50000 euros que je trouverai ça déjà odieux…
Hallucinant…
Réveillez-vous mon vieux, vous n’êtes pas sur les créateurs du possible.
Allez plutôt voir ici.
Et ca c’est quoi ? C’est Casimir qui écrit les articles ?
« Pour se doter des « Créateurs de possibles », l’UMP n’a pas hésité à s’offrir les services d’Isobar, pour pas moins de 500 000 euros. Le résultat est à la hauteur de l’investissement, ou au moins c’est ce qu’on se dit. La page d’accueil des créateurs du possible est claire et espacée, elle capte rapidement l’attention. Le petit tutorial vidéo parfait l’initiation et permet de comprendre rapidement les usages de la plateforme. »
500000 ou 250000, 1500000 euros, vous savez ce que ca représente ?
Le résultat est à la hauteur de l’investissement…
Je lis ça sur votre article non ? Alors réveillez-vous vous-même…
Quand je vise les nases, je parle bien évidemment nos chers censeurs de l’UMP. Après tout, si vous vous sentez pris dans le panier de ceux qui trouvent cela tout à fait normal, no more comment…
Vous n’avez pas conscience du prix que cela représente de s’offrir dans une agence une telle plateforme. De plus les 500 Ke englobe la refonte du site de l’UMP et le lancement de ce réseau social.
Je trouve que c’est un très bon outil mais pas adapté à sa cible, trop en avance sur son temps.
J’ai tout à fait conscience du prix que vaut un tel outil.
Travaillant dans l’AMO avec une spécialité me permettant de trancher aujourd’hui sur ce type de budget, je vous certifie que vous ne savez pas de quoi vous parlez.
Ayant à mon actif des accompagnements sur des centaines de projets de collectivités et institutions, sites régionaux et consort, je peux vous dire que ces sommes sont hallucinantes pour une telle plate-forme.
Trop en avance sur son temps dites-vous ????
Le web 2.0 est en marche depuis quelques années. La probabilité pour qu’une telle plate-forme soit novatrice s’approche de …. 0 ?
Il n’y a ni innovation dans la revendication du participatif, ni innovation du côté utilisateur. La modération existe depuis les balbutiements des forums.
Vous devriez par ailleurs être heureux de l’émulation que suscite votre article, c’est bon pour le ranking, surtout au vu des requêtes serveurs google portant comme titre celui de ce site.
Ce que je constate simplement, c’est que la communication tue à petit feu la politique.
Entre autres LipDubs foireux et sites communautaires, citations Twitter ou FB, on préférerait voir les institutionnels s’activer sur le terrain et bouger les foules dans le bon sens.
Que dites-vous d’un outil tel que cette plate-forme qui en plus censure les internautes ?
Franchement, répondez à cette question.