L’absence de Peillon, une défaite républicaine
Du match Besson-Le Pen, on ne retiendra finalement que la défection spectaculaire de Vincent Peillon. Mais son coup d’éclat a eu un prix : sa condamnation unanime par l’intelligentsia médiatique et politique. Si le geste peut se comprendre, les conséquences restent déplorables…
Un traquenard
Entendons-nous bien, il n’est pas question ici de remettre en cause le fait que l’ensemble de ce débat était un traquenard, une opération de comm’ ayant pour unique objectif la réhabilitation d’Eric Besson. Arlette Chabot, malmenée par le Chef de l’Etat en septembre dernier à New York, avait aussi certainement à cœur de se rattraper. C’est désormais chose faite.
Alors que Marianne avait récemment présenté, sources à l’appui, Eric Besson comme l’homme le plus détesté de France, Arlette Chabot surprend d’emblée avec des statistiques préparées sur mesures indiquant que seuls 19% des français rejettent sa politique, tandis que 36% s’interrogent et 35% sont sans opinion. Des indécis que cette émission va s’efforcer de capter…
Il faut reconnaître que la directrice de la rédaction de France 2 n’a pas fait les choses à moitié et avait même préparé en guide d’introduction au débat un mini documentaire hagiographique retraçant le parcours d’Eric Besson. Sa trahison est ainsi présentée comme un « basculement » naturel puisqu’il a été « humilié par les socialistes ». Le récit de son enfance et de son passage à l’âge adulte ne sert qu’à donner une logique à un parcours qui en manque singulièrement.
Son ex-femme confie : « Eric Besson, c’est quelqu’un qui ne se sent jamais appartenir dans le groupe dans lequel il se trouve » car il a été « très vite séparé de ses parents ». Une fois cette description apologétique ingurgitée, le spectateur assiste à une heure de one man show durant laquelle Arlette Chabot n’est plus qu’un élément du décorum. A aucun moment elle n’ose rompre le monologue du Ministre de l’Identité nationale. Pire, elle va même jusqu’à l’aider à conclure certaines de ses phrases.
Au sujet du fameux débat sur l’identité nationale, sa seule critique aura été de susurrer, un brin anxieuse : « peut-être que vous vous êtes mal expliqué ». Parmi les témoignages hostiles au débat, France 2 nous sert ceux de Michel Boujenah et de Charles Aznavour : Eric Besson se régale. On assiste impuissant aux méfaits du service public dans toute son horreur, au véritable retour de la télévision d’Etat…
Eric Besson déroule
La première réaction serait de se dire que Vincent Peillon n’avait rien à faire dans ce débat, qu’il était sur le point de servir de caution à l’UMP dans cette opération de rachat. On pourrait rajouter qu’une grande partie de la classe politique française s’est érigée contre le débat sur l’identité nationale, donc pourquoi en débattre ? Ce qui suppose une seconde question, comment faire pour exprimer son refus et son indignation ?
A la décharge de Vincent Peillon, il est certain que s’il avait refusé ce débat dès le mois de décembre, il aurait été remplacé immédiatement par une figure de l’aile droite du PS, probablement Manuel Valls. Le résultat aurait été sans doute encore plus tragique. Mais la solution choisie par l’Eurodéputé socialiste ne fut manifestement pas la bonne.
Comme l’a bien expliqué Le Chafouin, en jouant aux chevaliers blancs, Vincent Peillon a « laissé un boulevard à Éric Besson » qui a pu en toute tranquillité réussir son « opération de recentrage ». Le Ministre de l’Identité nationale s’est même permis de récupérer et d’instrumentaliser la critique que lui adressait post-mortem Philippe Séguin sans que personne ne soit en capacité de contredire ce mensonge.
Contrairement à ce que Vincent Peillon a pu dire par la suite, son positionnement en toute fin de soirée était un avantage dont il aurait dû se saisir. En effet, cela lui offrait l’opportunité de ne pas prendre part au débat mais au contraire de le condamner. Il suffisait pour cela de dénoncer la vacuité des échanges et la proximité des discours de Marine Le Pen et d’Eric Besson.
Vincent Peillon avait un devoir de révolte face à un débat qui est une insulte faite à la France et à son Histoire. Comme le disait Edwy Plenel : « Drapés dans l’alibi du national, les conservatismes de tout acabit voudraient une France immobile et éternelle, figée et achevée. La vérité, c’est qu’ils ne l’aiment pas telle qu’elle est. Telle qu’elle bouge, évolue, change, se transforme et se modifie dans une fidélité frondeuse à son histoire et à ses promesses, à sa présence au monde et aux autres ».
En fuyant le débat, V.Peillon a involontairement ravivé les fantômes d’une gauche bienpensante, drapée de ses tabous et de ses angoisses ancestrales. Son absence doit être vécue comme une défaite républicaine, l’échec d’une République dans l’incapacité de répondre à l’idéologie de la droite extrême…
Paradoxalement, je crois plus en Vincent Peillon que ceux qui tentent aujourd’hui de le défendre. Plus que nul autre, il était en capacité, lui le philosophe, d’affronter Eric Besson, de le placer devant ses incohérences, ses échecs et ses trahisons. Il avait le talent et l’intelligence pour déjouer ce simulacre de débat.
Depuis quelques mois, de N.Morano à J.C. Gaudin, les dérapages s’accumulent. Ce débat sur l’identité nationale échappe complètement au gouvernement. Zineb Dryef de Rue 89 a réalisé une carte de France des dérapages, le constat en est édifiant et ne devait pas rester sans réponse.
Vincent Peillon a choisi une autre voie, ce qui se discute. Mais le traitement qu’il a reçu au Grand Journal, où J.M Apathie et A.Duhamel se sont amusés à jouer aux grands inquisiteurs, suffit à me passer l’envie de le blâmer outre mesure. Restent quelques regrets empreints d’amertume…
Choc de Pearltrees
Pearltrees est un service de socialbookmarking qui permet d’éditer et d’organiser son web. J’ai choisi deux pearltrees racontant la polémique touchant Vincent Peillon. Deux éditions, deux points de vue différents.
Le pearltree de Zeyes : V.Peillon, un « idiot utile »
Le pearltree de Cratyle saluant la démarche de V.Peillon et critiquant les conditions du débat

17 jan 2010 







Info auteur
[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par zeyesnidzeno, Tefy Andriamanana. Tefy Andriamanana a dit: Chez @Mancioday > L’absence de Peillon, une défaite républicaine http://ff.im/-epRRI [...]
C’est délicat cette question, quel que soit l’angle par laquelle on l’adresse. Difficile de choisir son camp, chacun ayant usé de ficelles plus grosses et plus vulgaires qu’a l’accoutumée.
Revenons un instant sur l’émission elle même : elle fut, de mon point de vue en tt cas, encore plus attérante que prévu:
Le portrait de Besson, ce mélange étrange de mélo psycho (j’en étais même gênée pour Besson lui même) ne revenait pas sur la politique que lui et Hortefeux mènent depuis 2007. Pas d’élément factuel, pas de comparatifs avec les politiques menées par nos partenaires Européens, pas de retour sur la politique Européenne. Rien le vide sidéral. On aborde le sujet Besson par l’angle affectif et personnel, comme si sa personnalité et son rapport avec l’opinion était l’objet de débat. C’est d’ailleurs la réplique idéale a la continuelle posture d’indignation de certaines personnalités à gauche : ça ne sert a rien, on se fait plaisir, c’est juste le degré zéro de la politique. Sur un ton faussement polémique on évite juste les questions de fond. On est passé d’un débat sur l’identité Nationale a celui sur l’identité d’Eric Besson.
Puis arrive Marine Lepen. On recentre sur le vrai sujet de l’émission. Enfin quand je dis le vrai sujet… »qu’est ce que l’identité nationale »? Des mois après son lancement le « débat » n’a rien produit de neuf. En même temps, c’est normal, il n’a ni objet, ni limite, ni objectif. Impossible dans ces conditions d’en tirer quoi que ce soit. Il n’a rien produit de neuf (et pour cause) a l’exception bien sur des dérives xénophobes et autres discours stigmatisant. Et là on est servi ! Que l’on soit étranger, ou d’origine étrangère, on en a encore pris plein la tête pendant toute l’émission. Une fois de plus. Et là on se (re)demande… est ce la place du service public d’offrir une tribune a ce débat aussi vain que dangereux?
Et pour finir, Vincent Peillon, « l’homme du coup de boule médiatique » comme l’a dénommé JM Normand, a t-il choisi la bonne stratégie pour dénoncer ce débat? Je l’ai dit dans ma note (merci de l’avoir mentionné dans la tienne) il n’y avait pas de façon plus efficace pour le faire, participer a cette mascarade, c’est cautionner l’idée qu’il s’agissait d’un débat politique. En marquant les esprits, Peillon reprend la main en modifiant les termes du débat : la question n’est plus de chercher l’impossible définition de l’identité nationale, mais « ce débat (qui plus est, sur le service public) a t-il encore un sens »? Ce débat peut il produire quoi que ce soit de républicain? Peillon disait dans les colonnes du nouvelsobs hier : « Je veux que ce pays réfléchisse » Son coup m’a obligé a le faire. Ce qui m’amène a penser que finalement, son lapin est plus républicain qu’il n’y parait.
Plus que tout autre Peillon était en effet « en capacité d’affronter Besson »… c’est ce qu’il a fait, et au fond bien au-delà.
Le problème posé par Sarkozy et Besson n’est pas celui des arguments, c’est celui du positionnement médiatique. Il est naif de croire qu’un débat organisé par l’adversaire permet de mettre en valeur ses propres arguments. Celà ne convainquent jamais au-delà de ceux qui sont déjà convaincus. Il est plus naif encore de croire qu’un « coups d’éclat » puisse renverser un débat bien construit. La télévision a bien évolué depuis les années 70: coups de gueules, départs en fanfare, tout cela fait partie de l’activité normale d’une émission, et ne change en rien le positionnement voulu par les organisateurs.
Le problème est donc le suivant : le débat organisé par Chabot dit et aurait dit quoi qu’il arrive
– Que lier identité nationale et limitation de l’immégration est un choix légitime
– Que le ministre Besson a un avis pondéré sur le sujet
– Que les socialistes et lepénistes sont tous deux un peu extrèmes même si leurs positions méritent d’être écouté
Un problème annexe se mèle à celui-là : la politique « d’ouverture » de Sarkozy a suffisament minée le PS pour qu’il soit toujours possible à une télé nationale de trouver un « socialiste », fut-ce un Jack Lang dans le pire des cas, pour jouer le rôle qui lui est attribué et faire fonctionner le débat.
Alors quoi? Que faire? Venir quand même? Inutile et naif : le message que l’on retient d’un événement médiatique, c’est l’événement lui-même, jamais le détail des argument. Refuser à l’avance? Et bien tout aura lieu quand même, quite à ce que Chabot habille une chèvre en socialiste pour faire respecter sa scénographie. Faire une grande conférence de presse pour expliquer tout cela? La parade et facile : ignorer et inviter la sus-dite chèvre pour que le show puisse continuer.
En restant dans le système médiatique télévisuel, il n’y a tout simplement pas de réponse. C’est la force du système mis en place par Sarkozy. C’est ce qui lui a permis d’être élu une fois. C’est ce qui pourait lui permettre d’être réélu.
Mais le système médiatique n’est pas une institution démocratique, contrairement à ce qu’il laisse croire, il ne contient pas le débat, moins encore la démocratie.
Il reste une solution donc, et c’est -je pèse mes mots- la remarquable solution trouvée par Peillon. Puisqu’on ne peut porter sa parole dans le cadre du média télé, il faut faire exploser ses propres codes. Il faut que le débat ne porte pas sur l’identité nationale, mais sur la manière dont il est organisé dans les télés, il faut que l’on oublie les Besson, Lepen et autres indignités nationales, il faut que le débat porte sur les règles, les coutumes, les politesses de ce débat même…
… Il faut que le débat porte sur les conditions du débat.
Ill y a une raison pour laquelle « l’intelligensia médiatique l’a unanimement condamné » c’est que l’acte de Peillon attaque précisément cette « intelligensia », pseudo-élite illégitime, tout entière dépendante de ce système sarkozyste dont elle a permi l’avènement. Les vieux médias avaient déjà choisi leur camps. ils n’en changeront pas. C’est le camps d’en face qu’il faut maintenant battir.
Le prolongement du choix de Peillon fut de réserver la toute première annonce de sa défection à son propre blog. Ce qui ne connaissent pas les usages médiatiques ne mesurent pas l’importance d’un tel choix. C’est vis-à-vis des radios et des télés faire le plus grand des crimes de lèse-majesté. C’est effectivement attaquer de frond cette l’intelligencia sarkozyste qui est du débat le vrai sujet,
et donc, en désignant l’adversaire véritable, se donner la possibilité de véritablement l’affronter.
Mise a jour pearltrees : c’est donc de là que provient l’afflux de visiteurs cet apres midi.
Juste une petite correction sur l’intitulé « Le pearltree de Zeyes plutôt critique à l’égard de V.Peillon, un « idiot utile » » me semble ne pas correspondre a la position que je défend depuis le début qui justement consiste plutot a saluer » la démarche de V.Peillon et critiquant les conditions du débat » [sans être dupe non plus sur la grandeur d'âme de Peillon]
Quant aux articles de mon pearltree, j’ai essayé d’y mettre tous les avis qui me semblaient intéressant, même si d’avis divergents.
@ 1) Zeyes
Je souscris complètement à ta description de l’émission. Je trouve particulièrement pertinente ton analyse : « On est passé d’un débat sur l’identité Nationale a celui sur l’identité d’Eric Besson. ». Bien vu.
Les termes mêmes du débat sont biaisés sans que personne ne trouve rien à y redire. L’identité par définition, c’est quelque chose de figée par exemple. Un ami avait déjà abordé ce sujet sur Reversus.
Par contre sur ton dernier paragraphe, je ne suis pas d’accord. V.Peillon n’a pas repris la main, le débat se focalise sur sa personne mais au niveau du fond, rien n’a évolué.
2) Zeyes
J’ai bien compris ton positionnement mais ton article recense davantage d’articles critiques que celui de Patrice, c’était une manière de confronter les éditions.Je vais essayer de trouver une meilleure formule
@ Cratyle
Ta lecture du coup d’éclat de V.Peillon est pertinente mais combien de nos concitoyens sont capables de la tenir ?
Tu sous-estimes manifestement l’impact de la télévision, c’est encore via ce Média que se font et se défont les élections. L’électorat dormant n’a pour unique accès à l’information que le journal de France 2, ce sont ces couches populaires qu’il faut tenter d’atteindre.
Ne crois pas que ce soit de la naïveté bien au contraire. Contrairement à vous, je crois encore au pouvoir de la rhétorique. C’est trop facile de dire que le contexte est défavorable pour refuser de s’y rendre.
Le vrai pouvoir de l’orateur c’est au contraire de convertir des foules déchainées, ça n’a que davantage d’impact. L’Histoire fourmille de ces coups d’éclat qui ont réorienté le cours de nos destinées.
Eric Besson est suffisamment « attaquable », ces points faibles sont légions. Refuser d’en profiter est une erreur à mon sens. Sans contradicteurs valables, il s’est recentré aux yeux d’une grande partie de la population.
Par contre je suis assez d’accord avec toi, la condamnation de Peillon par les Vieux Médias, c’est une réaction de peur et de rejet.
Cratyle,
Je note que vous oubliez (comme c’est commode) le coup d’éclat de la demande de démission.
C’est plus difficile, il me semble, de l’approuver, pourtant c’est grave. Imaginons une seule seconde que X. Bertrand exige la démission de T. Legrand… que diriez vous ?
David – tu n’as pas compris mon point. C’est précisément parce que l’influence de la télévision est aujourd’hui considérable que la stratégie de Peillon est juste. Cette influence est tellement forte qu’elle ne dépend pas de l’effet de manche ou de la phrase bien placée qu’un invité sur un strapontin saura génialement trouver. La télévision est sarkozyste et le restera pendant au moins deux ans. L’enjeu politique est donc de limiter son influence en montrant précisément ce qu’elle est. C’est ce que Peillon a commencé à faire. C’est d’ailleurs ce que des Bayrou ou des… Villepin ont entamé avant lui dans d’autres contextes sur d’autres sujets.
Dans un combat médiatique de grande ampleur, il ne sert à rien de jouer le jeu de l’adversaire chez l’adversaire. Il faut respecter l’adversaire et comprendre ses forces, comprendre en particulier qu’on ne gagne pas au jeu qu’il a lui-même organisé. Il faut placer son énergie dans le changement des règles médiatiques elles-mêmes.
En 1981, le préalable de l’élection de François Mitterand fut la délégitimation systématique de la télévision auprés de franges immenses de la population. Ce fut un travail de longue haleine, mené par les syndicats, les militants politiques et les journaux papiers. Sans cet effort, l’influence de la télévision aurait de toute façon balayé la campagne de gauche, et les sautes d’humeur du RPR de l’époque n’y auraient rien changé.
Le nom de quelques ténors médiatiques de l’époque? Mougeotte, Duhamel, Elkabach…
Beaucoup de choses ont changé depuis, mais une chose demeure, on ne renverse un adversaire qu’en s’attaquant à ses véritables forces, non en s’inclinant devant elles.
Je n’ai pas la télé, donc je n’ai pas vu ça (j’ai juste visionné sur le net l’intervention de Peillon à Canal) mais j’ai le sentiment que sa façon de faire le dessert et dessert le PS.
Pourquoi il n’est pas venu? On n’a pas bien compris!
Peut-être le PS a-t-il des problèmes pour répondre à cette question simple: que ferait-il en matière d’immigration s’il était au pouvoir? Etant donné que la plupart des directives en la matière sont européennes, leur politique serait peu différente de celle du gouvernement actuelle. C’est peut-être ce qui gêne le PS: être obligé de tergiverser…
L’identité de Peillon en politique est semblable à celle de l’institut Gartner en étude commerciale. Tous deux s’emparent des tendances évidentes et font mine de les avoir prévues en tâchant d’être parmi les premiers à les médiatiser à grande eau («mouillé c’est lavé, sec c’est propre», comme disent les marins) et à grand spectacle. C’est de l’extorsion d’intelligence collective.
La plupart du temps, pour qui veut bien voir, ils sont à la remorque, ou pire, à la ramasse.
Hé ho ! Je ne tente pas de le défendre…. Je constate. A un moment, il n’y a plus le choix….
D’accord ou pas avec Peillon , le coup médiatique est réussi , au contraire d’un coup de gueule qui aurait été vite oublié .
Maintenant il faut aussi savoir si l’on était partisan de ce débat tel que prévu .L’ intérêt n’est il pas d’attendre un dérapage avec Marine
le Pen dont les médias auraient fait des tartines le lendemain ? on se souvient de l’accrochage Hamon/M.le Pen au sujet de l’affaire
Mitterand/Polanski . Bilan : Hamon a été copieusement critiqué , et Mitterand ne s’en est pas trop mal sorti .
Le débat organisé par Mâme Chabot sentait la commande élyséenne pour redonner un peu de nerf à cette histoire d’identité nationale
qui, le moins qu’on puisse dire, ne passionne pas les français .Plus grave, il donne lieu à des dérapages ,bien prévisibles .
Où est elle la défaite républicaine : dans cette histoire de chaise vide qui a cassé le plan com de Besson relayé par A2 , ou dans un coup médiatique qui a mis un coup de projecteur sur sujet mené de façon indigne par rapport à nos valeurs républicaines ?
Un point de vue et les bons mots pour le dire http://tabledenet.owni.fr/2010/01/18/vincent-peillon-le-coup-declat-impertinent/
La valeur intellectuelle d’un Peillon est certainement supérieure à celle d’un Besson. Je pense que Peillon a « raté » le coche et qu’en finale, il avait l’avantage psychologique de mettre à plat Besson et ses pauvres arguments. C’est dommage car Peillon nous aurait démontré que Besson est un parfait Polichinelle aux ordres de Sarkozy. Par contre je lui donne tort de vouloir la démission d’Arlette Chabot car elle n’est pas supportée, elle, par Sarkozy qui attend de la virer très prochainement. La chaîne publique c’est à lui, Sarkozy, et non aux contribuables qui la payent.!!!
« En fuyant le débat, V.Peillon a involontairement ravivé les fantômes d’une gauche bienpensante, drapée de ses tabous et de ses angoisses ancestrales. Son absence doit être vécue comme une défaite républicaine, l’échec d’une République dans l’incapacité de répondre à l’idéologie de la droite extrême… »
De la bouche d’un analyste comme Eric Zeymour, le FN n’est pas un parti raciste.
Le FN n’est pas en dehors de la République : il en est parti prenante, revendiquant également le bien du fait démocratique.
Attention à garder votre objectivité même lors de la rédaction d’un tel article qui peut vite conduire la passion à s’exprimer.
Il est important de garder le contact avec le réel et le sujet.
Ce n’est pas ce que le débat à laisser à voir. Monsieur Besson s’est conduit avec son seul adversaire ce soir là et seul adversaire en soit finalement comme Monsieur Peillon : en jouant l’esquive comme carte maitresse.
Il faudrait rejouer l’émission car là les ficelles étaient grossière.
Cela n’aura pas lieu, bien sûr. Les personnes âgées d’une France veillissante n’iront pas sur reversus ni ailleurs : leur opinion est faite. Le rouleau compresseur de France2 est passée.
Pour l’avis de Monsieur Zemmour, vous pouvez regarder le streaming de la programmation de samedi dernier sur le site de l’émission.
@ Cratyle
Billet à venir suite à nos échanges.
@ Eric
Il est pas venu pour délégitimer ce Média, dénoncer l’emprise que le pouvoir avait sur lui. Le problème c’est que ce message a été très mal compris…
@ Zeyes
Merci du lien
@ Michel
Même avis.
@ Zinio
Oui sans doute. Sur le coup de l’émotion, on tape toujours plus fort
J’aurai l’occasion d’écrire un autre article sur sujet dans la semaine.
Je ne sais plus où j’ai entendu/lu cela (@si peut-être ?), mais il me semble qu’il aurait été très efficace pour Peillon de venir sur le plateau, de dénoncer l’organisation du débat et de mettre le rôle des média en perspective, puis de claquer la porte : le coup d’éclat aurait été tout aussi fort et on n’aurait pu l’accuser de « lâcheté » et de ne pas suivre les règles du jeu…
maintenant, je suis assez d’accord avec l’analyse de Patrice : cela jette un gros pavé dans le marigot médiatique même si la remise en question d’yceux est inconcevable/inimaginable tant ils l’ont intégré.
Quant à l’appel à la démission de m’âme Chabot, je ne vois pas en quoi elle est choquante ! Un politique n’aurait-il pas le droit (voire le devoir !) d’attirer l’attention sur ce qui ne fonctionne pas/plus dans les média (surtout mais pas seulement télévisuels) ?
@Laetsgo
C’était également mon avis. Maintenant Cratyle affirme que l’on est habitué à ce genre de coup d’éclats et qu’il n’aurait pas marqué les esprits.
Je vais essayer ce week-end de rédiger une brève sur la stratégie à avoir face à ce Média sous emprise sarkozyste.