Europe Ecologie : la troisième force politique ?
Un an après le succès des élections européennes, Europe Ecologie veut transformer l’essai et devenir la « troisième force politique » française. Ce week-end avait lieu à Montreuil son grand meeting de lancement de campagne, l’occasion de s’apercevoir que la formation écolo a toujours autant d’ambition…
S’inscrire dans le paysage politique
Dans la course aux régionales, Europe Ecologie compte s’appuyer sur le bon score obtenu aux européennes (16%) afin de s’inscrire durablement dans le paysage politique français. Pour cela, les recettes du succès restent inchangés, EE s’appuie toujours autant sur la société civile et sur le monde associatif. Certains journalistes tels que Gerald Andrieu évoquent une stratégie du casting et du « name dropping », ce dont les écolos se défendent. Pour eux, il s’agit simplement d’intégrer au pilotage des individus qui sont en contact quotidien avec les réalités du terrain, et d’insuffler ainsi une nouvelle dynamique à la formation.
Paradoxalement, Europe Ecologie veut continuer à être un « rassemblement » et refuse de devenir un parti comme les autres. Pour cela, le pôle Europe Ecologie ratisse large et rallie les déçus du PC jusqu’au Modem. Si l’attelage peut paraître bancal sur le plan idéologique ou même purement dogmatique, il a le mérite de réunir un électorat soucieux de s’émanciper des querelles d’apparatchiks.
Confronté à la réalité du pouvoir, Europe Ecologie sera sans doute contraint de se politiser à son tour. C’est sans doute à ce moment là, que les divergences politiques se feront les plus prégnantes…
Ancré à gauche
Un meeting écolo ça à toujours quelque chose de bucolique, l’ambiance est bonne enfant, l’organisation se fait au pied levé, la salle enfin est recouverte d’un vert fluo inimitable à vous décrocher la rétine…
Mais rentrons dans le vif du sujet. Tour à tour, les figures d’Europe Ecologie (J.Bové, E.Joly, A.Legrand) se sont succédées au pupitre devant plus de 2000 militants.
Ce qui surprend au premier regard, c’est l’importance accrue du social dans le discours écolo. Les Verts sont véritablement sortis de leur « sectarisme » et proposent un véritable projet, couvrant tous les segments de notre société. Fini le mythe de la décroissance, l’acharnement à vouloir sortir du nucléaire : la thématique sociale est devenue prédominante. Plusieurs tables rondes y étaient d’ailleurs consacrées.
L’analyse des élections européennes laissaient entrevoir un vote majoritairement urbain et plutôt épargné par le chômage. EE a compris la leçon et souhaite bousculer un Parti Socialiste vermoulu. De Stéphane Gatignon prônant une «région puissance publique » à Philippe Meirieu plaidant pour la formation des jeunes, force est de constater que le discours des Verts est plus que jamais ancré à gauche.
Mettre fin à l’hégémonie du PS
Et lorsque Daniel Cohn-Bendit arrive à la tribune, il ne cache pas son ambition : le but d’Europe Ecologie est bien de « mettre fin à l’hégémonie du PS à gauche ». Ainsi l’orateur pilonne presque autant le PS que l’UMP, lui reprochant son « incapacité à mettre sur pied une politique de cohérence dans toutes les régions pour organiser un contre-pouvoir à la politique de désolidarisation de l’UMP ». Une main tendue aux socialistes, tout de même, quant à la stratégie de second tour : « Nous allons les aider à être à la hauteur dans les régions».
Le tribun des Verts, tout comme Cécile Duflot, n’en oublie pas pour autant l’UMP et son concept d’écologie populaire, qui n’a pas fini de les agacer. Tandis que D.Cohn-Bendit affirme que, sous ce principe, l’UMP projeté de « plumer le peuple », Duflot rétorque que cette « écologie est populaire car elle compte faire payer le peuple » et de dénoncer « l’hypercommunication sarkozyste qui transforme les défaites en victoire ».
Les régionales ressemblent de plus en plus à une épreuve du feu pour Europe Ecologie. En cas de succès, le mouvement devra se structurer, se politiser pour enfin peser sur l’échiquier politique.
Dans cette épreuve régionale et nationale, les écolos nourrissent de grosses ambitions. Daniel Cohn-Bendit vise au minimum le score de 15% dans toutes les régions, et un score de 19% en Ile-de-France permettrait au parti d’obtenir entre 50 et 100 sièges de députés aux prochaines législatives. A ceux qui le taxent d’irréalisme, l’ancien leader de mai 68 rétorque, goguenard : « Il n’est pas interdit de rêver… »
Livetweet du Meeting d’Europe Ecologie
Durant tout le meeting, une pluie de Twitts s’est abattue sur le site de micro-blogging. Sous le hashtag #ee2010, les ecologeek ont couvert et chroniqué le meeting. Vous pouvez lire ce compte-rendu intégral twitté via Pearltrees.
Entretiens vidéos
En compagnie de Sebmusset, Piratage(s), Intox2007, Laure Leforestier, Olympe, nous avons pu interviewé différentes figures d’Europe Ecologie. Qu’ils soient remerciés pour leurs disponibilités et un grand bravo à Sebmusset pour avoir filmé et monté ces vidéos.
Reportage sur ce lancement de campagne :
Interview de l’eurodéputée Sandrine Bélier :
Interview d’Augustin Legrand :
Interview de Stéphane Gatignon :
Interview de José Bové :
A lire aussi les autres comptes-rendus des blogueurs :
- Peser à gauche via Piratage(s)
- Un samedi chez les verts via Seb Musset
- Un joyeux bordel via Intox 2007
- Il n’est pas interdit de rêver par Laure Leforestier





Ce qui me gêne chez les Verts, c’est qu’ils vont fractionner un peu plus l’électorat de Gauche et qu’il sera que plus difficile de battre Sarkozy en 2012.
Surtout que D.Cohn Bendit affirme refuser la constitution d’une « UMP de gauche ».
Un meeting magnifique, je suis convaincu que les Verts peuvent remporter certaines régions dès le premier tour.
Contrairement aux derniers sondages, l’IDF est remportable.
Je suis pourtant verte foncee… mais les positions angelistes de Cohn Bendit sur les droits de l’homme et son cote moraliste me font abandonner leur cause… la politique internationale ne se reglent pas en etant manicheens… mais l’set il vraiment ou fait il sa pub aupres de gens qui comme lui revent d un monde en noir et blanc?
A partir ce que j’ai lu, vu et entendu, j’ai fait une lecture quelque peu critique de l’événement : Europe écologie… y a quelque chose en nous qui tourne pas rond !