Villepin et les banlieues : une histoire ininterrompue

Après son déplacement à Draveil, Dominique de Villepin  s’est de nouveau rendu en banlieue mardi. Sur ces terres désertées par Nicolas Sarkozy, l’ancien  hôte de Matignon a pu défendre son idéal de « justice sociale » et ses solutions pour désenclaver ces quartiers jugés « difficiles »…

Les émeutes des banlieues : le tournant de 2005

Les émeutes de 2005 furent un véritable tournant dans la vie politique de Dominique de Villepin. Les propos tenus à l’encontre des jeunes des cités par N.Sarkozy cristallisèrent les tensions et ravivèrent la colère d’une jeunesse déjà fortement émue par la disparation de Zyed Benna et Bouna Traoré. Durant des semaines, les banlieues réclamèrent à corps et à cris sa démission…

Dans le passage à vide que traversa son Ministre de l’Intérieur, Dominique de Villepin fit preuve de solidarité. Mais cette épreuve bouleversa son plan d’action gouvernementale.  A l’issue de cette explosion urbaine, une urgence s’imposait à tous : celle de répondre au « chômage des jeunes ».

Dans son livre intitulé « Des hommes d’Etat », Bruno Le Maire relate cette période troublée où, écartelé entre une majorité qui ne le soutient pas et son impératif de résultat, Dominique de Villepin est poussé à la faute.

L’actuel Ministre de l’Agriculture raconte qu’un soir, « Dominique de Villepin réunit Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher pour étudier les nouvelles mesures sur l’emploi. (Il déclare) Je vous le dis, il y a une chance historique de révolutionner le marché de l’emploi en 2006. Je vous propose de le faire. L’objectif, c’est moins de 8% de chômage. Tout est possible. Vous me mettez tout ce qui est intelligent, tout ce qui est révolutionnaire sur la table… ».

Ceci aboutira à la crise du CPE mais aussi à 600 000 emplois créés en l’espace de deux ans ainsi qu’à un taux de chômage jamais vu depuis 1983 : 8,1% de la population active. Il est toujours tentant de réécrire l’Histoire mais on peut légitimement se demander ce qui se serait passé sans cette crise des banlieues…


L’avenir de Villepin (articles et vidéos) via Pearltrees


Reprendre le flambeau

En 2005, héritant d’une France déjà divisée après le « non au traité constitutionnel », Dominique de Villepin était confronté à une société encore plus fragmentée quelques mois plus tard…

Pourtant dès son intronisation à Matignon, il avait senti poindre ce risque et lors de son discours de politique générale, il avait plaidé pour une France capable de concilier « solidarité et initiative, protection et audace ». Il avait dénoncé avec force les discriminations, notamment à l’emploi « quand on a un nom à consonance étrangère », et avait fait de la promotion pour l’égalité des chances un vecteur essentiel de son action gouvernementale.

Face à la montée d’une droite libérale dont Nicolas Sarkozy se faisait alors le grand chantre, Dominique de Villepin voulait être un rempart : « nous ne plaquerons pas sur la réalité française un modèle qui n’est pas le nôtre. Que nous nous inspirions avec pragmatisme d’expériences réussies en Europe ou ailleurs, bien sûr. Que nous revenions sur les fondements de notre modèle social, certainement pas. »

De retour en Seine-Saint-Denis, Dominique de Villepin retrouve ses thèmes de prédilection et cette proximité sociale qui lui est chère.  Né à Rabat, l’ancien hôte de Matignon est accueilli avec espoir et reconnaissance par les jeunes  des cités. En terrain conquis, il défend son bilan, rassemble les foules et rappelle Nicolas Sarkozy à ses devoirs républicains.  Il avance la nécessité de hiérarchiser les priorités gouvernementales : renforcer notre compétitivité, notre protection sociale et enfin lutter contre les déficits. Sans « promettre de Plan Marshall » ou d’autres annonces utopiques, il se veut pragmatique et avance notamment l’idée d’une « Agence nationale du développement économique ».

Encore une fois, il condamne avec force la  stigmatisation des minorités par le gouvernement actuel, ainsi que le débat sur l’identité nationale qui pour lui « n’a pas lieu d’être » et qui ne peut « aboutir qu’à la caricature ». Alors que l’UMP souhaite faire campagne sur l’emploi lors des régionales, Dominique de Villepin souligne l’indécence de « l’autosatisfaction » gouvernementale en la matière.

Devant les animateurs du Bondyblog, il cultive sa flamme « gaulliste, sociale et républicaine »,  plaide pour des pôles d’excellence dans le domaine éducatif et montre son attachement à la police de proximité. Saluant « la formidable vitalité et créativité » des banlieues, Dominique de Villepin veut aller au bout de ses combats d’hier et proposer une véritable alternative au sarkozysme. A ceux qui lui rappellent l’échéance du procès Cleartream, il se montre déterminé : « mon engagement public n’est pas négociable… »

L'avenir de Villepin

A lire aussi :

L’interview accordée au Bondy Blog

Les vidéos du Club Villepin du déplacement :





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8 Commentaires sur “Villepin et les banlieues : une histoire ininterrompue”

  1. [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Le Volontaire, Mancioday. Mancioday a dit: Villepin et les banlieues : une histoire ininterrompue | Reversus http://tinyurl.com/yftvrh6 [...]

  2. C’est un peu too much, comme présentation : la crise des banlieues, c’est la faute à Sarko et, en prime, le CPE, aussi. Attention à ne pas faire passer le beau Dom pour une marionnette dépassée par les évènements.

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  3. C’est cela que veut dire « PRENDRE LA FRANCE DANS SES BRAS » Merci Monsieur de Villepin…

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  4. Très bon article, c’est bien de renvoyer N.Sarkozy aux origines des émeutes de 2005, trop de journalistes l’oublient. Mais le principal intéressé ne l’a pas oublié. Il n’y a plus mis les pieds depuis…

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  5. J’y etais. J’ai senti de la sincérité chez lui contrairement aux autres politiques auquels nous sommes habitués. Maintenant, on reste prudent.

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  6. @ Koz

    N.Sarkozy a une part de responsabilité dans les émeutes de 2005, contrairement à un DDV qui n’a fait que les subir. Tu ne peux pas le réfuter;

    Pour le CPE, je ne dis pas que N.Sarkozy (quoiqu’il a grandement contribué à l’échec du texte en instrumentalisant les syndicats) est responsable, simplement que cet épisode mérite davantage de recul lorsqu’on veut l’analyser. Le contexte permet d’expliquer l’urgence et le manque de discernement dans la mise en chantier de cette réforme.

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  7. Dominique de Villepin avait très bien réagi lors des émeutes des banlieues.Venir jouer les cadors en promettant de »nettoyer »n’avait d’autre intérêt que de flatter l’électorat FN à des fins électoralistes.Depuis,la banlieue ne semble pas intéresser outre mesure l’actuel PR qui avait promis aux habitant de les débarrasser de la »racaille ».NS soufflait sur les braises jouant la provocation des émeutiers pour attiser les peurs.C’est irresponsable ! Comme de soutenir officiellement le CPE,qu’il cautionnait pourtant dans son principe,et d’encourager CFDT et syndicat étudiant à poursuivre les manifestations pour éliminer son principal rival.Cet individu est dangereux car prêt à n’importe quoi pour arriver à ses fins.Par sa faute,avec la complicité du PS et de Bayrou(motion de censure…),nous sommes privés d’un chef d’Etat digne de ce nom

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  8. Il me semble que le problème est bien plus dramatique que de savoir si la CFDT ou je ne sais qui aurait hypothétiquement été manipulée.

    Le problème est tout autre, le CPE n’était pas acceptable point barre, croire que ce sont les manipulation de NS qui ont fait capoter le CPE est inexacte.

    Quant aux quartiers ou banlieues, rien n’a changé depuis les années 60 où l’Etat a su faire venir la main d’œuvre pour l’industrie française. Les petits enfants, nombreux, de cette génération sont sans emploi qualifié et sans emploi tout cours. Habitant au même endroit, dans la même ville, dans le même département évidemment les offres d’emploi n’étant pas extensible ils ne travaillent pas et malheureusement se rebellent parfois contre l’Etat, responsable à leurs yeux de leur misère.

    Pour revenir à DdV il est clair qu’il a une aura incomparable auprès de nos compatriotes d’origines nord africaine, son discours à l’ONU en 2003 y est pour beaucoup et bien évidemment, malin qu’il est il ne manque pas de tacler la politique de NS qui comme cela a été dit ne s’intéresse pas à ses quartiers.

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